‹ L'eglise aux tournants de l'histoireChapitre 15 sur 18 · I. DANTE, Purgatorio, XX · texte numérisé non relu

I. DANTE, Purgatorio, XX

portée et pour leur faire dire souvent le contraire de leur sens; en un mot, ils ont entassé sur la mémoire de Boniface VIII un tel amas de mensonges et de calomnies, qu'après cinq siècles on n’est pas encore parvenu à déblayer entièrement le terrain de l’histoire.

L'heure de la justice a sonné toutefois.

Depuis que l’absolutisme royal, vaincu à son tour, n’a plus à son service les plumes impures de ses adulateurs, ce sont les historiens français eux-mêmes qui reconnaissent aujourd’hui combien leurs rois ont travesti la vérité dans un temps où il y avait profit à la défigurer. Ils avouent aussi que, dans ce drame retentissant, l'agression ne venait pas de la papauté, qui se bornaïit à défendre des positions séculaires, mais du pouvoir royal, qui, armé des théories du césarisme, poursuivait le renversement d’un régime politique basé sur l’unité religieuse du monde et sur le pouvoir indirect des souverains pontifes. « Boniface VIII, écrit M. Boutaric dans un livre célèbre, ne porta pas sur la chaire de saint Pierre des prétentions nouvelles : sa politique vis-à-vis des princes étrangers fut celle de ses prédécesseurs 1. » Mais nul ne dira que la politique de Philippe le Bel fut celle de

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