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Philoxène de Maboug et de Jean de Tella !. Ces derniers
étaient alors sous le régime de l’Hénotique, en posses-
sion officielle de leurs évêchés. Le mouvement s'était ralenti à la suite des rigueurs de Kawad et de la guerre faite aux monophysites de l'empire par le gou-
vernement de Justinien. Mais quand Jacques Baradaï
eut réussi à constituer en pays syriaque un épiscopat dissident, l’église jacobite, issue de lui, ne borna pas
son activité aux provinces impériales ; elle franchit sans
retard la frontière perse. Deux points avaient été for-
tement occupés dès les premières missions: Tagrit (Tekrit) sur le Tigre, au sud de Mossoul, et le couvent de Mar Mattaï (Saint Matthieu) près des ruines de Ninive. Il y avait aussi, dans la montagne que l’on appelle Tour-Abdin, entre Mardin et Mossoul, une quan-
tité de monastères et d’ermitages, pépinière où se re-
crutait tout un personnel de moines itinérants, d’un zèle
éprouvé. Jacques Baradaï confia (559) la direction de la mission de Perse à un certain Ahudemmeh qu’il sacra évêque de Tagrit et qui se distingua par un zèle ardent, si bien qu'ayant fait des prosélytes jusque dans
la famille royale et baptisé un des fils de Chosroës, il
fut jeté en prison et mis à mort (575)°. La mission jacobite demeura sans chef jusqu’à la mort de Chosroës (579); après, on la voit reprendre son activité; sous la direction de Kamiso, Samuel et enfin Maruta, qui lui
RC -dessus, p. 68.
* Sa vie et celle de Maruta, ont été publiées par M. Nau, Patrol. or, t. III.
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L'ÉGLISE EN PÉRSE 328
: donna son assiette définitive. Les moines missionnaires
ne reculaient devant aucun effort; ils se faisaient en- : . : LÉ tendre jusqu’à la «Porte» sassanide. A Hira, à la cour
du prince des Arabes Lakhmides, vassaux du royaume se de Perse, ils cherchèrent à entamer l'influence qu'y. É prenait de plus en plus le christianisme officiel; Hira, toutefois, leur résista: le catholicos ‘avait là, depuis longtemps, un évêque. Quand la reine Hind et son fils, É
Amd, se convertirent, c’est dans sa communion qu'ils
entrèrent. Du reste, pendant qu'Ahudemmeh, de son
couvent de Mar Mattaï, dirigeait la propagande des
moines jacobites, l'institution monacale reprenait vie
dans l’église officielle ‘. Un certain Abraham de Kaskar, ER
qui avait visité l'Egypte et le Sinaï, avait fondé sur le Mont Izala (Tour-Abdin) un monastère de sa con-
fession et cet établissement n’avait pas tardé à prospérer.
formation des religieux et la multiplication des fonda-
tions analogues ? que pour les besoins de la contro-
1 Sur l’histoire des moines perses, v. Le Livre de la Chasteté,
I1 fournit bientôt un personnel d'élite, tant pour la
par Jésudenah, évêque de Bassora (fin du VIITe siècle), édité :
par M. Chabot (Rome, 1896); et le Livre des gouverneurs de Thomas de Marga (IX° siècle), publié par Budge, The book of governors, Londres, 1893. Ces compositions sont des recueils de notices biographiques. Elles avaient été précédées par un livre de même dessein, Le Paradis. des Orientaux, de Jacques Hazzaya ou d'Adiabène, analogue de l'Histoire Lausiaque.
? À noter spécialement la fondation du monastère de Beit
Abé, dans les montagnes de l’Adiabène, par Jacques, disciple de Babaï. De cette maison il sortit beaucoup de missionnaires pour les pays les plus lointains. ,
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