‹ L'eglise au VI siecleChapitre 79 sur 105 · CRU S · texte numérisé non relu

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au | CHAPITRE XII. Au pape il envoya, avec la tête de Justinien IT, une lettre officielle (sacra) où les mêmes sentiments étaient exprimés. C’en fut trop. Constantin refusa solennellement de recevoir cette pièce; pour réparer l’insulte faite au VI° concile il en fit disposer une image dans

Ja basilique de saint Pierre. Le portrait de l’empereur

ne fut pas mis dans l’église !, ni son nom récité dans les offices. Le peuple ne voulut pas de sa monnaie; il

supprima son nom en tête des chartes; il refusa même,

les armes à la main, de recevoir ses fonctionnaires.

Bref, Rome était insurgée contre Philippicus, quand on

“apprit qu’il avait été détrôné, le 4 juin 713. Son suc-

cesseur Anastase IT envoya une lettre où il se déclarait orthodoxe et dévoué au concile.

Avec l’échauffourée de Philippicus se clôt l’histoire du monothélisme, et avec elle l’histoire des hérésies christologiques qui, depuis Apollinaire, avaient tant

agité l'Eglise. Ce n’était pas la fin des débats doctri-

naux, mais C'était, en Orient du moins, l'avènement d’une ère pacifique, sur ce terrain spécial. Il n’y avait plus lieu de s'inquiéter des monophysites, irrémédiable-

__ ment obstinés, mais désormais hors des atteintes de la

controverse officielle. Ce qu’il pouvait rester dans l’empire de personnes attachées aux systèmes vaincus, apollinaristes, nestoriens, monophysites de nuances diverses,

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l'affaire de Polychronius, montre que l'opinion publique, à CP

suivait ce débat avec un intérêt que nous n’imaginons pas.

* Sans doute dans l’église Saint-Césaire in Palatio, où on le mettait d'habitude.

LS othé es énte, ne formait que de très petits gro "

4 ne fat rapidement absorbé. Après Philippicus on en

? “entend plus parler. Les APERSPSE qui font suite à celle

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L'Eglise dans la Gaule franque.

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Burgondes, Wisigoths et Francs. — Syagrius battu par Clovis à Soissons. — L’évêèque de Reims, saint Remi. — La reine Clotilde. — Baptême de Clovis. à Reims. — Francs et Wisigoths ; le concile d'Agde. — Le concile d'Orléans. — Saint Avit. — Saint Césaire d'Arles. — Le concile d'Orange. — Fortunat

de Poitiers. — Les rapports avec Rome. — Saint Grégoire-le-Grand, — Abus

dans les nominations épiscopales. — Saint Colomban.

En Italie, sa patrie d’origine, l'empire romain se défendit plus longtemps qu'ailleurs. Ses institutions, maintenues et protégées par le gouvernement des rois Ostrogoths, restaurées par les armes de Justinien, ne succombèrent que partiellement à la dévastation lom-

barde. Il y eut toujours, aux flancs de l'Italie lombarde,

une Italie byzantine qui se réclamait de la nouvelle Rome et prétendait conserver la tradition de l’ancienne. Cette dualité se perpétua à travers tout le moyen âge. En dépit des changements que comporte une si longue existence, la république vénitienne et l’état pontifical, vénérables débris de l’organisation byzantine, se maintinrent pendant des siècles ; ils n’ont disparu qu’en des temps très voisins du nôtre. Les Lombards n'avaient pas été assez forts pour assimiler l’Italie conquise, ni même pour la conquérir dans toute son étendue. Aussi, l’unité politique italienne, si naturelle qu’elle puisse être, est-elle, en fait, chose récente.

En Gaule, il n’en fut pas ainsi. Quand les derniers empereurs eurent été remplacés par des rois barbares, le pays transalpin ne tarda pas à se soumettre tout | entier aux nations germaniques, déjà établies, àuntitre

ou à un autre, sur le sol provincial. Il y en avait trois:

nee en un état unique et compact ? En Fo termes, l’un des trois peuples était-il prédestiné à devenir décidément le plus fort et à se soumettre les autres? Les Goths, sous Euric, semblaient avoir de sérieux avantages. Etablis les premiers, maîtres de 1 # plus grande partie de a, | occupaient en Gaule les cités les plus importantes du midi, Bordeaux, Tou- ; louse, Narbonne, Marseille, et surtout la ville impériale, Arles, la praepotens Arelas. L'état burgonde avait, 2 dans la vallée du Rhône, une situation assez imposante. Les Francs semblaient moins redoutables. Groupés en bandes plutôt qu’en corps de nations, disposés | entre les petits royaumes de Cologne, de Tongres, de à Tournai, de Cambrai, leurs divisions et la faiblesse qui en était la conséquence avaient permis aux généraux romains, enfin maîtres des rebelles d’Armorique, de se maintenir entre la Loire et la Somme. Ils n'étaient en-

core que des auxiliaires impériaux, alors que dans tout

bares étaient parvenus à se saisir du gouvernement des provinces. Ce sont les Francs cependant qui eurent raison des autres barbares, s’imposèrent à toute

D ibuno Gaule, lui rendirent l’unité politique en y ck créant un puissant état. | LOS = Cantonnés d’abord dans les régions marécageuses où le Rhin et la Meuse mêlent leurs embouchures, les = Francs, assemblage d'anciennes peuplades germaniques, PE avaient donné fort à faire aux empereurs du IV° siècle, Pr Après Théodose, on les voit descendre vers le sud, les : uns le long du Rhin (Ripuaires) jusqu’à Cologne, qu’ils Le occupèrent au temps d'Honorius; les autres par la To- . xandrie (Brabant septentrional) et la Thuringe cisrhénane (cité des Tungri) jusqu’à Tournai, Arras et Camee brai. Dans ces premières étapes ils n’avaient guère mé- nagé la population romaine. C'était un peuple féroce, 2 violent, perfide, bien en retard sur les Burgondes et les Goths. Ceux-ci vivaient depuis longtemps en terre. romaine: ils s'étaient plus ou moins adaptés. Les Francs | aussi s’adaptèrent, mais ils y mirent le temps. Sous leur roi Clodion, le plus ancien dont on ait connaissance, ils étaient encore en état d’hostilité avec les Romains. Aetius les tint en respect ; 1l les employa même contre Attila (451). Leur chef, à la bataille de Mauriac, était un roi Mérovée, d’où la race royale tira son nom. Childérice, qui lui succéda, servit aussi la cause romaine, d'entente avec Algidius, successeur d’Aetius. On le rencontre avec ses gens dans les combats livrés sur la basse Loire aux Saxons et aux Wisigoths. Cet allié des Romains avait sa capitale à Tournai, d’où,

par lui-même ou par ses parents, 1l étendait son in-

RUE ; P OS . fluence sur tout le nord de la Gaule, entre la Somme ie et le Rhint. dec.

Clovis, son fils, lui succéda en 481. Chargé d'abord du commandement dans toute la Seconde Belgique

(province de Reims)? il songea bientôt à se substituer ê : 3 è : è LS à au chef romain Syagrius, qui commandait directement

dans toute l'étendue de l’Armorique, jusqu’à la Loi e. 5 La bataille de Soissons décida en faveur de ses des seins. Syagrius vaincu s'enfuit chez les Wisigoths et ceux-ci le livrèrent à Clovis, qui le fit mettre à mort. Aiïnsi devint-il maître de toutes les cités romaines, depuis Amiens et Reims jusqu'à Nantes, Angers, Tours et Orléans. Ces provinces M NE peuplées ; la vie romaine sy maintenait dans les villes, l’agriculture dans les campagnes. Il ne s'agissait plus de massacrer, mais de gouverner. Les expéditions de Childéric avaient déjà renseigné son fils sur la nécessité de se ranger enfin et de s'entendre avec les populations romaines comme l'avaient fait depuis longtemps les Goths.

C'était un rude guerrier. Après s'être débarrassé de Syagrius, il se trouva dans la nécessité de défendre ses nouveaux sujets contre les incursions des Alamans, fléau dont la Gaule souffrait depuis plus de deux siècles. Pour mettre à la raison ces hordes redoutables, il fallut s’y

1 À Trèves on trouve, en 472, un comte franc Arbogast; e mais on ne peut dire si c'était un chefindépendantous’ilte 7 nait ses pouvoirs de quelque roi barbare. RTC

2 Ep. Austras. 2, lettre de saint Remi.

ï à ms. reprendre à plusieurs fois. À la fin le but fut atteint:

les éternels envahisseurs de l’est furent refoulés à bonne distance du Rhin et du Jura. Il resta sans doute des Alamans dans les pays correspondant à l'Alsace et à

la Suisse actuelles; maïs c’étaient des Alamans paisi- Re bles, fixés au sol, agriculteurs.

Le roi guerroyait aussi avec ses voisins du sud, in- 16h x quiétait les Wisigoths dans la possession de l’Aquitaine,

fomentait les querelles intérieures du royaume de Bour-

gogne. Au nord il s’appliquait à concentrer les forces.

5 franques, en supprimant l’un après l’autre les petits

rois qui pouvaient lai, faire concurrence. Il n’y eut

È bientôt plus qu’un seul roi franc, celui des Saliens de

1e Tournai, lequel ne tarda pas à transférer à Paris son

siège royal. Désormais le mérovingien résida au flanc

de la colline de Lutèce, dans le palais habité jadis par te césar Julien.

Une de ses premières préoccupations, ce fut la ques-

à D tion religieuse. Depuis qu’ils vivaient avec les Romains,

les Francs avaient dû réfléchir souvent sur l’infériorité

( Ex __ morale qui résultait pour eux de leur attachement à

des dieux arriérés. Les autres tribus germaniques, une

#04 fois établies dans l’ancien empire, avaient embrassé la De religion chrétienne. Eux non, ils étaient restés païens, 3 tout comme les Saxons et les Thuringiens. Cela les isoa | lait des populations romaines désormais soumises et à confiées à leur tutelle.

Clovis, dès avant sa rupture avec Syagrius, s'était g 1 trouvé en rapport avec les évêques, représentants au- RON L pi.

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