‹ L'eglise au VI siecleChapitre 5 sur 105 · PER · texte numérisé non relu

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xandrie. Le concile n’avait pas déposé leur patriarche;

Be loin de là, on y avait officiellement reconnu leur patriar-

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cab. Si l'attachement que quelques-uns conservaient à Ne Eutychès, l'influence plus lointaine des Apollinaristes, » la propagande toujours active des Alexandrins, main- * tenaient dans la capitale quelques sympathies pour la : doctrine de la nature unique, l’ensemble de la population tenait pour le concile de Chalcédoine, dont les for- | mules maintenues par le gouvernement jusqu’à Zénon Be étaient encore appuyées sur les lieux par le patriarche, | ainsi que par quelques monastères pleins de zèle, et.

autorisées de loin par le patronage du pape de Rome. …

!? On n’a plus la lettre de Fravita au pape, mais la réponse. de celui-ci (J. 613), ou plutôt une série de lettres (J. 612-615) { écrites par le pape à cette occasion, à l’empereur Zénon, à Fravita, à Thalassius, archimandrite à Corieatnonel enfin à l’évêque Vetranio. La lettre de Fravita à Pierre Monge et la réponse :

: de celui-ci sont conservées dans l’histoire de Zacharie (ist. Misc 4 W1,:6, 6).

RRR) à

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srase ET SA POLITIQUE RELIGIEUSE |

é otique était considéré comme un document qui Rs gardait les Egyptiens, une concession de forme qu’ on.

aisait à ces enragés, comme, à la frontière de leur pays, J on faisait aux Blemmyes la gentillesse de leur tenir ouvert un temple d’Isis'. Mais pour les gens sages de 1

jonstantinople, la règle doctrinale, c'était toujours le @ oncile de Chalcédoine et les déterminations du pape : Léon.

Le patriarche Euphème dar dans ces sentiments ; les exposa même au pape Félix et appuya cette dé- F arche de manifestations très significatives: il refusa :

la communion de Pierre, effaça son nom des diptyques k

t menaça ses envoyés. Il parlait même de lui faites on procès, lorsque Pierre mourut à son tour. Son suc- esseur Athanase IT et les patriarches alexandrins | qui inrent après lui maintinrent exactement son attitude: acceptation de l’Hénotique pour la forme, hostilité dé-

idée contre le concile.

Il n’en 3 rien. Félix crut devoir insister pour que le nom d’Acace fût effacé sur les diptyques de Cofstantinople

1 Letronne, Mém. de l’Acad. des inscr., t. X, p. 168; cf. Du-

sne, Eglises séparées, p. 289. H Théophane, a. 5983, rapporte cela d’une façon confuse et a son témoignage doit être rectifié ds te la lettre de

ses successeurs devaient en faire autant. De là et pour longtemps, une terrible pierre de scandale entre Rome et l'Eglise grecque. Car il est évident que, sous l'empereur Zénon, et il en fut de même sous son successeur, un patriarche qui eût accepté la radiation d’Acace ne fût pas demeuré vingt-quatre heures en fonctions. Euphèmé se résigna. Il continua à défendre, en de-

hors de la communion du pape, les principes au nom

desquels celui-ci avait rompu avec son prédécesseur,

C’est sur ces entrefaites que mourut l’empereur Zénon (avril 491).

Zénon, sous les auspices duquel s’agitaient ces questions subtiles, avait été le plus grand paillard de son empire. Avec le temps, cette prérogative lui fut disputée: il avait un frère plus jeune, appelé Longin, qui, lui aussi, faisait la désolation des gens de bien. Ces Isauriens se croyaient tout permis. Les jurisconsultes leur ayant appris que les princes sont au dessus des lois, ils se mettaient à l’aise avec la morale commune et les convenances les plus élémentaires. Quand Zénon mourut, Longin ne douta pas qu’il allait, à son tour,

bénéficier d’une situation aussi avantageuse. Mais il

avait compté sans l’impératrice Ariadné, personne -

avisée, qui, comme on le pense bien, professait, sur

la conduite des empereurs, des opinions moins lar-«

ges. Elle sut écarter les avidités de Longin et mit

en avant un candidat de mœurs intègres, le silentiaire Anastase.

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Ce n'était pas un très grand personnage. Quand il | Dfut devenu empereur, les généalogistes ! le firent des- … cendre du grand Pompée. En fait il était de Dyrrachium (Durazzo) sur l’Adriatique, et de condition ordinaire. Le corps des silentiaires, auquel il appartenait, était un personnel de second ordre. Au cours de sa longue et lente carrière administrative, il avait séjourné à Ale- — xandrie, à Antioche, et bien ailleurs. Il jouissait ainsi d’une certaine notoriété. Le populaire de Constantipole le reconnaissait à sa haute taille, à ses cheveux blancs ? et surtout à ses yeux, l’un noir et l’autre bleu, qui l'avaient fait surnommer Anastase aux deux prunelles (déxopos). Mais ce par quoi il était surtout célèbre, » c'est sa grande piété. Homme d'église, assidu aux offices, même nocturnes, il se montrait fort passionné pour les questions religieuses. C'était ce qu’on appelait à Constantinople un diacrinomène, un de ces scrupuleux à tendances monophysites, qui n’acceptaient pas sans - hésitation la communion du patriarche, l’orthodoxie ofcielle ne leur offrant pas de suffisantes garanties. Il - s'était trouvé à Antioche au moment où mourut Pierre le Foulon. Peu s’en fallut qu’on ne l’élût à sa place, tant étaient grandes et sa dévotion et la confiance qu’il

3 inspirait au parti monophysite. À Constantinople sa si-

4 V. son panégyrique en vers latins, composé en 512 par le célèbre grammairien Priscien ; Baehrens, Poëtae latini minores,

2 Il devait avoir une soixantaine d’années à la mort de

Zénon.

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tuation n’était pas aussi bonne. Le patriarche Euphème ;

ne lui agréait guère; il lui faisait de l’opposition. II

avait réussi à trouver, dans un coin de Sainte-Sophie,

une sorte de chaire, d’où il discourait assidûment. Peu satisfait de cette prédication laïque et diacrinomène, l'archevêque intervint et la fit cesser ‘. À la mort de Zénon, ce n’est pas sans difficulté qu'Euphème entra dans les vues de l’impératrice et qu’il accepta de se donner pour souverain un personnage de sentiments aussi inquiétants. Anastase dut lui remettre une pro-

messe écrite, portant que rien ne serait changé dans

la foi et qu’on maintiendrait le concile de Chalcédoine.

Cela fait, il fut proclamé et couronné par Ariadné, au mi-

lieu des acclamations de l’Hippodrome : « Règne comme

tu as vécu!», lui criait le peuple”. C'était un beau

témoignage. Comme Pulchérie, Ariadné épousa le sou-

verain créé par elle.

Sous le règne précédent, les Isaures avaient afflué à Constantinople; ils y tenaient plus de place que de raison et coûtaient fort cher. On les vit bientôt s’agiter. Mais Anastase n’hésita pas à les expulser en masse. Ils regagnèrent leurs montagnes, sauf Longin, l’ex-beaufrère de l’impératrice. Celui-ci fut arrêté et expédié en

Egypte, où on le fit ordonner prêtre. Ses antécédents

! Suidas, au mot Parpia. Cf. Théophane, a. 5982.

? Le pape Gélase, bien qu’il fût en assez mauvais termes avec l’empereur Anastase, rendait hommage à sa vertu: Nec me latet, imperator auguste, quod pietatis tuae studium fuerit in privata vita. Optasti semper fieri particeps promissionis aeternae (J. 6382; Thiel, p. 852).

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