Mansi, t. XII, col.OÎJO
A L'APPARITION DE L'ICONOCLASME. 197
vont-elles aux métropoles d'Aquilée et de Milan qui, tout en reconnaissant le successeur de Pierre comme pape, manifestent une tendance marquée à ne pas vouloir de lui comme patriarche. Les sympathies byzantines vont surtout à Ravenne, capitale des possessions grecques et résidence de l'exarque impérial. Sur cet avantage politique les Ravennates prétendent greffer des privilèges d'ordre religieux, et Maurus, un de leurs pasteurs, s'enhardit jusqu'à excommunier le pape saint Vitalien. Que fait aussitôt Constant II? Il lance un décret pour soutenir le prélat rebelle, et ce décret, daté du 1" mars 66G, ordonne que les archevêques de Ravenne seront pour toujours exempts de la dépendance de tout supérieur ecclésiastique, y compris le patriarche de l'ancienne Rome \ Le schisme de la ville exarchale se termine, il est vrai, de 677 à 682, progressivement, grâce aux bonnes dispositions de l'empereur Constantin IV ^, mais il recommence de nouveau en 708, à l'élection de l'orgueilleux Félix, et il ne faut rien moins alors, pour couper court à ses destinées, que l'état d'exaspération où la conduite des Ravennates vis-à-vis de Justinien II a mis ce prince vindicatif^.
Sur le Bosphore, les entreprises byzantines contre Rome se donnent libre carrière durant la querelle monothélite. De la mort d'IIonorius en 038 à la tenue du VI® concile en 680, les diptyques de Sainte-Sophie ne s'ouvrent au nom d'aucun pape, sauf par surprise à celui de Vitalien, qui s'en trouve d'ailleurs finalement expulsé '. Peu avant le concile romain de 649, le patriarche Paul n'hésite pas à pénétrer dans le palais de