‹ L'eglise au VI siecleChapitre 73 sur 105 · TNT PR RE ER NS PE ITR · texte numérisé non relu

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ceux d’Ephèse et de Chalcédoine, cette lecture ne souleva que des débats d'interprétation ; mais, quand on en vint au V° concile, il devint manifeste que les exemplaires allégués par Macaire étaient des exemplaires interpolés. On y trouva, mais ajoutés par un faussaire,. le traité de Ménas à Vigile, qui avait fait tant de bruit dans les débuts de l'affaire et deux lettres de Vigile à Justinien et à Théodora, fabriquées, elles aussi. On

décida de faire une enquête sur ces falsifications. Ces

lectures avaient occupé trois séances.

La quatrième fut consacrée à la lecture des deux

lettres d'Agathon et du « concile romain ». Après quoi

l’on reprit le dépouillement des autorités sur lesquelles s’appuyaient les opposants. Ceux-ci produisirent trois volumes de textes des Pères; les légats, eux aussi, avaient leur collection ; ils en avaient même deux, l’une des Pères orthodoxes, en faveur des deux volontés, l’autre des hérétiques en faveur de la volonté unique. Tous ces recueils furent scellés et mis à part. :

On était à la 8° session, quand l’empereur invita les deux patriarches à dire ce qu’ils pensaient de la doctrine d’Agathon et de son concile. Georges $’en déclara pleinement satisfait et proposa le rétablissement immédiat de Vitalien * sur les diptyques. Les évêques

de son ressort, c’est à dire l’immense majorité de l’as-

1 C'est toujours Vitalien que l’on inscrit ou supprime, selon que l’on est en bons ou mauvais termes avec ses successeurs. Ue procédé bizarre s’explique sans doute par ce fait que le dernier pape dont on eût une synodique était Vitalien.

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semblée, opinèrent comme lui. Mais le patriarche d’Antioche demeura inflexible. Deux séances furent employées à discuter avec lui, sur la valeur probative des textes réunis dans ses recueils: on n’en eut pas raison; il fallut le déposer. Les textes apportés par les légats furent lus aussi, et l’on reconnut leur effcacité. i

Toutes ces procédures avaient mené jusqu’à la fin de l'hiver, mais on n’était pas encore au bout. Divers écrits de Macaire restaient à lire: on les lut. Puis, après avoir réglé le compte des vivants, on crut devoir s’occuper aussi des morts. On dépouilla donc les correspondances entre Serge, Cyrus et Honorius, puis d’autres pièces émanées des patriarches et autres personnages qui avaient été mêlés à cette affaire dès l’origine. Enfin, dans sa 13° session, le 28 mars, le concile rendit un décret par lequel Sophronius était acclamé comme un défenseur de l’orthodoxie; Serge, Pyrrhus, Paul, Pierre, patriarches de Constantinople, Cyrus, patriarche d'Alexandrie, Théodore, évêque de Pharan, tous réprouvés par la lettre d’Agathon, étaient frappés d’anathème. Avec eux était flétri le pape Honorius, parce que, dans sa lettre à Serge, «on le voit suivre en tout les opinions de celui-ci ».

La 14° session, 5 avril, fat consacrée à une exper-

tise sur l’origine des falsifications opérées dans les ma-

nuscrits du patriarcat; puis vinrent les fêtes de Pàâ-

ques (14 avril). Le dimanche in Albis, l'un des légats,

Jean de Porto, célébra la messe en latin à Sainte-So-

phie, en présence de l’empereur; aux chants de la li-

turgie romaine se mêlèrent les acclamations, latines

aussi, par lesquelles il. était encore d’usage à Constantinople de saluer le souverain.

Après Pâques, une autre expertise et d’un genre bien extraordinaire, retint l’attention de la sainte as-

semblée. Un moine appelé Polychronius, monothéliste

endurci et doué d’un certain prestige aux yeux du populaire, n’avait pas vu sans colère la déroute de à Macaire et des autres. Il fit courir et accrédita le bruit qu’il se faisait fort de ressusciter un mort au nom de la confession monothélite. Il paraît que l’in- fluence de cet imposteur était assez grande pour qu’un

refus de se prêter à l'expérience ne fût dangereux

pour la paix publique. On vit donc le concile quitter la salle de ses séances et s’aller ranger sur la place

publique auprès d’un cadavre déposé sur une civière.

Une foule immense encadrait la scène. Polychrone

s’avança, posa sur la poitrine du mort une profession de foi rédigée par lui. Le mort ne bougea pas, bien

-que Polychrone continuât pendant deux heures de lui

parler à l'oreille. On rentra en séance, et le moine con-

fondu, maïs non convaincu, fut dépouillé de la dignité

sacerdotale.

Encore deux sessions, employées surtout à préparer la séance solennelle par laquelle devaient se clore ces importantes assises. Elle eut lieu le 16 septembre 681.

"2 ) 3 ‘#4 L'empereur, qui, dans les derniers temps, s'était abstenu

de paraître aux réunions, présida celle-ci. On y lut un

ces ChiSe MONOTHÉLITE à 471

Le “décret de foi et une adresse au souverain; ces deux documents furent revêtus des signatures de tous les à évêques; Constantin IV, lui aussi, signa le décret. Puis Ë un édit impérial confirma officiellement ces définitions et les porta à la connaissance du publie. Le concile écrivit en outre au pape Agathon pour le prier de con- __ firmer ses décréts, et l’empereur, de son côté, répondit aux deux lettres qui lui avaient été apportées de. Rome.

Agathon, que toutes ces pièces supposaient en fonctions, était mort depuis le 10 janvier, mais on at tendait l'installation du successeur pour changer le nom du pape sur les papiers officiels. Quand Léon IT eût été élu et consacré (17 août 682), après une très longue vacance, il lui incomba de répondre à Tenvoi du concile et de le confirmer; il le fit par une lettre! adressée à l’empereur Calfiantin. On le chargea aussi d'accueillir à Rome, où ils furent expédiés, et, en cas L de conversion, d’absoudre les condamnés du concile, le patriarche Macaire, les moines Etienne et Polychrone, avec quelques autres. Sur Macaire et ses acolytes, toutes les exhortations échouèrent, tant celles de Léon IT que celles de son successeur Benoît IT; ils finirent leurs jours dans les monastères de Rome ?. ‘= 1e

Telles furent les mesures prises à l'égard des condamnés. Quant aux morts, toutes les pièces officielle- we ment émanées de l’empereur, ‘du. concile, du pape ”

LA 1TS. - 2J.2118; L. P., vie de Léon IT; Mansi, t. XII, p. 1085.

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