LORS
L'ÉGLISE EN PERSE ' À la longue, l'influence de Sirine fut contrebalancée par celle d’un nouveau favori, l’argentier Yasdine, très en crédit auprès du roi. Celui-ci cependant ne revint
pas sur l'interdiction d’élire un nouveau cntholicos.
Quand la fortune eut tourné et que Chosroës se vit.
obligé à reculer, puis à combattre pour ses provinces et.
sa couronne, son dépit l’excita à persécuter indistincte.
ment tous les chrétiens. Maruta fut réduit à se cacher,
Yasdine arrêté et exécuté. Ses fils le vengèrent : ils détrônèrent le vieux roi et proclamèrent à sa place son fils Siroës, auquel ils arrachèrent la permission de tuer son père. Les autres fils de Chosroës furent massacrés, y compris celui qu’il avait eu de Sirine, Merdanschah. On put enfin procéder à l'élection d’un catholicos : x
le choix tomba sur Jésuyab, évêque de Balad, élève de Nisibe, connu par son aversion pour Henana et ses doctrines. De leur côté, les monophysites s’organisèrent. Renonçant à leurs prétentions sur le catholicat de Séleucie, ils se bornèrent à lui opposer une concurrence. Maruta fut déclaré grand métropolitain * de Tagrit et chargé, à ce titre, de la direction générale des églises monophysites dans le royaume de Perse. Ce point fut réglé dans une assemblée épiscopale tenue en terre byzantine sous la présidence du patriarche jacobite Athanase le chamelier, avec le concours d’évêques monophysites de l’un et de l’autre côté de la frontière. Les monophysites copiaient en somme l’organisation de * A à
1 C'était alors le titre officiel ; plus tard, on vit apparaître le titre de mafriano qui fut d’abord d’un usage moins solennel,
édrs rivaux, et il D avait pas moyen de faire au- __ trement, car, si le patriarche jacobite, sujet de l’empe-
reur romain, avait pu être considéré comme le chef ; ordinaire d’une catégorie de chrétiens persans, ceux-ci = re seraient trouvés en butte aux soupçons politiques. ee Ces arrangements supposaient que l’état persan et l’empire romain continueraient à vivre et à se partager | l’autorité en ces contrées. Il n’en était rien: l’empire + romain était au moment de perdre ses provinces orien- tales; quant au royaume perse, c’est sa disparition togrande catastrophe. Siroës mort de maladie (septem- bre 628) la race des Sassanides n’était plus représentée que par des enfants ou des femmes. Pendant quatre FE ans, les chefs de l’aristocratie se disputèrent le pou-