Maxime, t. XCI, col. U
A L'APPARITION DE L'ICONOCLASME. 161
contresigne point et l'un des rares actes de son très court pontificat (28 mai-1" août 640) est l'analhème jeté au monothélisme ^ Jean IV à peine intronisé fulmine le même anathème^. Aussi, terrifié, le vieil Iléraclius mourant finit-il par déclarer n'avoir jamais eu la moindre part dans la rédaction de VEcthèse^. A Constantin III, fils d'Héraclius, le même pape explique et le venin de cet édit et la vraie doctrine d'Honorius \ Peu après, le pape Théodore I" s'adresse au patriarche Paul, successeur de Pyrrhus, en vue de lui faire supprimer VEcthèse encore affichée aux portes de Sainte- Sophie^ ; mais déjà le trône impérial est passé à Constant II et ce prince enfant grandit dans une atmosphère empoisonnée de monothélisme.
Dans sa lutte contre lui, saint Théodore trouve des appuis en Orient et en Occident. De Chypre, en 643, l'archevêque Sergius lui écrit, avec l'attachement de son île au trône de Pierre, l'horreur qu'elle éprouve pour la nouvelle hérésie ®. De Palestine, vers la même date, le vicaire patriarcal Etienne de Dora lui dénonce le complot noué entre l'ambitieux Sergius de Joppé et les coryphées hérétiques de Byzance''. De l'Afrique, réunie dans ses conciles provinciaux de 646, lui parviennent les condamnations les plus formelles de l'hérésie et les encouragements les plus vifs à poursuivre sa destruction^. A Rome môme lui arrivent deux illustres fugitifs du Bosphore, l'hégoumène Maxime et l'ex-patriarche Pyrrhus, celui-ci pour rétracter l'erreur, celui-là pour défendre la vérité. Maxime et Pyrrhus se
\. Mansi, t. X, col. 679'», lOOa».