‹ L'eglise au VI siecleChapitre 55 sur 105 · PU PONEY IE · texte numérisé non relu

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‘recevoir. L'empereur, tout en les comblant de caresses, leur tint le même langage.

Le patriarche Paul et Jean d'Asie protestèrent éner- giquement. Les autres se laissèrent faire; on les employa même à fléchir la constance des réluctants. De Jean d’Asie, on ne put rien obtenir ; ni les abominables | È prisons du patriarche, ni l'exil qui leur fit suite, ne purent l’ébranler. Il attendit, sans avoir autrement faibli, le retour de la tolérance. Quant à Paul, il se mit à écrire dans sa prison, un récit de ses tribulations : l’empereur y était assez maltraité, et le patriarche et le pape de Rome. Ces papiers furent saisis. Il y avait de quoi établir un procès de lèse-majesté. Paul, menacé du supplice, céda pour la seconde fois. On donna beaucoup de publicité à sa rétractation; mais elle le mitsi . bien en faveur auprès des souverains que le patriarche Jean, inquiet de son influence, le proposa pour les sièges, alors vacants, de Jérusalem * ou de Thessalonique. Paul refusa: il demeurait attaché de cœuràsescongénères 0 d'Orient; comme on ne le surveillait plus, il en profita pour s’enfuir du palais patriarcal et réussit à se cacher, sans sortir de Constantinople; la police ne parvint pas à le trouver. La répression n'avait pas été sans effet. Sauf Jean d’Asie, tous les évêques monophysites de Const:

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ment ramenait beaucoup de monde au bercail orthodoxe.

On pensa qu’il n’y avait plus de raison de maintenir les mesures de rigueur. Avec le temps, les « Diacrino- mènes» de la capitale reprirent courage et commencè-

pereur Justin, atteint de folie, dut se décharger sur un

autre des soins du gouvernement. Tibère, comte des

gardes (excubitores), fut adopté par lui et associé à à l'empire (8 septembre 574). Sous ce nouveau régime, les rigueurs contre les dissidents se relâchèrent tout-à- AS : fait: Jean d'Asie, après plus de trois ans dans les di- verses prisons de la capitale et trois autres années d’internement dans une île, put rentrer à Constanti- nople, bien convaincu que le malheur de son souverain était un châtiment céleste. Bientôt le patriarche Jean, lui aussi, tomba malade; après de longues souffrances, il mourut le 31 août 577.

Jean d’Asie retrouvait la sécurité ; il se plaisait même à voir que l'orage n'avait pas entièrement déraciné son parti et .que, dans le champ dévasté, de nouvelles pous- ses commençaient à se montrer. Mais d’autres soucis l’as- IS Siégeaient douloureusement. L'église jacobite d'Orient,

que la persécution n'avait pas atteinte directement, était

en proie à des déchirements intérieurs. Les trithéistes __ continuaient leur opposition disputeuse. Leurs chefs, BE: MR Théonas, Conon, s'étaient trouvés à Constan- Be < tinople au mauvais moment: on les avait arrêtés. Les

rent à se réorganiser. C’est vers ce temps-là que l’em-

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