‹ L'eglise au VI siecleChapitre 92 sur 105 · FORT T · texte numérisé non relu

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maître unique de tout le royaume des Francs (613); Brunehaut et son petit-fils étaient morts. On pensa au saint exilé; Eustase, qu’on lui avait donné pour successeur à Luxeuil, vint à Bobbio lui apporter ses insistances et celles du roi. Il ne voulut point entendre parler de retour. Du reste, sa carrière était termi

Le 23 novembre 615, le prophète d’Erin rendit à Dieu

son âme ardente. De cette ardeur procédaient directement deux foyers : Luxeuil et Bobbio. Celui-ci ne semble pas avoir beaucoup rayonné en dehors de ses environs immédiats. Sous la directiou des abbés Attala (615-627) et Bertulfe (627-640), il devint un établissement monastique sérieux, mais isolé. Comme ailleurs, il fallut ici lutter contre l’opposition du clergé local. Mais l’abbé Bertulfe fit le voyage de Rome et obtint du pape Honorius un privilège qui l’exemptait par rapport à l'autorité diocésaine et le plaçait sous l’autorité directe du pape.

Luxeuil eut de bien autres succès. Colomban parti pour l'exil, les moines l’avaient remplacé par Eustase

… (f 629), auquel plus tard succéda Waldebert (f 670). Alors

commencèrent les missions en Alémannie et en Bavière; alors se répandit dans tout le nord et l’est de la France, et jusqu’en Aquitaine, l'attrait de la discipline monacale suivant la traditiou scotique. Rebais, Jouarre, Solignac, bien d’autres monastères d'hommes

et de femmes se constituaient dans l'esprit de Colum-

ban, esprit de ferveur intérieure, esprit de défiance à ,2 # SN "1 . .

l'égard d’un clergé mondanisé. On élimina les particularités qui avaient suscité de justes critiques. On cessa

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pascal d'Irlande ; la règle de Columban avait besoin

d’être complétée, car elle ne contenait que des préceptes

généraux sur la vie religieuse et des tarifs de péni-

de la vie conventuelle, s’était abstenu de légiférer sur

ce point. On le suppléa en accouplant à sa règle celle …

tence pour les infractions aux règlements du monas-

de s’intéresser aux Trois Chapitres et même au comput

de saint Benoît, conservée à Rome après la destruction

du Mont-Cassin. Nombre de chartes de fondation por- 1

tent que la communauté vivra sous la règle de saint

tique, des règlements aussi dissemblables d’esprit et

de teneur parvenaient-ils à s’accorder, c’est ce que nous”

concevons mal. Du reste Benoît, autrement sage et pondéré, ne tarda pas trop à éliminer Columban. Dès

la fin du VIT siècle il n’est plus question de celui-ci.

Toutefois, outre le renouveau de ferveur monacale

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Columban et de saint Benoît. Comment, dans la pra

et l’édification qui en résultait, la population séculière

trouva dans les monastères colombaniens une direction

que, à l’exemple des Scots et de leurs disciples, on se

mit à pratiquer.la confession fréquente. Leurs règles

par jour. On n’en demanda pas autant aux fidèles ; mais

comme, en Irlande, on avait dès longtemps laissé tomber

toutes les solennités extérieures de la pénitence et toutes les conséquences qu’elle entraînait dans la vie civile,

religieuse qui commençait à lui manquer. C’est alors

obligeaient les moines à se confesser deux et trois fois

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