‹ L'eglise au VI siecleChapitre 63 sur 105 · ve · texte numérisé non relu

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dura pas. Vers 571 “, Chosroës I®' eut la fâcheuse idée

d'installer un pyrée à Dovin. En même temps, un des

chefs les plus renommés, Manuel le Mamigonien, était

assassiné par les soins du marzban Souren. La révolte

éclata. Les insurgés, conduits par Vartan, frère de Ma.

nuel, marchèrent sur Dovin, massacrèrent Souren avec

les mages et la garnison persane, puis se déclarèrent

1 C’est à ee dernier que fut adoptée l'ère arménienne, dont on fixa le début au 11 juillet 532.

2 Jean d’Asie (Assemani, Bibl. or., t. IT, p. 86 et suiv. Lequien, Or. chr., t. I, p. 682); cf. la Narratio de rebus Armenis (écrite en 695), publiée par Combefis, Hist. haeresis Monothelitarum, p. 275.

3 Narratio, L. c., p. 271; cf. la lettre de Jean, patriarche de Jérusalem (v. 575) adressée à Abas, évêque de l’Albanie, éditée par Vardanian dans l’Oriens christianus, p. 67 et suiv.

4 Sur cette affaire, v. Jean d’Epiphanie (Fr. hist. graec. t. IV, p. 274); Théophane de Byzance (ibid., p. 271); Jean d’Asie, IT, 18-24 (cf. VI, 21); Evagrius, V,7; Grégoire de Tours, Æ. Fr., IV, 40 ; Théophylacte Simocatta, III, 9; Sebeos, c. I.

sujets de l’empereur romain. Justin IT leur avait fait de belles promesses; il ne se pressa pas de les tenir,

de sorte que l'insurrection arménienne, après quelques avantages, fut écrasée par les armées de Chosroës. Les

chefs se réfugièrent à Constantinople.

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Jean d'Asie les vit et recueillit leurs récits. Le ca-

tholicos arménien et plusieurs évêques avaient suivi

Vartan à Constantinople. Au commencement ils ne faisaient pas difficulté de communiquer avec le patriarche Jean le Scholastique, lequel, en ce moment, déployait le plus grand zèle contre les monophysites de la capitale. Leur attitude, comme en Arménie, y suscita des

objections. Les évêques restés là-bas leur firent parvenir

des reproches amers, en suite de quoi ils s’arrangèrent

pour se réunir dans un local spécial. Le catholicos était mort peu auparavant.

Une vingtaine d’années plus tard, l’empereur Mau-

rice ayant aidé Chosroës IT à remonter sur le trône de

ses pères, reçut, pour prix de ses services, la plus grande partie de l'Arménie persane . La province de Taron tout entière et celle d’Ararat, jusqu’à la rivière Garni,

qui passe entre la vieille forteresse romaine de ce nom

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et la ville de Dovin, furent alors annexées à l'empire.

Dovin et le reste de la province d’Ararat, avec celle

de Vaspourakan, demeurèrent au pouvoir de la Perse. A ce propos, des négociations religieuses furent enga-

! Sur cette cession, v. H. Gelzer, Georgii Cyprüi Descriptio orbis romani, p. L et suiv.

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les évêques du a fat invité. à venir s ’expli-

quer eù territoire romain: « Non, répondit-il, je ne pas-

serai pas la rivière d’Azat (Garni-tchaï), je ne mangerai ci pas le pain levé et je ne boirai pas l’eau chaude » !, Les autres évêques, notamment ceux du Taron, se rendirent à Constantinople, et, après discussion, consentirent à s'en tendre avec le patriarche, tant sur la foi que sur la communion. Comme au temps de Justin Il, un acte % fut dressé pour constater l’entente. De retour en Arménie, ces évêques furent excommuniés par Moïse. L'empereur le laissa dire et installa, en territoire romain, un autre catholicos, appelé Jean, de la famille des Bagratides ?

Moïse, peu après, fut remplacé par Abraham ; quant à Jean, il assista à la reprise de l'Arménie sur les généraux de Phocas et d'Héraclius: c'était pour lui une catastrophe. Transporté à Hamadan, avec d’autres no-

tables, il y mourut (612), la même année qu'Abraham *. Après le désastre de Jérusalem, Koumitas, succes-

seur d'Abraham, se mit en rapport avec le prêtre Modeste, qui, pendant la captivité de son patriarche, di rigeait Réeise de la Cité sainte; nous avons encore

1 Narratio de reb. Arm., p. 281. Allusion à l’usage arménien . du pain azyme et à la coutume byzantine de verser de l’eau chaude dans le calice avant la communion, Le catholicos exprime ainsi son refus d’accepter la communion des Grecs,

2 Sebeos, c. 8; Narratio, L. c.

3 Sebeos, c. 28.

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les lettres ! qu’ils échangèrent. Koumitas était alors le seul catholicos: entre le ressort byzantin et le ressort:

persan la frontière avait disparu. À Koumitas succéda.

Christophe (628-631), qui fut déposé au bout de deux’

ans et remplacé par Esdras (Esr)°. . -{

Aïnsi, au moment de la restauration byzantine dans:

les régions orientales, aucun des grands sièges naguère.

disputés aux Monophysites n'avait de titulaire ortho: doxe. En Egypte, après la fuite et la mort de Jean PAumônier, le gouvernement de Constantinople avait, il est vrai, nommé à sa place un intérimaire appelé Georges; ni Anastase IT à Antioche, ni le catholicos Jean n’avaient eu de successeur. A la faveur du régime persan le patriarche copte Benjamin résidait à Alexandrie *. Il est possible qu’il en ait été de même à Antioche du patriarche jacobite Athanase. Ce sont ces trois chefs, Benjamin, Athanase, Esdras, qui, dès la restauration de son autorité, incarnèrent aux yeux de l’empereur Héraclius, le grand problème ecclésiastique.

Encore une fois les dissidents furent requis de s’unir à l'Eglise orthodoxe, c'est à dire de laisser en repos le tome de Léon et le concile de Chalcédoine, Pour leur

faciliter l’acquiescement, on s'était ingénié à leur faire

1! Sebeos, c. 25. Cela n'implique nullement que Koumitas ait abandonné son opposition au diphysisme. Voir le document

arménien cité par Owsepian;, Die Enstchungsgeschichte des Mo-

nothelismus, p. 51.

? Sebeos, c. 28.

$ Andronicus, son prédécesseur en fonctions au moment de la prise d'Alexandrie par les Perses, y avait résidé aussi.

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des concessions. Ce n'étaient pas les premièrés. Dès

: l’origine du conflit, le pape saint Léon avait consenti

à donner de son célèbre tome une édition nouvelle !

où certains angles étaient arrondis. Puis était venu l’'Hénotique, où, de par le gouvernement, Cyrille et ses ; anathématismes étaient acceptés, tandis qu'on cherchait à faire le silence sur le concile de Chalcédoine. Puis on avait proclamé et fait accepter au pape la formule s « Un de la Trinité a souffert en chair ». Puis, en dépit

de l’opposition occidentale, on avait donné aux Mono-

physites la satisfaction de voir condamner les auteurs

qu’ils exécraient, Théodore de Mopsueste, Ibas et Théo-

doret; avec ces condamnations, le V®° concile œcuménique avait adopté solennellement toute la théologie cyrillienne ; et, pour tout cela, on avait fini, à grand

peine, il est vrai, par arracher son adhésion au Saint-

Siège. Puis sous Justin II, on avait publié un édit 4

impérial où les deux natures n'étaient plus admises

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qu’«en théorie ». On avait même pans de réhabiliter

Sévère.

Que pouvait-on faire de plus? Les bornes du pos-

sible, en fait de conciliation, n’avaient-elles pas été atteintes, dépassées même ?

Le patriarche Serge pensa qu’un nouvel essai pouvait être tenté. Il proposa d'admettre, ce que les Monophysites enseignaient depuis longtemps, que le Christ,

au lieu de posséder deux facultés d’agir (évéoystx, ope-

à Hist. anc. de l'Eglise, t. IX, p. 484.

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