‹ L'Église byzantine de 527 à 847Chapitre 159 sur 270 · Syntagma, t. H, p · texte numérisé non relu

Syntagma, t. H, p

3. Syntagma, t. II, p. ÎJIG; Barsanupiie, p. 47; Dorothée, col. 1789.

A L'APPARITIOiN DE L'ICONOCLASME. 223

présentations, en métal précieux, servent de reliquaire à une parcelle de la vraie Croix. Pourvues ou non de cette relique, les petites croix sont très répandues, et même à Damas, sous la domination arabe, vous en trouveriez une au cou de tous les chrétiens. Les croix gravées n'abondent pas moins. Comme elles gisent parfois jusque sur les pavés, le concile in Trullo s'élève contre cette manière d'exposer ainsi le trophée du Christ aux profanations. C'est sur le bois de la vraie Croix que le basileus Iléracléonas, en 641, jure solennellement de ne pas attenter à la vie de ses neveux ' .

Notons à propos de ce fait que la prohibition portée contre les serments en 691 vise uniquement les serments de forme païenne. Outre la croix, ce sont les saints évangiles et les images du Christ ou de la Vierge que les Byzantins aiment à toucher de la main lorsqu'ils jurent. Comme on fait des serments pour attester la vérité, ainsi fait-on des vœux pour échapper aux dangers pressants. En 705, au cours d'une affreuse tempête sur la mer Noire, un certain Myakès supplie Juslinien 11 détrôné : « Faites vœu, seigneur, que si vous échappez et recouvrez l'empire, vous no tirerez vengeance d'aucun de vos ennemis ». Et Justinien : « Si je pardonne à un seul, que Dieu m'engloutisse au fond de la mer Ici même ^ ! »

Une des prescriptions du Penthecte regarde les images de dévotion. Car, autant le concile réprouve les tableaux profanes et licencieux, autant il accepte les saintes icônes. Mais ici même il donne une indication particulière : désormais, lorsqu'on représentera saint Jean Baptiste indiquant du doigt celui qui est venu racheter les péchés du monde, il faudra peindre le Christ

1. Narrât. AnasL, n. Vi, M; !>y)itagma, t. \\. p. 474; Breviar.. p. W.

2. Syntagma, t. H, p. 5i8; AclaMaximi, II, 18; Chronofjraph., a. 6190.

SOUS la forme d'un homme et non d'un agneau *, Après la peinture le concile trullien s'occupe du chant et de la psalmodie. Outre le canon qui interdit aux femmes d'ouvrir la bouche dans le saint lieu et celui qui réserve l'accès de l'ambon aux seuls clercs dûment tonsurés, ses évoques consacrent une autre de leurs décisions à réglementer la musique religieuse et à prier les psaltes d'éviter les airs profanes, de ne pas forcer la voix, de ne pas crier. L'attention et la componction, voilà, déclarent-ils, ce qui doit caractériser le chant des psaumes ^.

Le psaume 118, qui est et restera l'accompagnement obligé des funérailles, apparaît déjà en possession de bercer également les agonies. Quant aux défunts, il est de leurs amis qui vont, le troisième jour après la mort, brûler un encens pieux sur leur tombe, sans préjudice des oraisons, des aumônes et des messes qu'ils multiplient pour leur ouvrir le ciel ^.

l 37. — Les sacrements.

Plus que la prière et ses formes accessoires, les sacrements méritent de fixer l'attention. Du moins, s'il est inutile de s'arrêter à l'extrême-onction dont le concile trullien lui-même ne souffle mot, s'il est inutilo de revenir à l'ordre dont ce concile ne parle qu'indirectement en des canons déjà cités, du moins faut-il recueillir ce que disent les évêques de Justinien 11 touchant le baptême, la confirmation, la pénitence, le mariage et l'eucharistie.

Le baptême, déclarent-ils, sera conféré à tout enfant,

i. Syntagma.i. U, p. 402, 545.

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