Maxime, t. XCI, col. 6ij
214 DE L'ECflASEMENT DE LA PERSE
A rintérieur de Tempire, les monastères servent déjà de refuge aux vaincus de la vie : l'empereur Léonce, détrôné et déposé en 698, n'échappe momentanément à la mort qu'en se retirant au couvent de Dalmate; Anastase II, renversé en 716, n'apitoie son vainqueur qu'en prenant le froc^. Hors de l'Orient, les moines grecs répandent la civilisation et la langue de leur patrie. Rome, abstraction faite des individus particuliers qui la visitent pour affaires ou par dévotion et en tête desquels l'hégoumène palestinien Jean de Saint-Sabas mérite une mention spéciale 2 , Rome compte déjà dans ses murs, en 649, deux maisons religieuses grecques : la première abrite des sujets venus de l'Arménie byzantine ; la seconde est peuplée de Ciliciens^. Trente ans plus tard, le nombre des couvents byzantins debout dans la ville des papes s'élève à quatre, et il ne tardera pas à augmenter*.
§ 33. — Les causes de vocation monastique.
Pourquoi faut-il que le monachisme oriental, si prospère et si répandu, ne doive pas toujours ses recrues à des sentiments très élevés? Beaucoup sans doute ne vont au couvent que pour mieux assurer le salut de leur âme ; mais combien aussi dont la vocation a pour unique motif le simple désir d'échapper aux charges du siècle et à ses ennuis!
Car, nul ne l'ignore, le Byzantin n'a pas le patriotisme intense. Membre d'un empire factice à qui la puissance de Rome est passée sans aucun mérite de sa part, il ne sait trop ce qu'est une patrie et, alors