Sebêos, p
A L'APPARITION DE L'ICONOCLASME. 159
Chalcédoine, c'est le concile de Chalcédoine qui vient à nous ' ».
Telles sont les premières intrigues, telles les premières démarches du monothélisme. Sergius de Constantinople en est l'âme. Si l'empereur y joue personnellement un grand rôle, ce n'est que sous l'inspiration de son patriarche dont il admire la politique religieuse, plus heureux des fossés qu'elle comble aux quatre coins de l'empire que soucieux des entorses qu'elle donne à la foi catholique.
§ 10. — Le monothélisme démasqué.
Ces entorses, le moine Sophrone les voit et c'est lui, en poussant le cri d'alarme, qui va démasquer l'erreur.
D'Alexandrie, où il a vainement plaidé contre le pacte du 3 juin 633, Sophrone se rend à Constantinople supplier Sergius d'élever la voix en faveur de la vérité 2. Sergius lui dit qu'il ne faut parler ni d'une énergie ni de deux et que désormais Cyrus ne soufflera plus mot sur ce point ^. Puis, comme Sophrone parti pour la Palestine vient d'y être promu au patriarcat, le père du monothélisme s'empresse de se tourner vers Rome et d'adresser au pape une lettre bien faite pour le circonvenir ''.
On sait la déplorable réponse d'IIonorius, ce monument de bonne foi surprise et de naïveté confiante. Les yeux fermés sur la gravité de la question débattue, Honorius prétend fermer la bouche aux partisans des deux opinions contraires^. Mais le silence ne s'impose