ManSI, t. XI, col. -200", 3'»o
Placidie qui sert de résidence traditionnelle aux envoyés de Rome et il y renverse l'autel latin réservé aux apocrisiaires pontificaux *. Voilà qui témoigne d'une haine vigoureuse. Pourtant, si excessifs qu'ils paraissent, de pareils faits trouvent leur explication dans la guerre ouverte que l'hérésie du moment force Constantinaple à mener contre Rome. Il est plus douloureux et plus grave de constater que les dispositions antiromaines de l'épiscopat byzantin se font jour jusque dans ces assises de 681 spécialement réunies pour répudier le monothélisme et rétablir la paix dans l'Église. Il s'agit ici, on l'a deviné, de la condamnation portée contre le pape Honorius au VP concile œcuménique.
Ce que fut la faute d'Honorius, nul ne l'ignore. Orthodoxe dans l'âme, orthodoxe lorsqu'il écrivait : « La nature divine opère dans le Christ ce qui est divin et la nature humaine opère ce qui est humain ^ », ce pape commit la maladresse de se donner les apparences d'un hérétique en employant la formule d'une volonté dans un sens équivoque et en s'abstenant d'approuver la formule des deux énergies. Pour cette conduite, si avantageuse en fait au monothélisme, Honorius méritait bien quelque blâme, et vigoureux. On pouvait lui reprocher avec saint Léon II « de n'avoir pas, comme il convenait à l'autorité apostolique, éteint :1a flamme naissante de l'hérésie, et même de l'avoir favorisée par sa négligence ^ ». Mais fallait-il le traiter en hérésiarque? Le prêtre Jean, son secrétaire et l'auteur réel de ses lettres, avait déclaré, avant de mourir, dans quelle acception devaient s'entendre les expressions incriminées ^. Le pape Jean IV s'était em-