J. DE NiKior, p. tun
les Grecs, au dire d'un contemporain \ avaient profané l'Eglise par une doctrine corrompue, renouvelé tous les crimes et toutes les violences des ariens, dépassé en cruauté païens et barbares, les Coptes, « qui n'avaient pas trouvé de pareils malfaiteurs parmi les adorateurs des fausses divinités », se tournèrent contre eux et prêtèrent main-forte à l'envahisseur 2. Il y eut, reconnaissons-le, de l'hésitation, et deux partis se formèrent, dont l'un favorable aux Byzantins et l'autre aux Musulmans ^. Mais ce dernier, après la journée d'Héliopolis, alla sans cesse en faisant des recrues, et l'on vit successivement les milices égyptiennes refuser de combattre, les hobereaux indigènes se presser dans les rangs des infidèles, les gens du Fayoûm se rendre en égorgeant les garnisons grecques, trois fonctionnaires chrétiens administrer les trois Égyptes au nom du vainqueur, les apostasies en faveur de Mahomet se multiplier''.
Amrou reconnut ces services. 11 n'arrêta pas les œuvres de destruction et de mort agréables à ses soldats, il n'hésita pas à doubler et bientôt même à tripler les impôts ^, mais enfin il marqua plus de sympathie aux Coptes qu'aux Melkites. Ceux-ci, à qui la mort avait ravi Cyrus le 10 avril 643, s'étaient donné Pierre comme pasteur au mois de juillet. Quand les troupes impériales évacuèrent Alexandrie, le 29 septembre, force fut au nouveau patriarche de quitter la ville. Benjamin, au contraire, y entra dans les bagages du conquérant et il reçut aussitôt le Kaisarion, basilique patriarcale des Alexandrins ^. C'était l'Église