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ANS LA GAULE FRANQUE HET ET

Mais ce qui était possible en territoire byzantin ne

l'était pas en pays franc. Les lois impériales sur les quelles se fondait ce procédé de coercition, n'avaient. pas été admises dans la Lex Romana Wisigothorum *: cette exclusion se rattachait à tout un ensemble de rap / ports créés par la disparition de l’empire. Les royaumes

francs n'étaient pas en mauvais termes avec les souve- La

rains de Constantinople ; ceux-ci persistèrent longtemps à se représenter les barbares transalpins comme des alliés possibles contre les envahisseurs de l’Italie, Goths et Lombards. Toutefois, dans les rapports ordinaires, | È les Francs se montraient fort soupçonneux. Les guerres de reconquête entreprises par Justinien en Afrique, en. Italie et jusqu’en Espagne, donnaient à penser; l’'aven- ‘ ture de Gtondovald parut avoir des attenances byzantines. | Saint Grégoire, qui était la prudence même, s'ac- | commodait aux circonstances, Il tirait parti de ses relations arlésiennes pour protester contre les abus qui parvenaient à sa connaissance; la mission an glaise entraîna des allées et venues de messagers et des rapports suivis tant avec la cour de Brunehaut qu'avec les évêques de ses deux royaumes. Grégoire sut en profiter. C’est ainsi qu’on le voit réprimander les évêqnes d'Arles et de Marseille, Virgile et Théodore, qui baptisaient les juifs de force ? ; l'évêque Se-

renus, successeur de Théodore, qui, sous prétexte qu’on

1 Hist. anc. de l'Eglise, t. III, p. 596.

3 Reg., I, 45.

: CHAPITRE x.

ne doit pas «adorer» les images, brisait celles qui

décoraient ses églises et privait ainsi le peuple d’un moyen d'instruction religieuse !; Didier, évêque de Vienne, qui mettait obstacle à certaines vocations monastiques et passait son temps à enseigner la gram-

| maire?.

Ca

Mais il y avait des abus plus graves et contre les- __ quels les admonestations pontificales se trouvaient in- suffisantes. Le choix des évêques, tombé de fait entre les mains du roi et de ses conseillers, donnait lieu demi. puis longtemps aux critiques de tout ce qu’il y avait : de sérieux dans l’épiscopat franc. Les conciles reve- naïent sans cesse sur ce point, sans réussir à obtenir autre chose que des promesses. Grégoire entreprit de venir en aide aux bonnes volontés locales, s’ingénia à

: persuader la cour de la nécessité d’une réforme, et, pour l’accomplir, de l'efficacité d’un grand concile na- tional. Pour cette fin il mit en œuvre la bonne volonté spéciale de l’évêque d'Autun, Syagrius, favori de Brunehaut et, comme tel, d’uné influence bien supérieure | à celle des métropolitains. Syagrius ? avait grandement se aidé la mission envoyée par le pape en Angleterre. Gréà goire reconnaissant, lui accorda les honneurs du pallium, à condition toutefois qu’il obtiendrait la réunion du concile. Le pape espérait beaucoup de cette assem-

* Reg., IX, 208; XI, 10. Il y avait aussi d’autres griefs contre

ce Serenus. | * Reg., IX, 154; XI, 84.

? Reg., IX, 222.

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