‹ L'Église byzantine de 527 à 847Chapitre 151 sur 270 · Syntug7na,t. H, p · texte numérisé non relu

Syntug7na,t. H, p

saint Sabas. N'est pas davantage conforme aux près criptions de saint Basile le canon qui se contente de mettre sur le pied des fornicateurs le moine qui tombe dans la luxure ou qui prend femme ' .

Pour éviter les chutes de cette nature la vie religieuse demande à être entourée de précautions. Un soir du VI* siècle, Daniel le Scétiote demandait l'hospitalité à un couvent de femmes. Comme on refusait de l'introduire : « Bonne mère, dit-il, si tu ne m'ouvres, les bêtes fauves vont me dévorer cette nuit ». Et la supérieure de répliquer : « Mieux vaut que tu sois dévoré par les bêtes de dehors que par celles de dedans ». Belle réponse, mais qui n'empêcha pas la digne nonne de déverrouiller sa porte dès qu'elle sut avoir affaire au grand Daniel de Scété ^. Beaucoup d'autres Daniel ont-ils rencontré depuis beaucoup de bonnes mères compatissantes ? Non, sans doute. Néanmoins, les évêques de 691 tiennent à déclarer une fois de plus que jamais communauté d'hommes ou de femmes ne doit héberger la nuit une personne de sexe différent, et ils soulignent leurs paroles d'une sentence d'excommunication. De leur côté, les moines ne peuvent sortir de l'enceinte conventuelle qu'avec la permission et la bénédiction du supérieur. Il en va de même des moniales, avec cette aggravation qu'elles se borneront aux seules sorties absolument indispensables, qu'elles feront toujours leurs visites en compagnie de sœurs anciennes et qu'elles ne découcheront jamais ^ Quiconque pécherait avec l'une d'elles encourrait la déposition ou l'excommunication, selon qu'il serait clerc ou. laïque*.

Ne quittons pas ces pieuses filles sans noter que les

\. Syntagma, t. H, p. 409.

Page 1