‹ L'eglise au VI siecleChapitre 48 sur 105 · CHAPITRE 1220, PONT: POS · texte numérisé non relu

CHAPITRE 1220, PONT: POS

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était urgent dans l’état où l’anarchie des années précéss s dentes avait mis l’église de Perse. Mar Aba comprit que la première chose à faire était de pacifier l’épisco __ pat et d'éliminer les conflits locaux que le grand schisme avait fait naître. Accompagné d’un certain “nombre d’évêques et de métropolitains, il entreprit dans les provinces une longue visite, au cours de la- Pa quelle il s’efforça de remettre tout en ordre. Rentré à Séleucie, il adressa à ses collègues dans l’épiscopat une __ encyclique sur la réforme des mœurs. C'était le résumé des mesures qu’il avait appliquées pendant son inspection pastorale. Parmi ces règlements, il y en avait qui __ heurtaient gravement les coutumes mazdéennes. D’autre part, la propagande chrétienne multipliait ses succès. Les mages s’inquiétèrent; plusieurs convertis de haut rang, Piranguschnasp, dit Grégoire, Iazdpanah et d’autres encore, furent exécutés . Mar Aba, arrêté, com- É ; parut à Séleucie (541) devant une grande assemblée de mages; il n’échappa à la mort que grâce à l’interven-

tion du roi Chosroès, engagé alors dans une guerre sérieuse avec les Romains et peu désireux d’indisposer les chrétiens de son royaume. Cependant, on le traîna longtemps à la suite de l’armée royale. Un beau jour, les mages découvrirent que le patriarche était un converti

autres patriarches, etc. Paris-Leipzig, 1893. Ce texte n'étant. pas traduit, j'ai suivi le résumé qu’en donne M. Labourt dans son ch. VII.

! V. leurs passions dans G. Hoffmann: Auseüge aus syrischen Akten persischer Märtyrer, p.78, 81.

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TE + F, SA * le dE L'ÉGLISE EN PERSE

prirent une attitude menaçante, On se borna à insister |

pour qu’il révoquât ses règlements et rendît au maz-

déisme les personnes qu’il en avait détournées : rien ne

put fléchir sa constance. On finit par l’interner, au mi-.

lieu des montagnes de l’Atropatène *, dans un village

perdu où il n’était entouré que d’adorateurs du feu.

Les fidèles eurent bientôt fait de l’y découvrir; son

lieu d’exil devint un but de pèlerinage. Les vertus du

du mazdéisme; il y avait là de quoi le faire exécuter sans miséricorde. Toutefois, les chrétiens de la capitale

saint archevêque lui concilièrent la bienveillance des …

autorités locales, si bien qu’on le laissa célébrer des

ordinations et pourvoir au gouvernement de ses églises.

I demeura sept ans dans ce lieu écarté. C’est alors

qu’il forma le recueil de règlements disciplinaires qui

prit le nom de synode de Mar Aba. Mais les rancunes

que ses réformes n’avaient pas manqué de susciter et

contre lui, l'avaient suivi jusque dans son exil. Vers 548,

tative d’assassinat. Alors, il s’échappa et réussit à ga-

gner Séleucie. Au roi Chosroës, surpris de cette rupture .

de ban, il expliqua qu’il mourrait volontiers en public si telle était la volonté royale, mais qu’il ne voulait pas périr dans un coin de montagne, sous les coups d’un renégat. On le retint dans les prisons royales.

C’est là que les Huns Hephtalites (Haïtâl), ennemis tra-

1 Sans doute aux environs de Ganzak (vers Maragha) où se trouvait l’un des trois grands pyrées du royaume.

De

qui avaient fort aidé les mages dans leurs ro 7 >

en butte à la haine d’un renégat, il fut l’objet d’une ten-

ca

ditionnels de l'empire perse, vinrent lui demander un évêque pour leur pays, riverain de l’Oxus. Chosroës, frappé de voir jusqu'où s’étendait l'influence du patriarche chrétien, sentit s’augmenter la considération qu'il avait déjà pour lui; il alla jusqu’à lui demander d'intervenir pour apaiser une insurrection en Susiane (551). Beaucoup de chrétiens y avaient pris part. Mar Aba écrivit en Susiane, y alla même de sa personne: les révoltés se soumirent. Le roi lui en fut reconnaissant et lui rendit la liberté *. Le catholicos mourut peu après ?

C’est sous le pontificat de Mar Aba que tomba la grande guerre (540-545) de Chosroës I avec les Romains. Elle fut heureuse pour lui: non seulement les provinces euphratésiennes, mais la Syrie elle-même avec ses principales villes, fut la proie du vainqueur. Antioche incendiée, pillée, détruite, se vit réduite à rien (540). Ce qui restait de ses habitants fat transporté aux bords du Tigre, non loin de Séleucie et organisé en une cité particulière, la Nouvelle Antioche, dont l’évêque Claudianus prit part, en 554, au concile national.

Après Mar Aba, le catholicat tomba en de mauvaises mains. Le grand roi Chosroès traitait ses sujets chrétiens avec la désinvolture dont plus tard les Turcs usèrent à l'égard de leurs raïàs byzantins. Il s’ingérait même dans leurs affaires intérieures et se mêlait à l’oc-

1 Synod. or., p. 353, témoignage de son successeur Joseph. ? 29 février 552, s

sl

casion de leur donner des chefs. C’est ainsi que son

médecin Joseph devint le successeur de Mar Aba. On

le supporta longtemps ; c’est lui qui présida le concile

de 554; ce n’est qu'après quinze ans, qu'on parvint à

l’écarter et qu’on le remplaça par un évêque, Ezéchiel,

sous lequel aussi il se tint un concile (576). Celui-ci

vit mourir Chosroës [er, Anouschiryvan (579), et vécut

en bons termes avec son successeur Hormizd (57 9-590), |

assez favorable aux chrétiens. Après lui vint Jésuyab, qui, lui aussi, célébra un concile (585), et siégea jusqu’en 595.

En dépit de tant de circonstances défavorables, de

l'hostilité des mages, du caprice des souverains, de l’indocilité dès évêques, toujours en querelle avec le pa: triarche, l'Evangile ne cessait de progresser. Il n'y avait plus moyen de persécuter en masse; même les

conversions de mazdéens et de mages, quelles que fus-

sent les rigueurs de la législation, passaient, pour la

plupart, inaperçues. On ne s’en souvenait que dans certains cas: le plus souvent, la loi dormait. Profitant de. cette paix relative, l'Eglise étendait de plus en plus

sa propagande, poussait au loin ses missions, fondait

de nouveaux sièges épiscopaux, de nouvelles métro-

poles.

Toutefois, depuis le milieu du VIS siècle, elle eut à compter très sérieusement avec la propagande monophysite. Celle-ci, nous l’avons déjà vue à l’œuvre au temps de Zénon et d’Anastase, sous la direction de Sr méon de Beit Arsam, sous l'impulsion plus lointaine de

Duouesne, L'Église au VI siècle. 21

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