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quer eux qui con rnent le symbole de Rimini # le n.. (libellum detestabilem) publié par Vassem blée de Tolède en 580.
__ Ces rétractations et déclarations furent un par huit évêques ariens, par les prêtres et les diacres ralliés SN avec eux et par six représentants de l’aristocratie laïque. Sur les huit évêques, quatre, ceux de Viseu, Tuy, Lugo et Porto, avaient leurs sièges dans l’ancien royaume … suève, les autres venaient de Barcelone, Tortose, Va lence et Palencia !. ‘ Le roi demanda au concile de prescrire la réci- 1 2.0 du Credo à la messe, avant la communion, «selon l’usage des pays d’Orient » ; l’assemblée accepta + cette idée et promulga en plus une série de vingt-trois canons disciplinaires. Enfin les actes furent signés par
… les évêques, tant catholiques de la veille qu’ariens con-
vertis: ceux-ci confondus avec les autres, à leur rang
d'ancienneté. Masona, métropolitain de Mérida, signa j
i le premier, après le roi; on sait SAIS que le rôle 3 le plus important, en cette affaire, échut à | Léandre
de Séville, lequel prononça le discours de Ra
Reconnus comme évêques légitimes ?, les huits pré ja
lats goths continuèrent d’exercer leur ministère auprès
1: Nous ne savons pas combien il y avait d'évêques ariens dans le royaume wisigothique. Toutefois, il est difficile que, depuis Léovigild au moins, il n’y en ait pas eu un par cité. Les convertis ont bien l'air de ne représenter qu’une faible prie de ce personnel. /
2 Les documents du concile de 589 sont muets sur les conditions rituelles de cette légitimation. Grégoire de Tours men-
Decansne, L'Église au VI siècle. 37
27e: 4 CHAPITRE XIV.
de leurs anciens ressortissants ; il y eut ainsi, pendant quelque temps et dans quelques localités, deux évêques en fonction. Le temps arrangea cette irrégularité, tout comme il eut raison de ce qui pouvait survivre d’oppositions personnelles. En somme, l’union religieuse était faite. C'était un très grand pas vers l’assimilation complète des Goths et des « Romains» leurs sujets. Cette assimilation, on y tendait depuis longtemps, par des voies diverses. Il y avait près de deux siècles que l’on vivait ensemble: les brutalités de la conquête étaient oubliées; de moins en moins, on comprenait certaines barrières, comme l'interdiction de se marier entre personnes de race différente, ou encore la diversité et la personnalité des lois. Léovigild avait, il est vrai, remis à neuf le code d’Euric, loi du peuple conquérant,; mais il avait lui-même édicté des lois qui 4 obligeaient à la fois les deux races; ses successeurs ” l’imitèrent et l’on finit par en venir à substituer, tant
à la législation d'Euric qu’à celle du Bréviaire d’A-
- laric IT, un code nouveau et unique, le Liber ludiciorum
du roi Receswinthe (654), remanié plus tard (681) par
le roi Erwige.
tionne la «chrismation » du roi Reccarède. C’est l’expression dont il se sert constamment quand il parle d’ariens convertis au catholicisme. Des évêques et autres clercs il ne dit mot, mais nous voyons par le concile de Saragosse, tenu en 592, que les clercs ariens, s’ils continuaient à exercer leur ministère, etaient soumis à la réordination. C'était aussi la pratique franque (concile d'Orléans de 511, c. 10). Sur ce sujet, voir Saltet, es réordinations, p. 78.
LM
Fa L'EGLISE D’ESPAGNE 549.
À cette assimilation législative, l'Eglise contribua fortement par ses conciles, dont les décrets ne tenaient jamais compte de la race et obligeaient tout le monde. Ces réunions épiscopales acquirent en Espagne une autorité qu’elles n'avaient pas ailleurs. Le gouvernement s’'appuyait ouvertement sur le clergé, non seulement pour propager dans le domaine des relations civiles la
fusion obtenue sur le terrain religieux, mais, d’une façon générale, pour la bonne administration du pays. Leur tenue était régulière; elle s’effectuait tous les ans à date fixe, par provinces ecclésiastiques, Tolède, Séville, Mérida, Braga, Tarragone, Narbonne. Tous les évêques de la province étaient tenus d’y assister ou de s’y faire représenter. Et non seulement les évêques, mais les fonctionnaires de l'Etat et les administrateurs
Res domaines royaux. On y légiférait peu, cette tâche
étant plus spécialement dévolue aux grands conciles nationaux; mais on y contrôlait les actes des autorités locales, tant civiles qu’ecclésiastiques ; on y jugeait en première instance ou en appel les litiges qu’ils soule-
1 Conciles provinciaux dont le texte s’est conservé: Nar- |
bonne (589), Séville I (590), Saragosse IT (592), Tolède (597), Huesca (598), Barcelone IT (599), Tolède (610), Egara (614), Séville II (619), Mérida (666), Tolède XI (675), Braga LIT (675), Tolède XIV (684), Saragosse III (692). Les trois premiers se sont tenus aussitôt après le grand concile national de 589 et en exécution de ses décrets; les autres se placent presque tous dans les intervalles 589-633 et 656-681, où l’on n’a point tenu de conciles nationaux. Cette circonstance explique comment ils ont eu quelques canons à édicter et pourquoi, par suite, leur texte s’est conservé.
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‘qu un résumé des affaires qui lui furent soumises et qu il décida. r:
Di etueonp pi rares étaient les grands Me na-
es or extraordinaires, sans aucune périodil ‘ pus Après Gen de Ke pis (589) il se pee qua-
50 semblable (IV* concile de Tolède, 633). C'étaient Je plus souvent des nécessités politiques qui motivaient | la convocation. Dans l'état wisigothique, la dignité Dane était, de droit, élective ; de là de perpétuels con- Fa flits entre le droit traditionnel et l'appétit héréditaire.
surer à sa descendance; ceux dont l’ambition personae. nelle était ainsi contrariée, réclamaient l'élection. La d ci civile éclatait. rh Qu le nouvel se espa-
tags. Quand une fois, par NP RUE ou des com-
n bats, un prétendant s'était assuré le pouvoir de fait,
il jugeait indispensable de se faire légitimer par l’au- 0 . torité religieuse. Les évêques consacraient les coups
1 Conciles nationaux, tous tenus à Tolède : 589 (ID), 633 (IV), 636 (V), 638 (VI), 646 (VID, 653 (VIIL), 666 (X), 681 (XIL), 688 (XIII), 688 (XV), 693 (XVI), 694 (XVII), 702 (XVIIT). De 1 ce Eu les actes ne sont pas conservés.
liaires ; les «actes» de ce concile ne sont autre chose
Une fois parvenu au pouvoir, le roi cherchait à l’as-
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Ki ÿ Ÿ | À
a oixante-quinze canons ini présente une im portance spéciale.
1e assemblées étaient convoqnées par le roi; il
la noblesse. Un grand nombre de décrets étaient rent À sur sa proposition. La session terminée, il confirmait ; ce qui s'était fait: les canons du concile devenaient loi +4 de l'Etat. Cependant cette intervention, de l'autorité publique n’enlevait pas aux conciles leur caractère d’as- où Doté ecclésiastiques. Le roi assistait, mais ce n’est pas lui qui légiférait ou qui jugeait: les ER du : le concile étaient de véritables lois de l'Eglise, émanant ; : de ses | chofs FEES: la senouon ue. Fe Fu +
obligatoire; elles l'avaient par ellesmêmes, | pr D 6 |
Peu après le quatrième concile de Tolède, qui avait + | édicté beaucoup de règles disciplinaires, on sentit le bosoin d’un code canonique approprié aux circonstances nouvelles. Depuis longtemps il y avait, en Espagne comme en Gaule, des recueils de canons conciliaires,
grecs, africains, gallicans, espagnols, auxquels s’adjoignaient les décrétales des papes. La collection officielle appelée Hispana les remplaça toutes et fut adoptée par
toutes les églises, et successivement enrichie des conciles nouveaux. C’est ce recueil qui fut adopté au IX° siècle par le pseudo-lsidore comme cadre de sa législation falsifiée ; il parvint ainsi à une immense fortune.
À l'unité de législation se joignit l'unité liturgi-
: que. De bonne heure les conciles provinciaux l'avaient
réclamée pour leurs ressorts respectifs. Peu à peu l'usage de Tolède s’introduisit partout. C’est l’usage mozarabe, celui dont témoignent les plus anciens livres, postérieurs à la conquête musulmane. Par ses origines cette liturgie se rattachait à celle qui était observée en Gaule et à Milan.
Les frontières avaient fini par s'établir telles qu’on le souhaitait; à l’intérieur l'unité se renforçait. L'Eglise s’en ressentait. Appuyée fortement sur l’organisation séculière, elle participait à ses tendances centralisatrices et autoritaires. Comme toujours, elle payait de son indépendance les avantages qu’elle tirait de la faveur gouvernementale. Mais la dépendance était réciproque. Quand ils avaient besoin de l'Eglise, les princes wisigoths s’inclinaient très bas devant elle.
De ces rapports assez compliqués naquit, pour les évêques de Tolède, une situation hors ligne au milieu de l’épiscopat d’Espagne.
Tolède, on l’a vu plus haut, était déjà, au VI° siècle, une métropole ecclésiastique, substituée à celle de Car- . thagène. Au concile de 589, l’évêque de Tolède signe encore comme metropolitanus provinciae Carpetaniae, mais
en 636, il se dit métropolitain de la province Carthagi-
A 4 3 \ = ete : ons nensis: Carthagène, reprise enfin, a été définitivement
L ° G r ]:° Li A détruite, et le roi Gundemar, par un édit que les évêques
ont approuvé, a transféré (610) la métropole à Tolède. En 643, apparaît la formule regiae urbis metropolitanus episcopus ; le métropolitain de la cité royale a désor-
mais le pas sur tous les autres; il a trop d’affaires pour
n'être pas débordé; aussi ses suffragants s’entendent-ils
pour faire auprès de lui, chacun à son tour, un service d'assistance, comme cela se fait à Rome, à Ravenne, à Antioche et autre part. Mais ce qu’il y a de plus important en ce genre de privilèges, c’est le droit à lui solennellement reconnu (681): d'intervenir dans
de nomination des évêques, de tous les évêques du
royaume, et non pas de ses seuls suffragants. Sur ce
point des explications sont nécessaires.
Une fois convertis, les rois wisigoths, comme leurs collègues francs, ne tardèrent pas à s’attribuer le choix des évêques. Ils ne pouvaient guère y procéder sans consulter le métropolitain de Tolède, qui vivait en quelque sorte dans leur intimité. Le choix fait, avec ou sans cet avis, il restait à vérifier les qualités du candidat et à le consacrer. Si le choix de la personne avait été, par le passé, entre les mains du clergé et du peuple de l’église à pourvoir, la vérification des aptitudes et la consécration n'avaient jamais cessé d’être l'affaire du métropolitain. Au XIT° concile de
1 Conc. Tol. XII, c. 6.
due
ré
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10 eme désormais l'affaire du ao la capitale. Celui-ci n’était plus seulement le président, le chef ordinaire et agissant, de
tout l'épiscopat es-.
pagnol: à lui était déférée la mission de le recruter, de concert avec le g ivernement royal.
= Ainsi pourvue d'une TR provinciale et interprovinciale, modelée et appuyée sur l'organisation | ivile, nantie d’une législation canonique et d’un coutumier liturgique uniformes; présidée enfin par un fu chef t unique qui concentrait en ses mains toute l’action dr et la direction religieuse, l'Eglise d’Espagne offrait le | | type accompli de l'Eglise autonome et nationale, non pas à la façon de Byzance, où l’empereur est maître dans l'Eglise ; dans le royaume wisigoth, c’est plutôt in l'Eglise qui est maîtresse dans l'Etat, ou du moins qui . y exerce la plus grande influence. | Ï n’est pas étonnant que de cette MA Le la | conscience que lon en avait et de la fierté qu’elle inspirait, il soit sorti quelques tendances qui auraient pu, en s’accentuant, offrir des dangers pour l’union | catholique. Les Espagnols, comme les Irlandais, étaient | au bout du monde. Encore les Irlandais, s'ils étaient | loin de Rome, n’étaient-ils pas brouillés avec. Ü 1pire 4 grec, ni menacés par ses flottes. Pour les enable la situation était plus compliquée. Pour donner une idée de ce que pouvaient être leurs A avec le saint-siège, je veux rapporter ce qui se passa
après le concile de 589, celui de la conversion.
déni rh ne 5 nl done be one nus
Un tel événement ne pouvait manquer d’être notifié au siège apostolique. Il le fut en effet, mais on n’y mit aucun empressement; quand on se. décida, trois ans après le concile 1, au lieu d’envoyer une ambassade à grand appareil, on députa quelques moines, avec des présents. Les voyageurs prirent la voie de mer, mais leur navire ayant fait des avaries sur la côte de Provence, ils furent tellement effrayés qu’ils rebroussèrent chemin et rentrèrent en Espagne; les présents seuls arrivèrent à Rome. Quelques années après, le pape ayant envoyé un prêtre à Malaga, en territoire byzantin, la cour de Tolède saisit l’occasion, et c’est ainsi qu’en l’année 599, dix ans après le concile, le pape saint Grégoire se trouva en situation d'offrir ses félicitations au roi Reccarède ?.
On voit par cet exemple combien difficiles étaient les communications entre Rome et l'Espagne wisigothique. Quand on ne se risquait pas sur la mer, il fallait passer par le territoire franc, dont la double frontière, du côté des Wisigoths et du côté des Lombards, était sévèrement gardée. Le territoire byzantin, que l’on atteignait ensuite, était et demeura longtemps un pays ennemi. Tout cela est vrai; pourtant il semble que si l’on y avait tenu davantage, il eût été possible
1 Il s’agit ici de la notification officielle : l’évêque Léandre n’avait pas manqué d’informer le pape dès le premier moment, (Reg. Greg. M., I, 41).
2 Lettre de Reccarède, Reg. Greg. M., 227 a; réponse de saint Grégoire, IX, 228; lettre du même à Léandre, IX, 227.
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