MANsr, t. X, col
viennent de porter contre l'évêque Jean de Lampe ^ Aucune circonstance propice n'a permis à Constantinople de réaliser ses vieux rêves en s'agrandissant du <îôté de l'Europe, et le viii« siècle dûment commencé la voit obligée de s'en tenir sur ce point à ses maigres possessions primitives. La Macédoine ne lui appartient pas : le personnage de 675 qu'une très postérieure •chronique en vers signale comme périodeute byzantin de Macédoine n'a sans doute aucun droit à ce titre, ou du moins, s'il le porte réellement, le doit-il au jeune thème de ce nom situé en dehors et à l'est de la vieille province macédonienne^. Celle-ci, comme par le passé, relève de Rome. Est-ce par l'intermédiaire de Justiniana prima? Est-ce par le moyen de Thessalonique? On ne saurait dire, tant l'établissement des Slaves a jeté de trouble dans ces régions et bouleversé l'œuvre de Justinien P^
S'il ne lui apporte aucun accroissement territorial, le VII' siècle entend confirmer au patriarcat œcuménique la situation exceptionnelle que lui ont faite les âges précédents. Comme on l'a vu, les désastres subis de 630 à 650 ont consolidé et développé cette situation en amoindrissant les autres patriarcats. Mais cela ne suffît point aux yeux de l'épiscopat byzantin. Aussi, contre l'Occident trop enclin à ne pas oublier les •décisions de Nicée, cet épiscopat affirme-t-il une fois de plus, en 691, les prérogatives de sa Grande liglise. « Le siège de Constantinople, déclare-t-il 3, jouira des mêmes privilèges que celui de l'ancienne Rome et, second après lui, il aura la même importance dans les affaires ecclésiastiques ». Sans doute, des causes
i. Mansi, t. XI, col. 16, 18, 19.
2. ^Ephuem, V. 98M), contre E. W. Brooks, dans Byz. Zeitschr,, t. VI, p. 4i.