Anast. Sinaït., col
A L'APPARITION DE L'ICONOCLASMË. 181
Léon III qui leur fît, comme aux Juifs, une obligation ■de passer dans FEglise officielle. Plus fiers que les fils d'Israël, ces rudes sectaires préférèrent la mort à riiypocrisie d'une conversion apparente : un jour de 722, suivant l'exemple donné par leurs aïeux de 529, ils incendièrent leurs temples de leurs propres mains et s'y laissèrent brûler vifs ^ Les manichéens, eux, venaient de fonder une hérésie nouvelle, plus apparentée d'ailleurs à Marcion qu'à Manès et connue sous le nom de paulicianisme.
Lepaulicianisme était apparu au milieu du vu*' siècle. Du bourg arméno-byzantin de Kibossa, où un certain Constantin l'avait organisé, il envahit rapidement tous les thèmes orientaux. Le supplice de l'hérésiarque , ordonné par Constantin IV, n'empêcha point le byzantin Syméon de recueillir son héritage et de s'établir patriarche à Kibossa ^. De même, la mort violente de Syméon et de son entourage, sous Justinien II, n'empêcha point l'arménien Paul de restaurer le patriarcat à Épisparis et d'en investir son fils Génésius^. Celui-ci, malgré la rivalité de son frère Théodore, ménagea une très grande extension à la secte : en 720, les nombreux groupes de pauliciens fixés dans l'Arménie, la Mésopotamie et la Syrie comptaient leurs frères par milliers sur les terres de l'empire et ces coreligionnaires se donnaient la main, par-dessus la frontière, des côtes du Pont à celles de la Cilicie. Justement préoccupé d'une pareille situation, Léon III manda Génésius à Constantinople, mais ce fut pour le traiter amicalement '. Comment le persécuteur des montanistes et des Juifs aurait-il compris les pauliciens dans ses mesures de