‹ L'Église byzantine de 527 à 847Chapitre 117 sur 270 · Syntagma, t. II, p · texte numérisé non relu

Syntagma, t. II, p

A L'APPARITION DE L'ICONOCLASME. 17t

misérablement. Il eût fallu, pour atteindre un résultat sérieux, écarter soigneusement tous les Hellènes et tous les Juifs qui venaient de s'introduire eux-mêmes parmi les moissons de l'Évângile. Or, tout à la joie des conversions apparentes, les évêques byzantins ne songèrent môme pas à s'occuper de cette ivraie, la plus dangereuse pourtant et la plus inextirpable de toutes. Aller au baptême fut surtout le fait des païens. Il resta quelques irréductibles de ci et delà; il s'en trouva mêmeun groupeàConstantinople, lel7 septembre 654, pour jeter l'injure et l'outrage au pape saint Martin \ Mais, à part ces exceptions, on peut dire que sous la dynastie héraclienne le paganisme avoué disparut de tout l'Orient. En Egypte, en Palestine, en Syrie, partout où les Arabes portèrent leurs armes victorieuses, les idolâtres s'empressèrent de passer à l'Islam, les uns pour le professer avec sincérité à raison des commodités qu'y trouvaient leurs passions, les autres pour lui demander de couvrir leurs vieilles pratiques ou de se combiner avec elles en quelqu'une de ces religions hétérogènes dont tant de races arabo-syriennes gardent encore le secret. Là où les soldats de Mahomet ne parvinrent pas à s'établir, les partisans des anciens dieux suivirent deux tactiques : les uns, ceux d'Asie Mineure en particulier, sollicitèrent des sectes hérétiques le même service que l'Islam rendait à leurs coreligionnaires du sud, et ils furent trop heureux de se cacher ainsi dans un christianisme amoindri parfaitement hostile aux empereurs; les autres, moins haineux ou plus avides, estimèrent prél'érable d'entrer hypocritement dans l'orthodoxie, sauf à prendre leur revanche en y éteignant la vivacité de la foi et en y corrompant la pureté des mœurs.

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