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cet être affreux se posait en parangon d’orthodoxie;
d’ailleurs le récent concile faisait partie de l’héritage # paternel. Aux premiers symptômes d'opposition il dessina clairement son attitude. L’exemplaire officiel des actes avait été soustrait au palais et transporté dans
certains bureaux: il se le fit rapporter en grande
pompe, par toutes les autorités militaires et religieuses, y compris les patriarches de Constantinople et d’An- 4 ; #.
tioche, et notifia solennellement la chose au pape
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Jean V, en protestant de son inviolable attachement au concile 1.
S'il s'était borné à le maintenir! Mais il voulut le compléter et ce furent d’autres misères. On lui persuada que la discipline ecclésiastique avait fléchi, faute de lois. Les anciens conciles avaient tous promulgué des canons ; les deux derniers s’en étaient abstenus, de là le mal. Il importait de combler cette lacune ; urgence donc de réunir de nouveau les évêques et de les faire légiférer.
Au vrai, l'Eglise, et surtout l'Eglise grecque n’était nullement en détresse législative. Les anciens conciles, œcuméniques et autres, les décrétales de certains grands évêques, les novelles de l’empereur Justinien, offraient des textes en suffisance; ils avaient même été codifiés, un siècle auparavant, par le patriarche Jean le Scholastique. Mais le haut clergé byzantin, et peut-être aussi Justinien IT, personnage bien capable de combiner le droit canonique avec la férocité, avait d’autres idées en tête. Ce que l’on voulait, c'était la constitution d’un droit ecclésiastique parfaitement uniforme pour tout l’empire et l’on entendait obtenir cette uniformité en imposant partout l'usage de Constantinople. À lui devaient être ramenées les coutumes et traditions de Rome, d'Afrique, d'Arménie, qui, sur plusieurs points, offraient des particularités. L'Arménie ?, sauf quelques régions
vers l'Occident, ne faisait partie de l'empire que depuis
* Lettre à Jean V (Mansi, t. XI, p. 737); cf. L. P., vie de
Conon.
? Hist. anc. de l'Eglise, t. IIX, p. 522.
LA CRISE MONOTHÉLITE : 477
les conventions entre Maurice et Chosroës II (v. 591); encore les Perses l’avaient-ils réoccupée sous Phocas et dans les premiers temps d'Héraclius. Depuis la ruine -de leur état et les premières visites des Arabes, elle vivait sous des princes indigènes qui, selon que les Arabes ou les Byzantins les serraient de plus ou moins près, se reconnaissaient vassaux des uns ou des autres. Les trois derniers empereurs, Constant IT, Constantin Pogonat, Justinien IT, s'étaient montrés dans le pays. Au moment du concile, Justinien II s’en croyait le maître: ce n’était pas pour longtemps. De même l’Afrique, surtout depuis la fondation de Kairouan, était réduite à peu de chose; le régime romain tenait encore, il est vrai, en Proconsulaire et dans quelques places de Numidie; mais ces faibles restes ne se conservaient que grâce à l'appui des chefs berbères, qui ne s'étaient pas encore entendus avec les musulmans. Cet état précaire touchait à sa fin; en 695 une première fois, en 698 d’une façon définitive, Carthage conquise cessa d’appartenir à l’empire. | ; Ce n’était guère la peine, dans un tel état de choses, d'y implanter la centralisation ecclésiastique et la discipline grecque. L’effort tenté de ces deux côtés par le concile de 692 ne pouvait être qu'un effort perdu. Quant à Rome, les Lombards l’entouraient, mais ne la serraient pas trop; l’existence de ce lambeau d’empire n’était pas, en ce moment, menacée. 08 On tint done un concile (691-692), auquel LéPACStSS
byzantin fut invité; les patriarcats orientaux, qui n’a-
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