‹ L'Église byzantine de 527 à 847Chapitre 105 sur 270 · C/ironograph., a · texte numérisé non relu

C/ironograph., a

lité arabe dans la tenue des écritures fiscales <. El Omar 11 (717-720) renchérissait encore : il interdisait l'usage du vin, il défendait aux tribunaux d'admettre le témoignage d'un chrétien contre un musulman, il ordonnait la conversion à l'Islam sous peine de mort, il faisait des martyrs ^.

§ 8. — L'Église de Chypre.

Tandis que descendaient si bas les patriarcats d'Alexandrie, d'Antioche et de Jérusalem, l'Église de Chypre ressentait elle aussi, et de singulière façon, le contre-coup de l'invasion musulmane.

Ravagée depuis 647 par cinq ou six descentes successives, Chypre fut considérée, au traité gréco-arabe de 686, comme une possession indivise dont les tributs iraient moitié au basileus et moitié au calife. Cela dura deux ans, juste assez pour allumer une nouvelle guerre entre Justinien II et Abdelmélek. Le premier acte d'hostilité fut l'exode en masse des Cypriotes hors de leur île : bon gré, mal gré, l'empereur les transplanta, aussi nombreux qu'il le put, sur les côtes de l'Asie Mineure, surtout dans l'Hellespont, et là il leur constitua une Eglise autocéphale avec la nouvelle ville de Néa Justinianopolis pour centre religieux. Tout ce que le prince édicta en faveur de cette Église, l'épiscopat oriental s'empressa de l'approuver. Tel canon de 691 transporta sur Néa Justinianopolis les antiques privilèges de Constantia, la capitale cypriote, et l'archevêque insulaire émigré dans ses murs reçut plénitude de juridiction sur tous les évêques de l'Hellespont, y compris le métropolite de Cyzique^.

i. EuTYCHius, col. IISO*»; Chronograph., a. 6199. 2. Chronograph.^ a. 6210.

S. Syntagma, t. II, p. 39B.

A L'APPARITION DE LICOXOCLASME. 157

L'Eglise de Justinien II n'eut pas de durée. Jean, son premier pasteur, en est le seul connu. Peut-être en fut-il le dernier, s'il est vrai que les Cypriotes regagnèrent leur île aussi vite que le dit Constantin Porphyrogénète *. En tout cas, ils ne s'attardèrent pas sur le continent. A leur départ, l'Hellespont retourna sous la juridiction métropolitaine de Cyzique et la juridiction patriarcale de Constantinople, et rien ne resta de l'œuvre imaginée par Justinien, sauf un titre inexact, celui d'archevêque de Néa Justiniané, que les chefs de l'Eglise cypriote devaient prendre un jour.

§ 9. — Débuts du monothélisme.

On vient de voir les maux d'ordre politique et religieux éprouvés par Constantinople du fait de l'invasion musulmane. Ces désastres, même sans connaître Mahomet et ses Arabes, le patriarche byzantin Sergius (610- 638) les avait pour ainsi dire pressentis; il les avait devinés possibles d'un moment à l'autre. Sergius, s'il était homme d'Eglise, était aussi et surtout homme d'Etat. Il voulut, comme tous les politiques de l'épo-i que, découvrir la formule d'entente religieuse qui, en faisant l'unité parmi les chrétiens, rendrait enfin l'empire tranquille au dedans et redouté au dehors. Si nous afhrmions, se dit-il, que le Christ n'a eu qu'une volonté, qu'une énergie, les partisans d'une seule nature ne viendraient-ils pas à nous? Il le crut et sans retard employa toutes les ressources de sa cauteleuse intelligence à préparer en cachette le triomphe de sa doctrine.

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