‹ L'Église byzantine de 527 à 847Chapitre 116 sur 270 · Chron. eccles.^ 1. 1, p · texte numérisé non relu

Chron. eccles.^ 1. 1, p

A L'APPARITION DE L'ICONOCLASME. lôt^

fixés autour d'eux et refusant de se rallier aux patriarches d'Antioche redevenus catholiques en 681. Contre ces patriarches, quiétaient leurschefslégitimes, ils n'hésitèrent même pas, soit avec Jean Maron, soit après, à se créer de toutes pièces une Eglise particulière, l'Eglise maronite, destinée à vivre cinq siècles de perpétuelle hétérodoxie, puis à se convertir, puis à chuter encore, puis à se convertir de nouveau.

Telles sont, autant qu'on peut s'en rendre compte, les origines politiques et religieuses des Maronites. A lui seul, l'établissement de leur patriarcat d'Antioche en face du patriarcat grec de la même ville, témoigne assez que la révolte et l'erreur furent à leur berceau, car jamais patriarcat ne se dédoubla, dans l'antiquité, que par la voie du schisme ou de l'hérésie. En tout cas, lorsque l'histoire s'occupe pour la première fois des Maronites, avec saint Germain de Constantinople, vers 735, c'est pour dire qu'ils professent tous la doctrine imaginée par Sergius de Constantinople ^ Il en va de même avec Timothée, devenu patriarche des nestoriens en 780 ^. Il en va de même aussi avec Théodore Aboukara, vers 800, et avec Eutychius d'Alexandrie, vers 939. Ces deux auteurs constatent même une si étroite compénétration entre la nation maronite et l'hérésie monothélite que, sous leur plume, le mot maronite signifie couramment monothélite : maronites, les empereurs Héraclius, Iléracléonas et Philippique; maronites, les patriarches Cyrus et Pierre d'Alexandrie; maronites, les patriarches Macédonius, Georges et Macaire d'Antioche ; maronites, tous les partisans du monothélisme ^. Et d'autres auteurs an-

i.P. G., t. XCVni, col. 8i.

2.J. Ladourt, De Timotheo I neslorianorum pati-iarcha, Paris, 100», p. 18.

3. G. Bâcha, Œuvres d'Aboukara, évéqtie de Ilarran, le plus ancien

ciens, Guillaume de Tyr ^ par exemple et Paul ar- Râlieb 2, confirment pleinement ces témoignages des vine, IX® et X® siècles.

§ 16. — Les païens dans l'empire.

L'Islam et le monothélisme, s'ils furent les deux grands fléaux de l'Eglise byzantine au vii^ siècle, n'en furent pas les seuls ennemis. Constantinople eut encore à compter avec d'autres infidèles et d'autres hérétiques, aussi bien au dedans qu'au dehors de l'empire.

Les intidèles de l'intérieur s'étaient, jusque sous Héraclius, conservés assez nombreux. Dans leur attachement à l'idolâtrie ou au mosaïsme, ils avaient su tourner toutes les lois de proscription et la haine qu'ils nourrissaient contre le christianisme triomphant se mesiirait sur Tintolérance dont les empereurs baptisés faisaient preuve à leur égard. Assurément, s'ils avaient lutté à découvert, leurs attaques n'eussent plus causé le moindre dommage à l'Église. Mais ces persécutés du pouvoir agissaient en dessous et le coup le plus dur qu'ils portèrent à la société chrétienne, ce fut précisément de s'inscrire parmi ses membres. Depuis Constantin, beaucoup des leurs s'étaient comportés de la sorte. Ils le firent plus que jamais au vu® siècle. Aussi, en 691, lorsque l'épiscopat byzantin se réunit à Constantinople en vue d'arracher les derniers restes de l'ivraie « hellénique ou judaïque mêlée au blé mûr de la vérité ^ », sa tentative échoua-t-elle

écrivain arabe chrétien (en arabe), Beyrouth, 1904, p. 191 ; Eutychius, col. 1078% 1089», 10!)1», ^095^ 1090% 1108%* H10<=, 1111% H20«,

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