PARENT OR
Léon IT et de ses successeurs après lui, s’accordent à comprendre sept noms, c’est à dire que, en outre des quatre patriarches de Constantinople, de Cyrus d’Alexandrie et de Théodore de Pharan, on y trouve toujours le pape Honorius. Celui-ci ne figurait pas sur la liste proposée par le pape Agathon: à Rome, on avait toujours été gêné par les lettres d'Honorius, mais on ne pouvait prendre à l'égard de ce pape, d’ailleurs excellent, l'initiative d’une flétrissure. Toutefois, du moment que l’on faisait le procès à la mémoire de Serge, il était bien difficile que celle d’Honorins
. échappât à toute critique. Pour éviter ce désagrément,
il eût fallu que le concile de Constantinople y mît une bonne volonté spéciale. Or les relations entre les clergés des deux Romes n'étaient pas telles que l’on pût compter sur la bienveillance de Georges et de ses évêques. D'autre part, le sacrifice de quatre patriarches de la capitale byzantine appelait peut-être, par une sorte de compensation, celui du seul pape romain sur lequel il y avait quelque chose à dire. Dans .cet arrangement les quatre grands évêques de Rome, Constantinople, Alexandrie et Antioche, se trouvaient enveloppés dans le même désagrément. De telles considérations n’ont évidemment aucune valeur au point de vue juridique ou théologique; mais les hommes politiques, comme était l’empereur Constantin IV, sont portés à en tenir compte. Du reste, il faut bien’ reconnaître que, mesurées au même étalon, les théories du patriarche Serge et les
propos du pape Honorius ne se distinguaient pas assez
LA CRISE MONOTHÉLITE 473 nettement pour qu’il fût aisé de leur faire des sorts très différents 1.
Pour que la liste des personnes vraiment responsables fût au complet, elle aurait dû comprendre les
deux empereurs Héraclius et Constant II, auteurs de
1 La condamnation posthume du pape Honorius fut consignée dans nombre de documents officiels, dans les actes du VI® concile, dans ses adresses à l’empereur et au pape, dans les décrets confirmatifs de l’un et de l’autre, dans les notifications faites par le pape Léon IT au roi wisigoth et aux évêques d’Espagne, dans les formules du Liber diurnus, dans les professions de foi des VIIe et VIITe conciles œcuméniques. Le L. P. la marque aussi, dans la vie de Léon II. On ne saurait imaginer une publicité plus imposante. Pourtant le moyen-âge, qui a si mal traité la mémoire des papes Libère et Anastase II, ne paraît avoir rien reproché à leur successeur Honorius. En voici la raison. Dans tous les textes ci-dessus énumérés, sauf le Z. P., le nom d’Honorius est accompagné d'indications qui ne laissent aucun doute sur sa qualité de pape; mais ces textes, en dépit de leur publication officielle du premier moment, restè-
rent ensuite dans les dossiers de conciles, registres, formulaires, .
tous recueils peu accessibles ou peu connus. Le Z. P. au contraire, le seul de ces textes dont la lecture fût répandue, mentionnait Honorius avec quelques autres, mais sans le qualifier de pape. Le commun peuple des lecteurs, quand les événement furent à peu près tombés en oubli, ne remarqua pas de quel haut personnage il s'agissait et ne s’occupa point de lui, pas même dans les disputes théologiques où l’on supposait le pape hérétique ou dans les débats sur la compétence des conciles pour condamner le pape. Libère, au contraire, et Anastase IT, qui n'avaient été l’objet d'aucune condamnation, traînèrent à travers les chroniques et les dissertations des théologiens, une réputation aussi désagréable qu’imméritée. C’est le Z. P. qui leur à valu ce sort fâcheux; c’est lui qui a sauvé la réputation d’'Honorius, mais les controverses modernes sur l’infaillibilité pontificale ont ramené l’attention sur son cas et défrayé les efforts de nombreux érudits. Cf. Dôllinger, Papst-Fabeln, p. 124.
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