‹ L'eglise au VI siecleChapitre 82 sur 105 · ARE CAT · texte numérisé non relu

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le roi Gondebaud un conseiller aussi sagace que pru-.

| dent. Il aurait bien voulu convertir son souverain; mais 4 celui-ci, tout en demeurant dans les meilleurs termes avec ses sujets catholiques et avec leurs évêques, tout en admettant que des membres de sa famille et son propre fils Sigismond abjurassent la confession de Ri-

tait très bien, non seulement comme évêque, mais aussi Comme homme d'Etat, à quel point cette fidélité pou- vait être compromettante pour l'avenir du royaume bur-

gonde. Il avait salué d’un cri de joie la conversion de

sait deux personnes en Jésus-Christ, répudiait le Theotocos, et n’acceptait que le Christotocos; ceci est du nestorianisme ca- ractérisé, À propos du Trisagion, il suppose que cet hymne avait été jusqu’à l’année 511 chanté à CP avec le Crucificus pro nobis: l’évêque Macedonius, homme « négligent et peu ins- - truit», avait eu le tort de supprimer ces mots, prouvant ainsi qu’il était disciple d'Eutychès. Le peuple a demandé son départ; l’empereur ne s’y est pas opposé: antiqua sacerdos, quod- que magis dolendum est, nec innocens, sede depeillitur. Ainsi, pour Avit, Macedonius est un hérétique et un mauvais évêque. Ces idées, si étrangement fausses, il les devait sans doute à quelque monophysite venu de Constantinople à la cour burgonde, soit comme diplomate, soit autrement. C’est évidemment sur de telles informations qu’il s’est cru permis de cor- - respondre avec les évêques de Constantinople (ep. 9), de Jérusalem (ep. 20, 24) et d’Alexandrie (ep. 65), lesquels n'étaient pas dans la communion du siège apostolique. : ;

* Il lui arriva aussi de réfuter un livre de son contem porain Fauste de Riez, en protestant qu’il n’était pas de cet au-

teur, mais de Fauste le Manichéen. (Hist. anc. de l'Eglise, CUT, p. 611, n. 2). 5 |

= En dehors de ces excursions malheureuses dans les broussailles de la théologie byzantine t, Avit était pour

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mini, se ne décida pas à y renoncer lui-même. Avit sen-

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; te , ET ‘la communauté de foi entre lui et ses ressortissants

d'Agde et d'Orléans. Le pape s’était plaint et vivement

mesurer l’avantage qui résultait pour un souverain

romains: Goths de l'est et de l’ouest, Burgondes, V dales, Suèves, ces peuples conquérants et dominan: ne représentaient en somme que des bandes guerrières

que la paix, l’enracinement en terre romaine, le con-

rédiger des lois — ils se conformaient de plus en plus au genre de vie des vaincus. Fallait-il, pour des questions subtiles et des formules auxquelles on comprenait si peu de chose, maintenir entre soi et les compatriotes # que l’on {s'était donnés, les barrières, que dis-je, les hostilités si âpres dont se hérissent les frontières religieuses? Au fond, il semble qu’en des cas comme celuide Gondebaud, ce qui faisait opposition à l’exhortation ne C catholique, c'était plutôt la tradition familiale, l’attache- ee: ment aux vieux usages et une certaine fierté nationale De

qui ne se résignait pas aisément à accepter la religion des vaincus.

Gondebaud mort (516), Avit eut la satisfaction de le voir remplacé par son fils Sigismond, que, depuis quelque temps, il avait gagné à la religion catholique. Les circonstances lui parurent favorables à la tenue,

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d’une grande assemblée épiscopale, analogue à celles

de ce que les conciles ne se réunissaient plus dans le

royaume burgonde ?. Le métropolitain de Vienne s’entendit avec son collègue de Lyon et chacun d’eux convoqua ses suffragants pour une assemblée qui devait se tenir vers le commencement de septembre 517, dans la localité d'Epaone *. Nous avons encore les lettres de convocation. Pour l’évêque de Lyon, le concile était surtout un tribunal devant lequel on pouvait porter les plaintes et les procès faits aux ecclésiastiques ; son confrère de Vienne envisage plutôt l’œuvre législative qui devait en sortir. Nous n'avons aucun document de l’acti-

vité judiciaire du concile d’Epaone, mais il nous reste une

quarantaine de canons promulgués par cette assemblée. :

Bien que le roi fût catholique, il n’est nullement question de lui, soit à propos de la convocation, soit à propos des délibérations. Un seul point de sujet mixte : les églises des ariens ne doivent pas être consacrées au culte catholique. Cette décision, contraire à celle du concile d'Orléans, est motivée par l'horreur que l’on a

pour le culte célébré naguère dans ces édifices; elle

? On en tenait pourtant quelquefois : mention d’un concile de Lyon, auquel avait assisté Avit, Aviti ep, 30.

? Saint Romain d’Albon, localité dans le nord du dépar- .

tement de la Drôme; elle était alors comprise dans le diocèse de Vienne.

? L’évêque de Besançon assista au concile, mais non parmi les métropolitans. La province de Séquanie, dont Besançon était la métropole civile, semble avoir beaucoup souffert des invasions alamanes, Outre l'évêque de Besançon, elle n’envoya à Epaone que l’évêque de Windisch (Avenches, Lausanne, civitas Helvetiorum); ceux de Bâle et de la civitas Equestrium n’y figurent pas. On y trouve, en revanche un évêque de Nevers, le premier connu. On a encore les deux lettres de convocation.

dhsnaiuns :

pourrait bien s'inspirer, en outre, d’une prudence assez opportune en un temps où des retours d'opinion n’étaient pas impossibles. “

- Avit mourut peu de mois après le concile, trop tôt

pour son roi Sigismond, dont le caractère violent se fût bien trouvé d’un aussi sage modérateur. On le vit, à propos d’un mariage incestueux contracté par un de ses grands officiers, déchaîner un conflit scandaleux

avec son épiscopat. Les coupables, Etienne et Palladia, ayant été excommuniés par leur évêque, le roi in-.

tervint pour les défendre, et le conflit prit une telle

tournure que les évêques, faisant cause commune, an-

noncèrent l’intention, si le roi ne cédait pas, de se retirer dans les monastères. Cette menace de grève épiscopale obtint son effet ; le roi céda : Etienne et Palladia acceptèrent la pénitence publique *.

Comme tant de rois barbares, Sigismond était un impulsif; il commençait par faire des sottises énormes, après quoi il se repentait et demandait grâce. Pour les beaux yeux d’une marâtre *, il fit assassiner son fils Sigéric, puis s’en alla au monastère de Saint-Maurice se livrer aux exercices de la pénitence. Mais il n’échappa point à la vengeance céleste * : l’année d’après le crime

1 Je donne ici ce que le Concilium Lugdunense rapporte ou suppose sur cette affaire, en négligeant le témoignage assez suspect du biographe de saint Apollinaire de Valence.

2 Marius d’Avenches, Chronique, a. 522, 523; Greg. Tur., Hist. Franc., II, 5, 6; G1. Mart., 74.

3 Ultione divina de vestigio prosequente. Greg. Tur., Hist. Franc., III, 5.

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