J. DE NiKIOL-, p
A L'APPARITION DE LICONOCLASME. 153
copte reconnue par les Musulmans, et l'Église melkite proscrite.
§ 7. — Les patriarcats xnelkites.
La proscription, il est vrai, ne fut pas absolue. Soit habileté politique, soit nécessité commerciale, les Musulmans eurent à cœur de ne pas inquiéter la colonie grecque restée à Alexandrie et ils ne la forcèrent point de communiquer avec les monophysites. Cette colonie dépendit tout d'abord du patriarche Pierre, réfugié sur le Bosphore. En 651, Pierre étant mort, nul ne songea à lui donner de successeur, mais il fut créé un vicariat patriarcal dont le titulaire, un simple prêtre, fit de fréquentes apparitions à Constantinople. C'est du moins par suite de leur présence aux conciles de la capitale byzantine que l'on connaît deux de ces vicaires patriarcaux : le prêtre Théodore en 662 ^ , le prêtre Pierre en 680-681 ^ et peut-être aussi en 691 ^. L'épiscopat chalcédonien s'évanouit, en même temps que le patriarcat, par toute l'Egypte. Tout au plus y resta- t-il un ou deux évêques pour diriger les rares îlots d'orthodoxes conservés de ci et de là. Aussi, faute des trois eonsécrateurs canoniques requis, force fut à tout nouvel évêque élu dans le pays de s'en aller demander l'imposition des mains au métropolite de Tyr '. La situation des Melkites fut à peine meilleure en Palestine et en Syrie. Là, sans doute, beaucoup de villes gardèrent leurs pasteurs, mais les deux cités patriarcales en furent privées. A Jérusalem, où il s'était