‹ L'Église byzantine de 527 à 847Chapitre 18 sur 270 · PisiDÉH, Per$., n, 88-1 15; Chron. pasch., col · texte numérisé non relu

PisiDÉH, Per$., n, 88-1 15; Chron. pasch., col

laze Gobazès, vassal de Constantinople, prétendait se donner à Chosroès, déjà maître de l'Ibérie.

Ces hostilités, d'ailleurs languissantes dès 551, prirent fin à la « paix de cinquante ans » signée en 562. Elles se rallumèrent neuf ans plus tard, quand la Persarménie et Flbérie révoltées demandèrent aide au basileus coiilre le roi des rois (571). Après Dara conquise et la Syrie dévastée (573), après la Cappadoce parcourue et les deux villes de Sébaste et de Mélitène livrées aux flammes (575), Chosroès se heurta au général Maurice, l'ut battu trois ans durant, mourut de honte (579). La défaite de 581 à Constantine n'empêcha pas son fils Hormisdas de continuer la guerre et d'envoyer ses troupes enlever Martyropolis en 589. Mais aussitôt survint la révolte de Vahram Tchobin, qui lui ravit le trône et la vie (590). Impuissant à lutter contre l'usurpateur, Chosroès II Parvez, fils d'Hormisdas, s'adressa au basileus Maurice qui fit alliance avec lui et le rétablit sur le trône (591).

La guerre ainsi terminée recommença sous Pliocas pour se. poursuivre sous Héraclius. Dara prise (606), la Syrie et la Mésopotamie razziées, l'armée perse traversa l'Asie Mineure et parut un instant devant Chalcédoine (608). Césarée de Cappadoce ouvrit ses portes en 609. En 611, Antioche, Apamée, Émèse, dix autres places tombaient coup sur coup aux mains de l'ennemi. Sahrbaraz conquérait la Syrie en 613, la Palestine en 614, l'Egypte en 619. Sahin venait camper sous Chalcédoine en 615 et de là, pour assurer ses derrières, faisait fortifier Ancyre en 619. Tant de revers inspirèrent à Héraclius un vaste eirort. La croisade de 622, interrompue par l'approche des Avares, recommença en 624 et conduisit l'armée chrétienne du golfe de Nicomédie jusqu'à la frontière orientale, d'abord dans TArménie, puis dans la Syrie et l'Asie Mi-

il DE L'AVÈNEMEINT DE JLSTINIEN P'

neure, puis dans la Lazique et la Mésopotamie, enfin dans la Perse. A ce moment, 25 février 628, Chosroès II périssait. Séroë, son fils, s'empressa d'acheter la paix au prix de toutes les conquêtes paternelles et dès 629, Sahrbaraz ayant évacué l'Egypte, il ne se trouva plus un soldat perse sur les terres du basileus.

§ 7. — Contre les Barbares.

Tandis C[ue ces hostilités presque incessantes empêchaient l'Église byzantine d'étendre son influence en Orient, la poussée des Barbares se faisait plus menaçante que jamais en Occident.

Aux premières années de Justinien, Anies, Huns et Slaves rivalisent à qui violera la frontière. La marche en avant de 540 porte ces envahisseurs jusqu'à l'isthme de Corinthe, celle de 559 jusqu'aux approches de Constantinople. En 567, les Gépides succombent sous les coups des Lombards et des Avares unis. Une fois cette race écrasée, les Lombards inondent l'Italie sous rœil impuissant de Narsès (568) et les Avares descendent dans les provinces illyriennes où ils prennent Sirmium (581). Avec leurs esclaves slaves, ils cherchent une patrie dans la Thrace, autour de Thessalonique, jusque dans le Péloponèse. Maîtres de Singidunum, de Viminacium et des places environnantes en 583, de Ratiaria, Dorostolon, Marcianopolis et autres villes mésiennes en 587, ils submergent tout le pays au nord dAndrinople et descendent assiéger Thessalonique. L'énergie du général Priscus les contient durant quelques années, les refoule même en 601, mais l'inertie de Pliocas et l'apathie ou l'éloignement d'Héraclius laissent bientôt le champ libre à leurs dévastations. En 623, les Avares viennent sous les murs de

la capitale exiger une augmentation du tribut annuel que l'empire leur paie depuis Justinien. lin 623 aussi, les Slaves organisent une expédition de pirates contre la Crète. Le 29 juillet 626, d'accord avec les Perses campés à Chalcédoine, Avares et Slaves unis mettent Constantinople à deux doigts de sa perte. Pour contenir ces hardis voisins, il faut que le basileus leur oppose les Serbes et les Croates et s'allie contre eux avec le chef hunno-bulgare Kuvrat.

On devine combien ces descentes de barbares semèrent de ruines parmi les chrétientés envahies. Sur plusieurs points, l'œuvre de l'Evangile disparut sans laisser de traces. Sur plusieurs autres, les fidèles se trouvèrent complètement privés de pasteurs. Aussi les nouveaux maîtres du pays mirent-ils longtemps à lier des rapports avec les représentants de l'Eglise et la menace qu'ils faisaient peser sur la vie politique de Constantinople pesa du même poids sur sa vie religieuse.

§ 8. — Les hérésies dans l'empire.

Dur à l'intérieur de l'empire pour les j)aïens et les Juifs, toujours en guerre à l'extérieur coiilro les idolâtres, Justinien ne fut pas moins rude pour les hérétiques.

Les manichéens, déclarés liors la loi, virent porter contre eux la peine de mort : une fois, à Constantinople, plusieurs de leur secte furent jetés sur de vieilles barques et brûlés vivants en pleine mer'. Les montanistes, ainsi que leurs dérivés ascodruges et opliites, furent mis en tout sur le même pied que les Samaritains : en 529, l'on vit quelques montanistcs de Phry-

i. Cod., I, V, IJ, 12, 15, 10, 19; Jean d'Asie, dans HOC, t. U, p. iSl

gie s'enfermer dans leurs églises, y mettre le feu et périr sous les ruines embrasées *. Cet acte de désespoir n'empêcha point Jean d'Asie de réduire en cendre, en 551, beaucoup de leurs temples ainsi que les os sacrosaints de Montan, de Maximilla et de Priscilla^.

Quant aux autres hérétiques, Justinien les soumit à des pénalités diverses, leur interdisant les cérémonies publiques et privées, leur enlevant les édifices du culte, leur donnant trois mois pour se convertir, enjoignant aux magistrats, lors de leur entrée en charge, et aux soldats, lors de leur incorporation dans l'armée, de jurer devant trois témoins qu'ils étaient de la communion catholique ^. Malgré ces mesures draconiennes, tous les hétérodoxes ne suivirent pas, il s'en faut, l'exemple des montanistes phrygiens : en général, ils préférèrent vivre, soit pour chercher la vérité, soit plutôt pour répandre l'erreur.

Le choix de ce dernier parti fut singulièrement facile à certains, car la vigueur antihérétique de Justinien se tempéra pour eux, de temps à autre, d'une indulgence extrême. Après des passes d'énergie où l'on appliqua les lois durement, vinrent des années de faiblesse où ces mêmes lois restèrent lettre morte. Il suffit, pour le prouver, de citer l'exemple des monophysites à qui, sans parler de hautes protections, leur importance politique et leur nombre valurent souvent d'être traités avec de grands égards.

§ 9. — L'arianisme.

De plus grands égards encore, mais seulement pour quelques années, entourèrent les ariens. Dans sa

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