‹ L'Église byzantine de 527 à 847Chapitre 14 sur 270 · ROC, l.n, p. 112; t. MI, p. iS · texte numérisé non relu

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naire avait de singuliers moyens pour inculquer le christianisme aux récalcitrants, même aux gens de Taristocratie, aux maîtres de grammaire et aux professeurs d'éloquence, aux hommes du barreau et aux disciples d'Esculape. N'est-ce pas lui en 546 qui incita le basileus contre les païens de Constantinople ? « C'était, dit-il, des hommes illustres et nobles, avec une foule de grammairiens, de sophistes, de scolastiques et de médecins. Quand ils furent découverts et que, grâce aux tortures, ils eurent avoué, on les saisit, on les flagella, on les emprisonna, on les donna aux églises pour qu'ils apprissent la foi chrétienne, comme il convient aux païens ».

§ 3. — Les Samaritains et les Juifs.

La législation sévère portée contre les païens s'étendit en partie aux tenants de l'ancienne loi mosaïque. Aux Samaritains, jouir de synagogues, ester en justice, hériter et tester furent choses absolument interdites. Quant aux Juifs, aucun d'eux ne put ni remplir fonction honorable quelconque, ni ester en justice contre les chrétiens, ni avoir des esclaves baptisés'. Tant de sévérité produisit plus de troubles sanglants que de conversions véritables.

En 529, pour venger leurs synagogues détruites, les Samaritains se révoltèrent. Aidés par les Juifs, pleins de confiance en l'appui des Perses, ils offrirent la couronne au brigand Julien, prirent Scythopolis et Naplouse, désolèrent la Palestine. Il fallut envoyer une armée contre eux, en exterminer, en faire esclaves des milliers. Beaucoup, avant la révolte, étaient passés au

i. Cod., 1, V, 12, 17, 18, 19, 21 ; X, 2; cl. Nov. XLV.

manichéisme ou à l'idolâtrie. Beaucoup plus encore, une fois la révolte écrasée, se firent inonder d'eau baptismale, sans d'ailleurs renoncer le moins du monde à leur religion. A tous, le 15 juin 551, sur la prière de l'évêque Sergius de Césarée, Justinien rendit le droit de transmettre et de recevoir des héritages ; mais cette concession, qui ne les adoucit point vis-à-vis des chrétiens, devait être révoquée par un édit de Justin II le 18 mai 572 ^

En juillet 556, ce furent Juifs et Samaritains réunis qui prirent les armes et firent un afîreux carnage à Césarée maritime. Tous leurs coreligionnaires de Palestine et d'ailleurs devaient les suivre et 1er- soutenir. Une répression aussi rapide qu'impitoyable arrêta net le mouvement, une répression dont le souvenir seul terrifia tous les fidèles de Moïse pendant un demi-siècle et plus, sans leur enlever toutefois le goût des intrigues et des émeutes ^. Maurice, poussé par son cousin Domitien de Mélitène, essaya de leur imposer le christianisme. Phocas fit de même, mais avec plus d'intolérance encore^. Alors, en 609, il y eut des baptêmes forcés en masse à Jérusalem et dans les principales villes de l'Orient. Cette sacrilège violence poussa les Juifs de Césarée de Cappadoce à fêter l'arrivée des Perses en 609. Elle provoqua aussi plusieurs séditions, en particulier celle d'Antioche où périt le patriarche Anastase II, et ces désordres attirèrent à leur tour les féroces représailles du général Bonose. En réponse, les Juifs de Tyr nouèrent contre l'empire, en 613, un vaste complot dont la découverte leur valut la haine et

1. Vit. Sahx, n. 70; Malalas, col. tKitt, 6:>7, (ki-^; Zaciiauik, IX. 8; TuocoPE, Hist. arc, XI; Chronograph., a. (W^l ; Nov. CXXIX; Jus, l. m, p. ir;.

«2. JKAN d'Asik, dans UOC, t. Il, p. 489; Malalas, col. 705; Chroitograijh., a. G04S.

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