‹ L'eglise au VI siecleChapitre 86 sur 105 · EL · texte numérisé non relu

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Huius autem constitutionis legem in apostolica tantum volumus sede servari, universis ecclesiis per provincias secundum anima-

rum considerationem quam proposito religionis convenire rectores earum viderint, more servato (c. 8). Le roi Théodoric, il est vrai,

circonstance lui valut de grands ennuis 1. Pour cette chère communauté, il dressa un petit code de règles, plusieurs fois retouchées par lui. Plus encore que la règle des couvents d'hommes, celle des religieuses arlésiennes se répandit en Gaule. Peu de temps après Césaire, sainte Radegonde l’introduisait dans son monastère de Poitiers.

Il faut attacher une grande importance à cette réglementation de la vie des religieux. A ceux-ci et à

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avait, par sa lettre du 11 novembre 507 au sénat romain, étendu cette disposition à toutes les églises: «ut nulli fas sit ecclesiae cuiuslibet antistiti sub qualibet alienatione de proprietate contractus». Quelle était la valeur ecclésiastique de cette ordonnance royale? Est-il bien sûr que les aliénations de Césaire ne lui soient pas antérieures, ou même qu’elle ait été promulguée à Arles? Au moment de sa promulgation à Rome et à Ravenne, Arles n’était pas encore au pouvoir de Théodoric.

? Il chercha à faire légaliser cela par le pape Symmaque et n’y réussit qu’à moitié (J. 164); Hormisdas (J. 864) fut plus facile, mais avec des réserves pour que la concession ne passât pas en exemple. Jusqu’à la fin, Césaire eut des craintes à cet égard ; on le voit par son testament, pièce authentique au fond, mais incomplètement et incorrectement transmise, dont il convient de n’user qu’avec précaution. En 535, Césaire sollicita du pape Agapit une autre autorisation d’aliéner, relative, ce semble, à une fondation différente du monastère de Césarie (quae alimoniis proficiant Pauperum) ; mais Agapit se retrancha derrière le concile romain et refusa. Au fond, la cause de Césaire était mal fondée. En droit, le bien d'Eglise appartient à la communauté des fidèles et non pas à un groupe, fût-il une élite. Le saint évêque, à la vérité, faisait ici entrer en ligne de compte le bien que l’église locale retirait de l'édification donnée par le monastère et des prières de ses membres; mais

ce sont là des choses difficiles à évaluer dans la comptabilité commune.

leurs groupements un grand rôle était réservé dans Ar les siècles qui allaient suivre, siècles de luttes entre + l'esprit et la force brutale. Appelés à être au milieu de la barbarie NDDERte les représentants les co “5 en vue de la discipline chrétienne, il convenait qu'ils

se disciplinassent et n’égarassent pas dans lé éparpil

lement la force qu’ils tenaient de leur élan originaire.

Jusqu'à Césaire, les communautés les mieux réglées,

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celles de Vienne, du Jura, de Lérins, n'avaient vécu que sur des coutumes, sans législation écrite. En dehors Le d’elles, nombreuses étaient les fondations peu solides, éphémères, qui ne survivaient guère à la première fer-

veur; nombreux aussi les moines indisciplinés, rebel-

les à la vie réglée et à l’obéissance, plus propres, par , k M leurs extravagances et leurs désordres même, à discré diter leur profession qu’à la recommander. À tout ce monde Césaire inculque avec vigueur la stabilité, la clôture, la pauvreté, la vie commune. M Dre #'à

Le saint évêque mourut le 27 août 542. En 534, le royaume burgonde ayant été supprimé, il avait vu

les Francs s'étendre jusqu’à sa province métropolitaine. C’est Childebert qui régnait de ce côté. Le ressort / 008 d'Arles s'agrandit encore deux ans plus tard, quand >

Vitigès céda aux Francs ses possessions transalpines; alors son domaine comprit toutes les cités entre le Rhône, les Alpes et la mer!.

1 Krusch, Z. c., p. 443, prétend que Théodebert avait régné 4 à Arles avant Childebert. Le texte de Grégoire de Tours (Hist. Franc., II, 28).auquel il se réfère ne le dit nullement; ilestdu

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__ nait un espace immense. Les Pyrénées et la Méditerranée (sauf l’enclave de Septimanie) formaient sa fron- tière au sud, l’Océan à l’ouest; au nord il n’était séparé de la mer que par les pays frisons et saxons; à l’est il s'était rattaché tous les cantons germaniques de Hesse, de Franconie, de Thuringe, d’Alémannie, __ de Bavière, jusqu’à la limite des régions occupées par les tribus slaves, masse incohérente encore et dépourvue d'organisation politique. Il s’en faut bien que sur ce vaste domaine vécût une population homogène. A l’est, surtout au-delà du Rhin, l'élément germanique, à peine

dans sa barbarie traditionnelle. Tout ou presque tout était à faire pour amener ces populations aux façons + de vivre, de croire et de concevoir auxquelles l’empire avait habitué la Gaule. Le centre de rayonnement

Reims, puis à Metz. La frontière occidentale de leur état variait suivant les vicissitudes des guerres et des | partages; mais ils avaient en Aquitaine et en Provence,

reste engagé dans un récit légendaire et relatif à un temps et à des pays que Grégoire connaissait peu. Il est remarquable qu’il ne prononce jamais le nom de saint Césaire, si ce n’est à propos de la sédition des religieuses de Poitiers ; et encore il ne | fait que reproduire des documents où ce nom était consigné CU 54 comme celui de l’auteur de la règle des couvents de femmes (Hist.

- Franc., IX, 40; cf. 89, 42). Fauste ne lui est pasmoins inconnu.

à Dans l’étendue qu'il atteignit par les arrangements

tages de famille entre les rois mérovingiens, compre-

était la cour des rois austrasiens, établie d’abord à :

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À | ROUTE D QE RO ER ie ARE TRES L'EGLISE DANS LA GAULE FRANQUE b23 fs

” des annexes, qui, par le Poitou, les faisaient riverains de l'Atlantique, en même temps que, par l'Auvergne et Uzès, ils étaient reliés au grand port de Marseille, | Grâce à ces appendices, un peu de civilisation romaine circulait encore en Austrasie et luttait faiblement contre

l’énorme poussée de la barbarie germanique. Il fallut Se

du temps pour que la lumière venue d'Occident eût LS

raison de ces ténèbres. ne.

} L'Occident, c'était l’ancienne Gaule romaine. Sauf dans la région septentrionale, les invasions et l’établis-

__ sement des barbares n'avaient pas fait de ruines irréparables, À la place de l’empire et de ses hauts fonc-. tionnaires, les rois francs présidaient un gouvernement. Il n’y avait plus de provinces, ni de diocèses administratifs, ni de « conciles » des cités. Mais les cités ellesmêmes subsistaient, avec leurs territoires délimités comme par le passé: il était rare qu’elles fussent démembrées dans les partages. De leurs curies municipales, il ne restait guère que des bureaux d’enregistrement; l’autorité y était aux mains d’un comte, repré-

sentant du roi, et de l’évêque, représentant de l'Eglise. Sauf certaines régions du midi où la civilisation romaine avait des racines plus profondes, c’est l’évêque | et son clergé qui maintenaient des mœurs d’autrefois ce qui pouvait en être sauvé, et le défendaient tant bien que mal contre les progrès de la rusticité et de la barbarie. La « rusticité » avait toujours été très forte # en Gaule, grâce à l’habitude des gens riches de vivre sur leurs terres en chasseurs et en agriculteurs. Re-

crutée maintenant dans une large mesure par les barbares établis, cette catégorie de propriétaires laissait de plus en plus déchoir les traditions de l'antique urbanité. Les villes, devenues très petites, serrées qu’elles étaient dans les enceintes élevées au moment des premières invasions, ne contenaient guère que des artisans, des employés, des marchands; le clergé y formait une sorte d’aristocratie. C'était peu. Les études se réduisaient à peu près à rien, la langue dépérissait: la ville parlait comme la campagne, c’est à dire mal. Avit est le dernier évêque qui ait écrit en bonne langue, en trop bonne langue même, car son afféterie le rend obscur.

En Italie, la décadence avait été moins rapide. Un clerc de ce pays, Venantius Fortunatus, que les circonstances avaient amené à la cour d’Austrasie, y composa beaucoup de poésies en l'honneur des souverains francs et des évêques les plus en vue. En même temps il écrivait en prose la vie des saints auxquels on s’intéressait dans son entourage et dans celui de la reine Radegonde. Celle-ci, élevée à la cour de Thuringe, puis, après le désastre de ce royaume, mariée au vainqueur, Clotaire fils de Clovis, se retira du monde et fonda, à Poitiers, le fameux monastère de Sainte-Croix, sous la règle de saint Césaire. Singulière destinée que celle de cette grande dame, transplantée de la plus lointaine Germanie dans les régions occidentales de la Gaule Pour ÿ protéger, en la personne d’un clerc italien, les dernières inspirations de la muse latine, en même temps que, sous la direction morale d’un évêque de Provence,

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elle y cultivait les fleurs austères de l’ascétisme chrétien. L’évêque de Tours, Grégoire, contemporain de For- Se tunat, avait lu Virgile, quelques pages de Salluste, ce Prudence, Sulpice Sévère, Sidoine Apollinaire. Mais aussi désireux d’être compris de ses lecteurs que Cé- S saire l'était de se tenir à la portée de ses auditeurs, écrivant pour un public plus large que les cercles où 4

brillait Fortunat, il ne cultiva guère le style ni la

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