Syntaymo, t. II, p. 3G
§ 40. — Les édifices du culte.
De pareilles mesures, si elles purifient le saint sacrifice, purifient en même temps le saint lieu. L'église matérielle a droit, en effet, aux plus grands honneurs. Même pour qui ne la regarde pas avec les yeux mystiques d'un saint Maxime ' , même pour qui laisse de côté sa dignité figurative et symbolique, elle est tout au moins la maison de Dieu, et à ce titre elle exige le respect.
Pénétrés de ce principe, les évêques de 691 ont proscrit l'usage arménien qui la transformait en cuisine, et la pratique des agapes qui en faisait une salle à manger. Mais le mal ne s'arrête pas là : certaines églises sont traitées en vulgaires maisons d'habitation où l'on va jusqu'à user, entre époux, des prérogatives conjugales. Contre cette énormité voici le canon 97 qui fulmine les peines les plus graves. Et voici le canon 76 qui, pour mieux sauvegarder l'enceinte sacrée, s'efforce d'en protéger les abords, interdisant d'y tenir taverne, d'y mettre en vente des comestibles, d'y commercer en quoi que ce soit. Il s'en faut pourtant que le législateur se montre féroce à l'excès : telle de ses prescriptions , destinée à défendre les églises rurales contre le sans-gêne des passants, admet qu6 le voyageur pris au dépourvu par l'orage introduise sa monture sous le toit sacré .
L'hommage le plus appréciable rendu aux édifices du culte est le droit d'asile que leur reconnaissent les constitutions impériales. Par malheur, les maîtres de Byzance ne respectent pas toujours leurs propres lois.