Voir, dissimulant leurs prétentions rivales derrière des
souverains, successivement ou simultanément proclamés et quelquefois installés dans le palais royal de Ctési- phon. Le premier fut Ardaschir IT, fils de Siroës, il
m'avait que sept ans à la mort de son père. Mais le
| guerres heureuses, n’accepta pas ce choix: il traita
avec Héraclius, qui l’aida à s'emparer de la capitale La : ; . J perse. Un de ses premiers soins fut de renvoyer à l’em- CAE . . . .
__ pereur la relique de la Vraie Croix. En 632, l'anarchie
Gessa: les grands s’entendirent pour élever au trône
. Yazdgerd IT, un tout jeune prince. Proclamé à Istakr,
dans la vieille Perse, il fit bientôt après son entrée à Madaïn.
- finissait quand ils entrèrent à Ctésiphon; de là, ils ne
L'année croatie l'Islam a barut à la Hontiée ie un des lieutenants du Khalife Abou Bekr, fit une violente incursion dans le pays de Hira, où longtemps : aVaient régné les émirs lakhmides. L'ancienne principauté, jusqu’à l'Euphrate, tomba au pouvoir des Arabes. En 634, ils essayèrent sans succès de franchir le fleuve ; (bataille du Pont). Puis, après quelques alternatives de succès et de revers, la bataille décisive de Kadédiah (637) leur livra l’Euphrate, la Mésopotamie du sud (Sawad) et, bientôt après, la capitale. Le printemps
tardèrent pas à conquérir toute la plaine au nord et. au sud, jusqu’au Taurus et au golfe Persique. L’Arménie, la Médie et la Perse proprement dite, pays de
montagne, les arrêtèrent plus longtemps. À Ges con-
quêtes, ils donnèrent pour capitale Koufa, fondés par “4
bique; par cette ville fut remplacée Hira, l’ancienne
eux au sud de l’Euphrate, à la lisière du désert ara-
résidence des émirs lakhmides. Plus tard, ils construisirent Bagdad, sur le Tigre, un peu au nord de l'emplacement où Séleucie et Ctésiphon avaient abrité les rois grecs successeurs d'Alexandre, puis les dynasties iraniennes des Arsacides et des Sassanides.
Entre le domaine du patriarche byzantin dAntoo et celui du catholicos persan, de même qu'entre le ressort du patriarche jacobite et celui du grand métropolitain de Tagrit, il n’y avait plus de frontière politique.
1 Caetani, Annali dell Islam, t. IL, p. 917-939 ; t. III, p.171, 691.
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. Cette circonstance ne changea rien aux rapports ecclé-
siastiques ; les deux hiérarchies monophysites demeurèrent unies entre elles; l’église du catholicos de Séleucie demeura séparée du patriarcat melkite d’Antioche, lequel, du reste n’eut plus sur les lieux, pendant un siècle, aucun titulaire. La situation quasi officielle dont jouissait, dans l’état persan, l’épiscopat ; groupé autour du siège de Séleucie, fut perdu pour toujours. N'ayant plus, pour se caractériser, aucune attache politique, il lui fallut subir une étiquette théo- 2. logique. Depuis longtemps les chrétiens de Perse qui
n’appartenaient pas à la confession monophysite étaient
qualifiés de nestoriens. Cette dénomination, ils ne la
prenaient pas eux-mêmes, car leur église bien antérieure à NoMbrius, ne pouvait lui rattacher ses origines ; quant à leur théologie, ils la tenaient de Théodore de Mop-
sueste et non point de Nestorius, mais il était naturel que leurs adversaires les désignassent ainsi; car c’est
sur Nestorius que pesaient, avec la responsabilité du scandale déchaîné dans l’empire par cette théologie, les anathèmes des conciles d’Ephèse et de Chalcé-
doïne. Théodore, pour l'extérieur des choses, ne venait
qu'après lui.
Par ailleurs, les rapports de l’église nestorienne avec l’autorité locale, ne subirent, en principe, aucun changement. Après comme avant la conquête musulmane, ses chefs eurent affaire à des maîtres de religion
différente, qui les toléraient d'ordinaire, mais ne les dé-
. fendaient pas toujours contre les avanies locales. Comme
a de passé, mais s plus ET oatements tout prosé ; tisme parmi les fidèles de la religion des dominate demeura interdit. Sous ce régime, l'antique église de Perse trouva le moyen de vivre, de maintenir, de mul. tiplier même ses évêchés et ses monastères, de pousser activement ses missions. Ses succès en Chine sont célèbres. Quand, vers la fin du XTIT* siècle, les Mongols songèrent à s’aider des chrétiens pour briser la foi musulmane, on vit le catholicos Jahbalaha IIE écrir à ce sujet au pape Nicolas IV. Ce catholicos était u chinois. +:
4 Ducnusne, L'Eglise au VI siècle.
SCA 07: Ep
Coptes et Jacobites.
Fin du règne de Justinien. — Les dissidents monophysites : leur orgamisation. — Sectes diverses: Les Trithéistes. — Jean le Philipone. — Avè- . nement de Justin II et de Sophie. — Tentatives de conciliation : conférence de Dara, résistance obstinée des moines. — La persécution reprise à . Constantinople. — Union forcée: double abjuration du patriarche jacobite. — Tibère IT; relâche dans les rigueurs officielles. — Réhabilitation du patriarche Paul. — Elections coptes: les deux patriarches Théodore et Pierre. — Querelles syriennes: Paul déposé par Jacques Baradaï. — Damien, patriarche copte, Pierre patriarche jacobite. — Etienne Niobé; nouvelles querelles théologiques. — Persécution sous l’empereur Maurice. — Domitien de Mélitène. — Phocas: invasion persane. — Héraclius. — Jérusalem prise par les Perses. — L'église melkite d'Alexandrie. — Coptes et Jacobites récon- « cihés. £
PCT CRETE
Dans sa résidence forcée près du lac de Dercos, le
patriarche Théodose présidait à tout le mouvement mo-.
nophysite. Sévère était mort de bonne heure; Anthime …
avait disparu dans une retraite mystérieuse: seul le.
patriarche alexandrin, si éloigné qu’il fût de son église, se trouvait en situation de voir, d'agir, de commander. Les évêques, prêtres et autres clercs qui l’entouraient, dissidents et exilés comme lui, le soutenaient de leur dévouement et lui fournissaient tout un personnel auxi-. liaire. Avec eux, on avait raison des clôtures et des. distances : il n’y avait, du reste, pas de portes secrètes dont Théodora n’eût la clef. Tant qu'elle vécut, les dissidents se sentirent protégés secrètement, mais sûrement. Même après sa mort ils bénéficièrent de la sympathie dont elle les avait entourés. Justinien continua
de voir en eux les amis de sa femme tant regrettée.
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