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real: Tacaes Baradée lui-même, le grand chef ja- ë
cobite, vint d'Orient pour y prendre part. péra-
CRE trice le reçut, cherchant à lui inspirer des sentiments
pacifiques ; elle l’eût même présenté à son mari si le
vieux sectaire n’eût décliné cet honneur. Au bout d’un an, les discussions n'ayant pas abouti, les Orientaux rentrèrent chez eux. L'empereur se réservait de leur envoyer un de ses fonctionnaires qui s’efforcerait de terminer l'affaire, en Orient même.
En effet, l’année suivante (567), le nat Jean, au retour d’une ambassade à Ctésiphon, réunit à Dara les évêques jacobites et les représentants de leurs mo-
nastères. C'était une assemblée de persécutés : les esprits
venir des maux passés, mais encore par les querelles intérieures. Les trithéistes étaient venus comme les autres; on leur fit assez mauvais accueil. Sur la question d’union, d’autres divergences se manifestèrent. Les évêques, Jacques Baradée tout le premier, étaient enclins à se contenter de concessions modérées; mais les moines, exaltés au dernier. point, ne gardaient au- Cune mesure. Ce qu’ils réclamaient ce n'était pas une | Oeilistion telle quelle avec les « Synodites », c'était l’écrasement complet de ceux-ci et l’anathème explicitement prononcé contre le concile de Chalcédoine. | Le patrice Jean leur avait pourtant fait la partie belle. Dans le projet d'édit qu'il présenta aux évêques, On écartait toute définition de foi postérieure au concile d'Ephèse et l’on réhabilitait Sévère, comme ayant
ons eussent été ratifiées par le pe =.
Constantinople, et surtout par le pape !.
Mais on n’eut pas à en faire eee Jacques et | ses évêques réclamèrent que l’on condamnât expressément la formule des deux natures, ou, si cela était impossible, que l’on en revint à l'Hénotique de Zénon, bien entendu, avec réhabilitation de Sévère. Au fon c’est ce dernier point qui leur tenait le plus à cœur. Ils sentaient bien qu’une fois Sévère admis, tout Le monophysisme, doctrine et personnes, entreraient derrière lui, et que, du même coup, on serait débarrassé des deux natures, du pape Léon et du concile de Chat cédoine. Il est probable qu’on se fût arrangé, au moins avec le patrice Jean, si les moines n’étaient intervenus. £. Quand on leur lut le projet d’édit, amendé pourtant par leurs évêques, ils entrèrent en fureur : l’un d'eux, appelé Cosmas, se jeta sur le lecteur, lui arracha son texte et le déchira devant l’assemblée.
- Le patrice, comme on le pense, fut très offensé de fe 3, À cette effervescence. Les évêques réussirent à le calmer, reconstituèrent le document et le lui présentèrent avec
. leur adhésion. Mais les moines s’insurgèrent. Ils assié-
1 1 Cependant on se faisait, dans les oc monophysites, quelques illusions à cet égard. Jean d’Asie (Michel, X, 5) parle d’une mission que l’empereur Justin IT devait envoyer à Rome. Elle comprenait sept évêques monophysites, parmi lesquels Jean d'Asie lui-même. On ne comptait guèresur le pape (Jea I), mais plutôt sur le patrice Narsès, qui, dit-on, était favorable aux
monophysites.
Parcns ar de récriminations et de menaces, tant ntit à
et si bien que le vieillard perdit la tête et c
condamner la profession qu’il venait de signer. Le pa-
trice Jean, écœuré de la lâcheté des évêques et de
l’entêtement des moines, rompit les négociations et
- rentra à Constantinople, bien convaincu qu'avec de tels
sectaires aucune conciliation n’était possible. A la cour on était moins pessimiste. Une dernière
tentative fut risquée: Jacques Baradée et Théodore,
l’évêque des Arabes, furent invités à se rendre à Cons-
tantinople. Théodore accepta, mais Jacques se laissa
retenir pas les moines, et rien ne se fit. En ce temps-là, les sièges melkites d'Alexandrie et d’Antioche étaient
occupés respectivement par les patriarches Apollinaire
et Anastase. Ce n’est pas sans peine que les dissidents
parvinrent à leur opposer des compétiteurs monophysites. Théodose mort, son siège fut disputé par deux candidats, le moine impérial Athanase et le syncelle du patriarche défunt, un certain Paul, dit le Bègue ou le Noir, celui-ci ordonné déjà pour le siège d’Antioche : par Jacques Baradaï et Eugène de Séleucie !, Athanase était riche; Paul aussi, car Théodose avait fait de lui
son héritier. Pendant quelque temps, ce fut une grande
émulation de largesses, et aussi de calomnies: Athanase et Paul se diffamaient à qui mieux en des libelles fort acerbes. Paul eut le dessous: il dut se retirer en Syrie auprès de Pétéir ghâssanide ?. Son patriarcat d’Antioche,
! Le trithéiste.
? Michel (Jean d'Asie), X, I.
Fine Fer # ARTS COPTES ET JACOBITES + Lu 851.
ne
uel il ne tenait que faute de mieux, PES avoir été A
Frs
M assez peu effectif *.
A la cour il était très mal vu *. En fait, c'était
toujours Jacques et Théodore que les dissidents de
Syrie considéraient comme leurs vrais chefs religieux.
; Quant à Athanase, il mourut bientôt et les Alexandrins + durent chercher un autre patriarche. Ils n’y parvinren pas sans retard, ni sans difficulté. Le gouvernement, cela est clair, s’opposait avec résolution à ce que Théodose, l’ancien pape dissident, eût un successeur à Alexandrie. | Du reste, lassé par l’obstination des sectaires, déçu |
dans son espoir de les amener à une conciliation quel- 1 conque, Justin II se détermina à revenir aux moyens
de rigueur, abandonnés depuis l'avènement de Justinien. Cependant, il s’en tint aux communautés monophysites
de Constantinople et d’Asie-Mineure. Les mesures de coërcition ne s’étendirent ni à l'Orient ni à l'Egypte. <
Le patriarche Jean le Scolastique fut chargé de les appliquer. En 571, huit jours avant Pâques, les églises, : couvents et autres établissements que les «Diacrinomènes » possédaient à Constantinople, virent arriver les agents de la police impériale. Les églises furent É ke fermées, les autels renversés, les ecclésiastiques incarcérés. On força les couvents d'hommes et de femmes à :
Fe Kio
1 On ne sait au juste quand il commença, ni quand mouru Serge, son prédécesseur, dans ce patriarcat fantôme.
? Lettre de Justin II à Sergona, commandant mine à
Dara (Michel, X, 2).
une demi-douzaine d’évêques dissidents. Ils furents ar- rêtés et enfermés en des couvents sûrs. C’est ainsi que
: Paul le Noir, venu à Constantinople sur convocation },
Un autre évêque, Elisée, fut enfermé dans le monastère de Dius; un troisième, Etienne, dans l’île de Plataea ?. Nombre de clercs, et même deux ou trois des évêques, cédèrent aux menaces ou aux mauvais traitements et acceptèrent la communion du patriarche. Celui-ci ne s’en tint pas là. Après avoir admis le clergé rallié à exercer ses fonctions d'ordre, il prétendit lui
imposer la réordination. Quelques-uns y consentirent,
comme un certain Paul, évêque d’Aphrodisias en Carie, quise laissa réordonner pour le siège d’Antioche, dans la même province. Les autres, Etienne notamment et Elisée,
£ résistèrent: leur opposition fit du bruit ; le clergé offi-
* 1 Jean d'Asie, IV, 15.
? Plati, îlot de l'archipel des Princes.
3 Les monophysites, après avoir hésité sur cette question,
on tion des « Synodites » (Michel le Syrien, IX, 31 [Jean d’Asie]); mais ils trouvaient fort mauvais qu’on leur rendit la pareille. est bien possible que le patriarche Jean, avant de confier à
évêques ralliés non seulement leurs ouailles anciennes, Mais des groupes de fidèles orthodoxes, ait été engagé, par les
aux «loups» devenus bergers.
accepter la communion du clergé orthodoxe. A Cons- ‘tantinople et dans l’Asie-Mineure occidentale, y avait
Scrupules de ces derniers, à donner des qualifications nouvelles |
édit tion er, se,
s'étaient décidés à considérer comme nuls le baptême et l’ordi-
: Le entreprit de négocier avec eux ainsi qu’ avec | Etienne et Elisée, une convention sur laquelle l’union pouvait se faire pacifiquement. Le synode patriarcal s’assembla et leur proposa d’en revenir au pacte conclu s “en 438 entre Cyrille et Jean d’Antioche !. C'était une façon détournée de laisser tomber le concile de Chal- i cédoine. Mais les dissidents ne se prêtèrent pas au silence respectueux ; ils déclarèrent que de même qu’en 433 tout le monde avait condamné Nestorius, il con- AE venait maintenant que tout le monde condamnât le 4 concile. | | Les évêques ayant ainsi échoué, le gouvernement procéda par lui-même. Un édit fut préparé; avant sa - publication, on en soumit le texte aux dissidents, qui réclamèrent diverses modifications et obtinrent qu’on & en admît quelques-unes. En même temps une forte pres sion fut exercée sur eux, spécialement par les notables laïques de leur parti, qui commençaient à s'ennuyer | dans l’opposition et trouvaient leurs évêques bien in traitables. Ils ne se gênaient pas pour leur dire que, tout le monde étant bien disposé pour l'union, eux seuls
faisaient obstacle à un résultat si désirable. Tout cela
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1 Hist, anc. de l’Eglise, t. III, p. 3%6.
Duonesxe, L'Église au V1 siècle.
75 de | DE 5 ; 5 L PRERETS < <e* NN nt
“> | CHAPITRE 5 1x
"ST : VEN … : cédoine.
L'édit fut publié”. Les termes dogmatiques en.
__ avaient été calculés pour ne pas effaroucher les monophysites. On proclamait expressément leur formule « une nature divine incarnée »; quant aux deux natures, il n’en était plus question qu’en «théorie ». Le concile __ litigieux n’était pas nommé, bien entendu. Mais tout
à la fin, il était marqué que «l’ancien usage de l'Eglise
catholique et apostolique demeurait et demeurerait
toujours en vigueur». Pour les personnes attentives, 4 cette phrase signifiait que le concile de Chalcédoine serait maintenu dans la considération dont il avait joui précédemment ?.
Les quatre évêques dissidents, à leur tête ceux d’Antioche et d'Ephèse, conservaient de fortes appréhensions. Néanmoins ils prirent part, à deux reprises, à la
liturgie du patriarche Jean. Mais, comme ils le pres- __ saient de remplir ses promesses et de faire quelque F3 chose contre le concile de Chalcédoine, il leur expliqua 2 qu'une affaire si grave ne pouvait se régler sans l’assentiment du pontife de Rome. C'était une fin de non
1 Texte grec dans Evagrius, H. E, V, 4: Passage caractéristique: Evvocdvrec dé adrod Ty &pBacroy Éwouw ép0Dc 5pokoyobmes piav pÜotv ToÙ eo AéYou cecapywmeévny... Kai max ëv ewpix Xau6dvyovrec.
| TÔY qÜoswy Diapopàv, ddo rabrac elvar Aëyousv, Diaipetv oddemias. YOYTEG.
n. Onipr
s. ne souvent cet édit comme une déclaration de: tolérance à
à lPégard des opposants au concile de 553. C’est une eur ; Justin II ne vise aucunement l'affaire des Trois Chapi-
depuis longtemps enterrée en Orient. 2 ”
lHenent s’effectuait, on abolirait le concile de Chal-
mes cat hr cet nn sis ddetitiinn: en
Lachine
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