P. G., t. XC, col. 173'', 173", 174», 174*', 178", igS
A L'APPARITION DE L'ICONOCLASME. 165
en prenant la place de saint Martin I", le pape Eugène a résolument repoussé le monothélisme, malgré toutes les menaces byzantines'. A Constantinople, depuis Sergius, le siège patriarcal n'a porté que des hérétiques : Pyrrhus (638-641), Paul I^"- (641-654), Pyrrhus encore (655), Pierre (655-666). Mais enfin voici, avec Thomas II (667-669), Jean V (669-675) et Constantin 1" (675-677), des prélats très froids à l'égard du monothélisme. C'est que l'empereur Constant n'est plus là : il a quitté Constantinople en décembre 662 et il est mort assassiné en Sicile le 15 juillet 668^. Constantin IV Pogonat, son fils, veut la paix religieuse. Comment l'obtenir? En convoquant un concile œcuménique, lui dit le nouveau patriarche Théodore (677-679). Des ouvertures dans ce sens sont faites à Rome ^, où saint Agathon leur ménage le plus favorable accueil, et bientôt, à la suite des synodes préparatoires qui se tiennent en Occident, le concile désiré a lieu.
Il se réunit à Constantinople, où Georges I" occupe maintenant le siège patriarcal, et dans la grande salle à coupole du Palais sacré, où l'empereur vient assister de sa personne à presque toutes les sessions. Celles-ci, au nombre de dix-huit, s'échelonnent du 7 novembre 680 au 16- septembre 681 '•. Malgré les premières hésitations de Georges, patriarche de Constantinople, malgré même l'obstination hérétique de Macaire, patriarche d'Antioche, elles ont pour résultat le triomphe de la vérité. « Nous anathématisons Théodore de Pharan, Sergius, Paul, Pyrrhus et Pierre de Constantinople, Cyrus d'Alexandrie, et avec eux Ilonorius, jadis évêque de Rome, qui les a suivis », ainsi disent les cent
1. Lib. pontif., t. I, p. 341 ; Acla Maximi, II, 30. S. Chronograph., a. 6ir>"3, GIGO.