Hist. inyst., n
:;. Maxime, t. XCI, col. 672, 688; Nanat. Anasl., n. 43. 6. Syntagma, p. 467; BAnsANipiiE, p. 348; Hist. viyf;t., n. 8.
chaque messe à la préparation des oblats et elle ne perdra cet honneur que fort tard, à la suite du développement que prendront peu à peu les cérémonies de la prothèse '.
§ 41. — L'art relig^ieux.
L'époque des Héraclides continue à construire et à décorer les édifices du culte suivant les mêmes traditions que la période précédente.
On sait les évolutions de l'art chrétien. D'abord symbolique, d'abord ami des images simples et des emblèmes discrets, cet art subit le contre-coup soudain du changement accompli par la conversion de Constantin, revêtit un caractère triomphal et s'attacha presque uniquement, durant les iv^ et v« siècles, à exprimer les idées de joie et de gloire narrées dans les deux Testaments. Sous Justinien P' et ses successeurs un pas de plus fut fait : soit besoin logique de traduire intégralement aux yeux cet évangile qui donnait tant de place aux douleurs et aux abaissements de la passion, soit désir de combattre par la douloureuse évocation du Calvaire ce monophysisme qui confisquait la nature humaine du Christ et l'absorbait dans sa divinité, les artistes s'enhardirent à dresser la croix, non plus comme un insigne de victoire, mais comme un instrument de supplice, et à la charger du crucifié 2. Pourtant, ce passage de l'allégorie à l'histoire n'est pas encore complet sous Héraclius. Le symbole de la brebis et de l'agneau conserve une vogue toute particulière,
4. Vit. Euthymii, p. 79, 81; Vit. Sabœ, n. 17; Moschus, CoI. 2872»; Ilist. myst., n. 48.
2. L. Bréhiek, Les origines du crucifix dans Vart religieuse, Paris,
A L'APPARITION DE L'ICONOCLASME. 235
conforme aux paroles du Maître qui a dit : « Pais mes agneaux, pais mes brebis », et sur celles du Baptiste qui s'est écrié : « Voici Tagneau de Dieu ». A Ravenne, dans l'église Saint-Apollinaire in Classe, une mosaïque de la Transfiguration remplace Pierre, Jacques et Jean par trois brebis*. A Venise, un bas-relief de provenance grecque et du vii° siècle représente douze agneaux qu'il appelle expressément « les apôtres^ ». A plus forte raison, le Christ apparaît-il sous les traits de l'agneau. Or, en 691, l'épiscopat byzantin condamne cette façon de faire. « Il faudra, dit-il ^ , représenter le Christ notre Dieu sous la forme humaine », et cela môme lorsqu'il s'agira du précurseur montrant celui qui porte les péchés du monde. En arrêtant co canon, les pères ne font pas que désapprouver un type déterminé, ils consacrent la tendance introduite dans l'art religieux depuis plus d'un siècle et assurent le triomphe des représentations historiques sur les symboliques figures chères au passé.
Au point de vue de l'exécution, nul progrès n'est à signaler. Peu de monuments datés nous restent de cette époque, mais si Ton en juge par les quelques échantillons conservés, si l'on en juge surtout par la numismatique, il faut plutôt parler de décadence. La situation de l'empire explique assez qu'il en soit ainsi. En se déchaînant sur l'Asie Mineure, en conquérant la Syrie, la Palestine et l'Egypte, Chosroès II a tari toutes les sources de revenus où s'alimentait la prospérité financière de Constantinople. Héraclius, pour le vaincre, a augmenté le malaise économique, forcé qu'il a été de recourir à des emprunts et de convertir en
1. Cit. Bayet, Recherches pour servir à l'histoire de la peinture et de la sculpture chrr tiennes en Orient, Paris, IS'J), p. 100.