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oo ET MAHOMET
Théodosiens en copte, c'étaient des systèmes construits .en grec, par des écrivains grecs. Ceux même qui, at
comme Philoxène de Maboug, rédigeaient leurs livres en syriaque, s'étaient formés à l’école des penseurs UE c’est de la sapience hellénique appliquée à la théologie chrétienne, que procède leur littérature.
Nulle part on ne les voit en hostilité contre la culture grecque juil part on ne les surprend à s’ap- ss puyer sur la différence des langues pour faire valoir des sentiments nationalistes.
En pratique, même aux moments où ils ont été. persécutés avec le plus de rigueur, ils n’ont jamais eu. recours à l'insurrection. Quelques ‘bagarres, quelques émeutes, dont la plus notable est celle de 451 à Jéru- : : : salem, c’est tout. En Syrie ils ont usé volontiers de l'appui moral que leur fournissaient les émirs ghâssanides; mais ceux-ci étaient des fonctionnaires impériaux. Etre en bons termes avec eux n’entraînait nullement l’état de rébellion.
Ont-ils provoqué l'invasion étrangère, appelé les Perses et les Arabes? Il n’y a pas la moindre trace de cela dans les documents contemporains. Ce qu’on y voit, c’est qu’ils ont considéré les invasions du temps d'Héraclius comme des calamités horribles, qu’ils ont fait leur possible pour les écarter, et que, voyant l’empire impuissant à les défendre, ils ont fini par se résigner. On y voit encore que cette résignation et l’adaptation aux conditions créées par la conquête leur
a été plus facile qu'aux orthodoxes. Mais cela tient à
428 RS CHAPITRE XI. ARTE ne
ce que depuis deux siècles ils oh habitnés à vivre
en dehors de la faveur gouvetententile et même à
supporter l'oppression de l'Etat. Le clergé de l'église établie (melkite), hiérarchie officielle de fonctionnaires religieux, ne pouvait manquer d’inspirer défiance aux nouveaux maîtres, lesquels n'avaient pas à craindre, pourvu qu'ils ne les traitassent pas trop durement, que leurs sujets coptes ou jacobites intriguassent pour rétablir le gouvernement impérial et pour rappeler leurs persécuteurs.
Il est sûr que le souvenir des temps byzantins leur facilita la résignation au régime perse d’abord, puis au régime arabe. À tout prendre, ces chrétiens avaient peu à gagner au rétablissement de l’empire orthodoxe. Comme chrétiens, ils s’en seraient trouvés mieux, au moins à certains égards; comme dissidents (et ils tenaient à leur dissidence autant qu’à leur christianisme), ils s’en seraient trouvés plus mal. Aussi ceux de leurs écrivains qui ont parlé de ces choses à distance, avec un certain recul chronologique, Michel le Syrien !, par exemple, apprécient-ils, sinon le bonheur de vivre sous des souverains musulmans, au moins celui de ne plus vivre sous des souverains byzantins.
Ici, bien des personnes se diront qu'avec quelque tolérance en ces querelles de formules, le gouvernement byzantin aurait pu provoquer chez ses sujets d'Orient des sentiments plus affectueux. Cela est incontestable.
1 Ci-dessus, p. 422.
Mais d’abord, il ne l’a pas fait. Et puis, qui aurait eu lidée de cela au VIT siècle ? Quel est l’empereur chré-
tien, ruoTùs Bathebc, qui, se croyant en possession de
la vérité religieuse, ne se considérât comme en devoir de la communiquer, et, au besoin, de l’imposer, à tous ses sujets ? Ce n’est pas d’après nos idées modernes que de telles situations doivent être appréciées, mais d’après les idées d'autrefois.
Le premier effet de la conquête musulmane, ce fut de couper court à toutes les tentations d’union entre les dissidents d'Orient et l'Eglise orthodoxe patronnée
par l'empire. Dès lors, le monothélisme, inventé pour
faciliter l’accord, perd le plus clair de son intérêt. Mais
de même qu’en Orient la plupart des monophysites n’avaient pas voulu en entendre parler, le considérant comme une concession insuffisante, de même, en Occident, il fut regardé comme une concession excessive, dommageable à la foi et engageant la responsabilité de ceux qui l’avaient proposée. Le gouvernement impérial, qui l’avait patronné des le début, s’obstina à le défendre. Il eût été bien simple, puisque désormais on ne pouvait rien attendre de ce moyen terme, d’en faire nettement le sacrifice, et c’est un peu ce qu’on essaya de faire, mais avec trop d’ambiguité et de dissimulation, par l’Ecthèse d'Héraclius (638), puis par le Type de Constant (648). Le premier de ces documents exigeait le silence sur le nombre des «opérations», tout en proclamant la volonté unique; le second interdit de
compter, non seulement les opérations, mais les volontés
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