Anast. Si.naït., col. 97"; Lih, pontif., t. I, p. 34S
A L'APPARITION DE L'ICONGCLÂSME. 183
l'hérésie. Le groupe arménien, le seul que la conquête musulmane n'isola pas de Byzance, fut aussi le seul à provoquer et à retenir l'attention des autorités qui siégeaient sur le Bosphore. Ici, comme toujours, la question politique domina la question religieuse. Cette Arménie, dont sa position géographique avait fait un champ de bataille si longtemps disputé entre les Perses et les Romains, cette Arménie devait être aussi, nécessairement, et tous ses petits voisins avec elle, le théâtre désigné d'avance au choc des armes et de la diplomatie dans le duel désormais engagé entre les Arabes et les Byzantins. Comment, dès lors, Byzance eût-elle négligé de s'assurer un avantage de plus en s'unissant l'Eglise d'Arménie dans une étroite communauté de fol?
En G33, Iléraclius, l'empereur des Grecs, et Ezr, le catholicos des Arméniens, étaient en présence : l'un, suffisamment stylé par son patriarche œcuménique, exigeait l'entente religieuse sans faire mention du quatrième concile; l'autre, assez peu rassuré sur les intentions du basileus, cherchait à prévenir l'érection d'un catholicat particulier dans l'Arménie byzantine. Ces deux circonstances, le monothélisme d'un côté, la peur de l'autre, firent l'union. Par malheur, ce que le synode de Théodosiopolis avait accepté, le peuple ne l'accepta point. Ezr eut beau sévir contre le parti de l'opposition, que dirigeaient le tliéologien Jean Maïragometsi et son disciple Sergis, les adversaires de toute union avec les Grecs triomphèrent, et dès 645, quatre ans après son élection, le nouveau catholicos Nersès III convoquait ses évoques à ïvin pour anathématiser le concile de Chalcédoine '.
Quand Nersès III fulmina cet anathème, les soldats