Syntagma, l. Il, p
A L'APPARITION DE LICONOCLASME. 219
et aux simples chrétiens qu'ils ne sauraient aller au bain avec des femmes. Force lui est même de prévoir le cas où des clercs seraient proxénètes. C'est que les mauvais lieux abondent. Jéricho possédait encore des Rahab au temps de Jean Moschus : est-il une seule bourgade, au vii^ siècle, qui n'en possède aussi ? En tous cas, les coureurs d'aventures ne manquent point qui demandent à leurs cheveux étrangement agencés un moyen de multiplier leurs conquêtes galantes^
Que dire du vent de cruauté qui souille dans les sphères gouvernementales? Voici deux ministres de Justinien II : celui-ci, Ji^tienne, se permet de fouetter à nu la propre mère de l'empereur; celui-là, Théodote, suspend les contribuables la tête en bas et allume au-dessous des pailles fumeuses. A leur tour, quand tombe Justinien, ces deux êtres sont traînés par les pieds à travers la capitale et brûlés vifs. Leur maître, pour le moment, se tire d'affaire en perdant le nez sous le fer du bourreau 2. Il se vengera, une fois rétabli sur le trône, en crevant les yeux au patriarche Callinic|ue, en poignardant ses invités au lever de table, en jetant ses amis à la mer cousus dans des sacs ^. Il disgraciera pour crime d'excessive douceur un de ses fonctionnaires qui, envoyé châtier les Chersoniens, s'est contenté, entre autres supplices, de rôtir sept individus à la broche et d'en lier vingt autres sur une barque sombrante'. D'ailleurs, Justinien II n'a pas le monopole de la barbarie : sous Léon ÏII, à Syracuse en 718, à Constantinople moins de quinze mois plus tard, les têtes et les nez ne tombent-ils pas comme à plaisir ^?
i. Syntngma,X. Il, p. 483, 503 ; 533 ; MoscHi's, col. 28CI,