Sebêos, p
byzantins étaient loin. Les soldats byzantins revinrent quelques années plus tard, conduits par Constant II en personne. Ce jour-là, Nersès III ne put s'empêcher de communier dans sa cathédrale avec ceux qui venaient d'arracher le pays au joug de l'Islam*. Cette union, vous le devinez, dura autant que la présence de l'empereur. Pour en amener le rétablissement, il fallut une subite aggravation du péril arabe. Venu à Constantinople solliciter l'appui des armes byzantines, le catholicos Chahak III pouvait-il ne pas y signer un pacte d'union doctrinale? C'était en 689 ou 690. A l'automne 691, l'épiscopat byzantin répondait à cette démarche en condamnant une foule dusages liturgiques et disciplinaires particuliers à l'Arménie. Devant tant d'intransigeance, Chahak et son peuple se déclarèrent de nouveau monophy sites '^.
Ce retour à l'hérésie paraît avoir marqué une recrudescence de haine contre le chalcédonisme. En effet, les Arméniens se mirent alors à poursuivre le quatrième concile jusque chez leurs voisins. Lorsque Sparam, chef politique des Aghovans, et Bakour, leur chef religieux, voulurent se rallier à la doctrine chalcédonienne, le catholicos arménien Yeghia (703-707) s'empressa de les dénoncer auprès du calife Abdelmélek comme travaillant en faveur des Byzantins, et cette dénonciation leur valut d'être conduits à Damas chargés de fers. Après cela on comprend mal que saint Germain de Constantinople ait conçu l'espoir de conquérir l'Église arménienne à l'orthodoxie K Sa lettre dogmatique à cette Église n'eut d'autre résultat que de provoquer la réunion du concile de Manazkert où, en attendant de faire l'union avec les jacobites de
i . SebêOS, p. 134-138.