Syntagma, t. II, p. 480, SI
A L'APPARITION DE LICONOCLASME. 23Î
Qui ne sait par exemple comment en 711, sur un ordre de Philippique, le jeune fils de Justinien II fut arraché au sanctuaire trois fois révéré des Blakhernes et froidement égorgé sur le rempart voisin^ ?
Pour bien marquer que l'église est la maison du Seigneur on lui donne en certains cas le nom de kyriakon^. Mais ce mot s'applique de préférence aux édifices quelque peu importants, et il servira plus tard, dans les couvents surtout, à distinguer l'église principale des églises secondaires. En attendant, grande ou petite, l'église comprend toujours deux parties : le naos qui reçoit les laïques, le hiérateion qui réunit les clercs^ . Entre les deux courent des cancels. Au milieu du hiérateion, dénommé dMssikosmétès ^, règne l'autel : c'est une table, d'ordinaire en marbre, portée par une ou quatre colonnes et recouverte d'une paire de nappes. Derrière l'autel, contre le mur de l'abside, se dresse le trône épiscopal, à droite et à gauche duquel une rangée de places disposées pour le clergé forme le syntJu'onos ^ . Nul laïque ne peut siéger là, nul laïque ne doit pénétrer dans l6 sanctuaire. Toutefois, au moment môme où les évêques byzantins rappellent cette règle avec la dernière vigueur, l'esprit de flatterie et de servilité leur dicte une exception en faveur du basileus^.
Dans toutes les églises le hiérateion est flanqué d'une salle analogue aux sacristies de l'Occident: mais qui joue un rôle liturgique plus considérable. On l'appelle skévophylakion, parce qu'elle abrite les vases et les ornements sacrés, eidiakoniko/iy parce qu'elle constitue le domaine propre du diacre. Cette salle assiste avant
i. Breviar., p. 47; Chronograph., a. 6-203.