‹ L'eglise au VI siecleChapitre 46 sur 105 · ANT · texte numérisé non relu

ANT

Vers le même temps le christianisme prenait et

chex les Homérites eux-mêmes. Une colonie chrétienne, sur l’origine de laquelle nous ne sommes pas renseignés, s'établit dans-la ville de Nedjrân, assez loin à

l’intérieur et près de la route des caravanes syriennes.

1 Ceci nous est rapporté par Malala (p. 483 de l'édition de Bonn; cf. p. 429), de qui dépendent Jean d'Asie (Michel le Syrien, IX, 18) et Théophane. Le nom d’(Ela) Amida estrendu dans le texte du chroniqueur grec par "Avôax. Malala rapporte l’histoire au règne de Justinien ; elle est évidemment antérieure et doit se placer sous le règne FT peut-être Là celui 2 de Zénon.

Le premier évêque apparaît, là aussi, au temps d’Anastase; ce fut probablement un certain Silvanus !, qualié par Jean d’'Egée d’évêque des Homérites; après lui on trouve un autre évêque, appelé Paul *. L'établissement chrétien de Nedjrân n’était pas le seul qui se rencontrât en Himyar. À Sañfar aussi il y avait une église, Le roi d’Axoum, après sa victoire, n'avait pas manqué d’occuper la capitale, d'y mettre garnison et d’y installer un vice-roi. C’est avant tout pour ce personnel que fonctionnait l’église de Safar ©. On conçoit aisément que la colonie chrétienne de Safar, qui était une colonie abyssine, ne fût pas très bien vue d’une population pour laquelle elle représentait la domination des étrangers, des « noirs éthiopiens ». À Nedjrân aussi les chrétiens étaient perpétuellement en butte à l’hostilité des Juifs. Le bruit de leurs tri-

bulations parvint, à travers la Syrie, jusqu’à l'Euphrate

! Jean d'Egée (ou Diacrinomenos) dans Thédore le Lecteur, IT, 58(P. G.,t. LXX ; XIV, p. 212); cf. Revue archéologique, t. XXI, p. 403. Ce Silvanus était l’oncle de Jean d'Egée; c’est à sa demande que celui-ci écrivit son histoire ecclésiastique, très monophysite d'esprit.

* Toutefois, la tradition arabe (ibn Ishaq vers 770; cité par

Nôldeke, Tabari, p.178) indique comme le premier apôtre un

pauvre maçon syrien, nommé Phémion (Edvhuesc) qui, avec un compagnon appelé Salih, aurait été pris par une caravane et vendu à Nedjrân. Un de ses premiers convertis, Abdallah ibn Thamir, fit beaucoup de miracles et décida le changement de religion. On montre encore à Nedjrân une mosquée d’Abdallah ibn Thamir (Halévy, Archives des Missions, 2° sér., t. VII, p. 244).

$ On ne sait en quel rapport elle pouvait se trouver avec celle da avait été construite au temps de Théophile (Hist. anc.,

t. IT, p. 578). Sur celle d’Aden on n’a aucun renseignement.

et à l'Osrhoëne : Jacques de Saroug leur écrivit pour les réconforter et en même temps pour leur inculquer

les principes monophysites. Mais leur situation s’aggrava bientôt,

En 522-523 ! un prince de l’ancienne famille royale, Dhü-Nowas, Juif de religion, comme ses ancêtres, leva le drapeau de l'indépendance homérite. Le vice-roi éthio-

pien étant venu à mourir au commencement de l’hiver et la saison rendant difficiles les communications avec

le littoral abyssinien, il parvint à soulever le pays tout

! Sur ces événements le document capital est la lettre de Siméon de Beit-Arsam dont le meilleur texte syriaque est celui que M. Ignazio Guidi a publié dans les Mémoires de l’Académie des Lincei, 8° série, VIT, p. 471 et suiv. Une rédaction un peu abrégée nous est connue par Jean d’Asie (Michel le Syrien, IX, 18) et Ps. Zacharie, VII, 3. De cette lettre dérivent l'hymne de Jean Psaltès (Zeitschrift morg. Gesellschaft, t. XXXI, p. 360, et le Martyrium Arethae dont nous avons un texte grec (Boïssonade, Anecd., t. V, P. I; Acta SS. Oct., t. X, p. 721) traduit du syriaque ; l’auteur de cette pièce semble être Serge, évêque de Resapha, l’un des envoyés de Justin auprês de Al-Mundbhir, en 524. Outre ce qu’elle a de commun avec la lettre de Siméon, on y trouve en conclusion le récit des négociations de l’empereur Justin et de Timothée patriarche d'Alexandrie avec le négus Elesbaas, pour le déterminer à intervenir, puis celui du débarquement des Ethiopiens; enfin, l'énoncé des mesures de réparations prises à Safar et à Nedjran, avec l’installation d’Abraha (?). Cette finale contient, sur les opérations militaires, des renseignements de très bonne main, qui paraissent provenir de quelque marchand grec, témoin oculaire ; le reste n’a pas grande valeur. A cette histoire se rattache le roman connu sous le nom de Vie de saint Gregentius archevêque de Safar (Boissonade, Anecdota, V, p. 63; P. G., t. LXXXVI, p. 568) dont le début, encore inédit, n’est connu que par le résumé des synaxaites grecs, au 19 décembre (Propyl. Acta SS. Nov., p. 328).

Ducaesne, L'Église au VI siècle. 19%

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