‹ L'eglise au VI siecleChapitre 85 sur 105 · AT ENTER · texte numérisé non relu

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térature, si ce terme est vraiment de mise pour un homme si détaché de toute prétention littéraire, la première place est occupée par ses homélies. Car il préchaïit sans cesse, à la ‘ville! et à la campagne, dans ses incessantes tournées pastorales; il prêchait simplement en un langage naturel et digne. Prêcher, c'était son devoir d’évêque. Mais il entendait que les prêtres aussi s’acquittassent de ce ministère, L'usage, il est vrai, était contraire, et surtout l'usage romain. Mais Césaire se crut en droit de le corriger. Comme du reste ce que l’on redoutait dans la prédication presbytérale, c'était le défaut d'expérience des orateurs, Césaire résolut cette objection en formant des recueils de sermons, dans lesquels, avec ses propres homélies, celles de saint Augustin ? avaient une large place. Si le prêtre était incapable ou empêché, il pouvait toujours lire ou faire lire un homélie du recueil 5. Le bon -

ordre du culte le préoccupait grandement. - Tous ses,

* Les Arlésiens du temps de Césaire n’avaient pas perdu l'habitude signalée un siècle plus tôt (Hist. anc. de l'Eglise, t. III, p. 591) de s’esquiver de l’église au moment du sermon (Vita Caes., I, 27).

? C’est ce qui fait que la plupart des sermons dé saint Césaire nous sont parvenus sous le nom de saint Augustin. Toutefois la différence de style empêche de s’y tromper. Voir surtout les sermons dits de Tempore. .

* « Césaire n’ignore pas que les lettrés sont en petit nombre dans la foule et prend le langage simple de tous, langage clair et sans ornements, mais aussi correct que celui des écrivains contemporains, langage dont la simplicité est une élégance et le préserve des défauts les plus ordinaires à son époque ». Paul Lejay, Revue biblique, oct. 1895, p. 606.

4 conciles, depuis celui d'Agde, en témoignent. Ce n’est pas seulement le bon ordre qu’il voulait, c'était l’uni-

formité.

Un évêque aussi zélé, qui s'était formé dans les dis-

. ciplines Fe ne pouvait manquer de s'intéresser

. rins. Un de ses premiers soins, quand il fut devenu

Le rm fe

aux monastères. Nous avons de lui une règle pour les

monastères d'hommes; elle reproduit, sans doute avec

quelques adaptations ou compléments, l’usage de Lé-

évêque, fut de fonder à Arles un monastère de femmes, dont il donna la direction à sa sœur Casarie, puis, après la mort de celle-ci, à sa nièce Césarie. Grande était

sa paternelle sollicitude pour ce groupe choisi. Le pre- à

mier domicile de ces saintes filles était suburbain ; il fut dévasté lors du siège de 508. L'orage passé, Cé-

saire transporta sa fondation en ville, non loin de l’é-

glise cathédrale ? de Saint-Etienne. Pour lui procurer

de quoi vivre, il s'était cru autorisé à aliéner quelques

terres de son église, sé mettant ainsi en contravention avec la défense absolue d’aliéner les immeubles ecclé-

siastiques qui prévalait en ce moment à Rome *?. Cette

1 Actuellement Saint-Trophime. Du monastère de Saint-J' ean,

plus tard de Saint-Césaire, il reste quelques débris. Une autre

église, sous le vocable de Sainte-Marie (la Major), fut construite

aussi par Césaire pour abriter la sépulture des religieuses et la

sienne:

2 Le concile romain de 502 n'avait légiféré que pour Rome.

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