‹ L'eglise au VI siecleChapitre 83 sur 105 · FL TT · texte numérisé non relu

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| | PA ne “3 (523), la guerre éclata entre Francs et Burgondes. Si- gismond, tombé aux mains de Clodomir, l’un des fils

de “'iue fut exécuté avec sa eme et ses enfants.

| des ua 5 : L'état burgonde aurait dû périr dans cette aventure; toutefois, grâce à l'appui du grand roi d'Italie, les Francs purent être renvoyés chez eux et le dermer fils de Gondebaud, Godemar, parvint à se rétablir, pas pour longtemps. Dix ans plus tard (534), les Francs reparurent. Théodoric n’était plus de ce

tigès remit aux Francs ses possessions transalpines. Depuis lors, toute la Gaule appartint aux fils de Clo:

oo d’Espagne conservèrent jusqu’au temps de Pépin le Bref. 2

Arles était toujours, dans la Gaule du sud-est, le Doonn centre 7 PAANE et Ve LS aussi, comme

1 On l’invoquait spécialement contre la fièvre. Nam, si qui nunc frigoretici in eius honore missas devote celebrant eiusque pro requie Deo offerunt oblationem, statim, compressis tremoribus, restinctis febribus, sanitati Tee. restaurantur » Greg. Tur., G1. M., 4.

? Sur ce partage, v. mes Fastes épiscopaux, t. I, p.83, n. 2. * Diocèses de Narbonne, Nîmes, Lodève, Béziers, Carcassonne, Maguelonne, Agde et Elne.

recommandables 1, A la mort d’Eone (502), pâle et ma ladif successeur de Léonce, les Arlésiens avant élu u religieux encore jeune, venu de Lérins, où il s'était

gnalé par une grande austérité et. une remarqua Le énergie. Sa familte était de Châlon-sur-Saône, en pa: burgonde, et cette circonstance lui valut, en ce te de conflits politiques, des ennuis assez graves. On :

la de lui fut attribuée, sans doute par ‘ordre du roi?. C’est lui, en tout cas, qui fut l’âme de cette |

1 Sur Césaire d’Arles, v. l'excellent livre de l’abbé A.Ma bory, Saint Césaire évêque d’ Arles, 1894. Cf. l’article de M. Paul Lejay, de même titre, dans la Revue du clergé français, t. 4 (1895).

2 On ne voit pas bien comment les las eo FL Patrocle (Hist. anc. de l’ Eglise, t. III, p. 230) et rappelés par le pape Hilaire (ibid., p. 613), auraient pu s’appliquer ici. La situation politique était complètement changée. D'autre part, Césaire n’avait pas encore reçu de Rome les pouvoirs de vicaire.

3 Si je laisse subsister ici quelque doute sur l’attribution à Césaire, ce n’est pas que je sois frappé des objections exposées dans la Revue bénédictine de 1913, p. 334 et suiv. Les S£atuta, s'ils sont de Césaire, peuvent avoir été compilés quelques années avant son épiscopat; du reste, il n’est pas interdit d'en. . faire honneur à quelque autre arlésien de son temps et de son milieu. On ne saurait attacher qu’un médiocre intérêt à une détermination plus précise.

__ traduites dans un petit code intitulé Sfatuta Ecclesiae É, antiqua, dont le concile s’inspira largement. Césaire à était en passe de devenir, pour toutes les églises du = royaume, wisigoth, en Gaule et peut-être en Espagne, on un directeur et un réformateur.

10 La guerre de Clovis dérangea ces perpectives et pe lui valut, à lui et à ses fidèles, les plus graves tribulations. Assiégée par les Francs et les Burgondes, Arles résista assez longtemps pour douner aux généraux ostro-

1 Le recueil dit ITe concile d’Arles ne peut provenir d’un concile réel; c’est une collection privée pour laquelle on a mis à contribution divers conciles de la province d’Arles, et ceci 4 ï justifie son étiquette. Il n’est pas vrai que les Sfatuta le citent (contre Maassen, Quellen, p. 391, lequel n’a pas vu que Stat., 40 et Arel., IT, 49, parlent de choses différentes, rapports civils, rapports ecclésiastiques). Il semble antérieur au concile d'Agde ; 6 on pourrait y voir une première tentative de codification, en- #4 treprise, soit par l’auteur des Sfatuta lui-même, soit par quelque Ki personne animée des mêmes préoccupations que lui. Krusch, : (M. G. Scr. merov., t. IIT, p. 440), qui, comme Maassen, veut voir ici un concile réel, en a trouvé la date, 515. Il se fonde

sur ce que le ms. de Cologne, qui contient, à la suite du Ile con-

cile de Vaison (529), une liste de signatures plus eomplète que

les autres mss. (ceux-ci omettent les signatures presbytérales), présente, après cette liste, les mots Data sub die VIII id. april. Florentio v. c. cons. Il n’a pas remarqué que cette formule ne

peut convenir qu’à une lettre (data, sous-entendu epistola), ni

que, dans tous les conciles de Césaire, la date est indiquée,

non à la fin des signatures, mais au commencement, après la signature du président, par la formule invariable Notavi sub

die... Dans le ms. de Cologne, les mots Data, etc. sont le dé-

3 bris d’un document supprimé par l’auteur du recueil ou l’un de ses copistes ; ils n’ont rien à voir, ni avec les signatures qui précèdent, ni surtout avec le Conc. Arel. II, auquel ces si- &natures ne sont rattachées que par une conjecture arbitraire.

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goths le temps d’accourir à sa défense. Ils firent lever le siège; le pays, jusqu’à la Durance, passa sous l’autorité du roi de Ravenne. Dans ces vicissitudes politiques, les Goths avaient la manie de s’en prendre lé vêque, toujours censé travailler pour les Burgondes, dont, je pense, il se souciait assez peu. Pendant le siège, il

faillit être victime de dénonciations intéressées. La paix

rétablie, de nouvelles dénonciations! se produisirent. I1 fut arrêté et conduit sous escorte jusqu’à Ravenne.

Le roi Théodoric n’eut aucune peine à reconnaître son innocence. Ce voyage, que les ennemis de l'évêque è voyaient déjà aboutir à une sentence d’exil, ne tarda pas à prendre des allures de triomphe. Comblé de pré-

sents par le roi et sa cour, il les employa aussitôt à

racheter les milliers de prisonniers -que les Ostrogoths avaient ramenés de Gaule. Ravenne s’édifia de ses vertus et de ses miracles. Avant de rentrer dans son pays, il voulut visiter Rome, où ses succès de Ravenne l’avaient

mis en grande réputation. Il vit’ le pape Symmaque, |

lui soumit diverses questions de discipline et en obtint,

avec des solutions précises, la confirmation de ses droits

1 Br. Krusch, Z. c., p. 437, note 14, se vante d’avoir découvert de quoi Césaire était accusé. C’est, dit-il, à cause de la fondation de son monastère. Le biographe dit sans donte (I, 36) que le diable était très irrité de cette fondation. Mais il y a lieu de distinguer entre les motifs du diable et ceux de la police ostrogothique. Celle-ci visait sûrement autre chose qu’une

fondation de couvent, acte innocent en soi, et que n’interdi-

sait aucune loi. Le fait que Césaire était menacé d’exil (exi- Liandus ierat, c. 43), peine capitale, montre qu’on l’inculpait d’un crime politique.

de métropolitain dans la circonscription définie par le pape Léon. Symmaque lui accorda aussi le privilège de porter le pallium romain et permit à ses dia-

__cres de revêtir la dalmatique, comme leurs collègues de Rome. C'était la première fois que le pallium romain était concédé en dehors de l'Italie !, L’année sui- ; vante, une autre lettre pontificale ? lui conféra les pou- voirs de vicaire du saint-siège, tant en Gaule qu’en Espagne. | | À prendre au pied de la lettre ces désignations géographiques l’évêque d'Arles eût acquis, comme vicaire 4 du pape, un ressort très étendu. Dans la pensée de Symmaque, il ne s'agissait sans doute que de la Pro- | vence soumise au roi de Ravenne, ainsi que de la Nar- bonnaise let de l'Espagne, dans les limites où Théo- dorie y était reconnu comme tuteur du jeune roi des Wisigohts. Du reste, on ne voit pas que Césaire ait Jamais fait usage de ces pouvoirs extraordinaires. Il se __ contenta toujours de sa juridiction métropolitaine. En- core dût-il souffrir que celle-ci s’arrêtât à la frontière burgonde, c'est à dire, pour le moment, à la Durance ; au-delà, on entrait dans le domaine d’Avit, lequel, on le voit par le concile d’Epaone, entendait que le res- sort métropolitain de Vienne coïncidât, vers le sud, avec le territoire soumis au roi des Burgondes. Césaire eut la sagesse de ne pas soulever de conflit.

1 J. 764-765 ; Vita, I, 42 Sur le per iene y. mes Origines du culte créer. ch, XI, 8 4.

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En 523 ce territoire subit une forte diminution; Théo-

doric, qui avait prêté main-forte aux Burgondes contre

une invasion franque, se rémunéra en prenant les cités comprises entre la Durance et l’Isère. Ces cités retombèrent naturellement sous l'autorité du métropolitain d'Arles. Césaire, dans son ressort agrandi, convoqua beaucoup de conciles, à Arles (524), Carpentras (527), Orange (529), Vaison (529), Marseille (533). Le concile d'Orange eut une importance particulière: on y régla définitivement les questions doctrinales relatives à la grâce.

Les controverses sur cette question, très vives au V® siècle, avaient fini par s’apaiser. Cependant quelques étincelles couvaient sous la cendre. Vers l’année 520, le livre de Fauste ! sur «la grâce de Dieu et le libre arbitre », jeté inopinément dans la querelle des moines

scythes contre les légats d'Hormisdas ?, attira l’attention

du pape, qui, sans l’apprécier autrement, déclara à ceux

qui le consultaient que cet écrit n’engageait nullement

la doctrine de l'Eglise %. L’évêque africain, Fulgence de Ruspe, augustinien déterminé, en prit connaissance et lui consacra une réfutation en sept livres {. Les discus-

. sions recommencèrent en Afrique 5 et en Gaule. Dans

ce dernier pays, les idées augustiniennes avaient gagné

1 Hist. anc. de l'Eglise, t. III, p. 612.

2 Ci-dessus, p. 62.

3 J. 850, 13 août 820.

4 Ouvrage perdu. Fulgence, Ep. XV, 19, XVI, 25.

5 Fulgence, Ad Monimum, lib. I; De veritate praedestinationis; Ep. XV.

» Ducuxsnx, L'Église au VI siècle. 83

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beaucoup de terrain. Césaire, quoique lérinien, en était

profondément imbu ! et son entourage pensait comme :

lui. Toutefois, nombre d’évêques résistaient encore, notamment dans le ressort de Vienne. À Rome, on avait,

depuis une soixantaine d'années, dressé, sans le promul-.

guer officiellement, un formulaire ? qui, pratiquement, servait de norme. Le pape Hormisdas y renvoyait les gens qui voulaient savoir à quoi s’en tenir; il les renvoyait aussi à saint Augustin et surtout à ses livres à Hilaire et Prosper, ceux peut-être où la doctrine du maître d'Hippone est exposée avec le moins de ménagements *. Ces indications toutefois manquaient un peu de précision. Il devenait indispensable que l’on sût à quoi s’en tenir sur l’enseignement authentique de l'Eglise.

C’est dans cet état des esprits que se tint le concile d'Orange. La Provence était alors administrée au nom du roi Théodoric, par le patrice Libère, « préfet du prétoire des Gaules ». Ce haut fonctionnaire avait

fait construire une basilique à Orange; à la dédicace,

* En dehors du concile d'Orange, on n’a sur la pensée de

Césaire relativement à ces questions qu’un petit traité publié

en 1896 dans la Revue bénédictine, t. XIII, p. 435. Il y répond à ceux qui demandent pourquoi Dieu donne la grâce aux uns et non aux autres. Sa réponse consiste en une série d’autres questions par lesquelles le problème est posé de plus en plus vivement, mais non résolu. Du reste, aucune mention de la prédestination, de la massa damnata, d'une limitation de la «vo-

lonté salvifique » de Dieu. Césaire pense comme Augustin, mais

s’interdit certains outrances.

? Hist. anc. de l'Eglise, t. III, p. 285.

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