Cad., J, I, y-7; iv, 20; v
tolérance à leur endroit, le basileiis s'abstint de les inscrire parmi les hérétiques frappés par le Code ou plutôt il ne les mentionna dans ses lois de répression que pour édicter une exception en leur faveur. C'est que l'arianisme avait l'appui des Goths, maîtres de l'Italie, et que les représailles, ainsi que Théodoric en avait menacé Justin P*", ne se seraient pas fait attendre si les autorités du Bosphore avaient ouvert la persécution.
Donc, tout d'abord, Justinien s'abstint de proscrire les ariens. C'est même pour leur usage, semble-t-il, qu'il avait rebâti à Constantinople, du vivant de son oncle, Téglise Saint-Mokios. Mais il se tourna contre eux en 533, le jour où, armant contre les Vandales, il envoya le patriarche Epiphane bénir la flotte en partance et fit monter sur le vaisseau de Bélisaire, pour sanctifier encore davantage l'entreprise, un soldat tout fraîchement baptisé suivant le rit orthodoxe^.
Dès 534, rentré en possession de l'Afrique et décidé à reconquérir l'Italie, l'empereur en vint aux rigueurs. Restitution des biens ecclésiastiques, défense de baptiser, interdiction du culte public, exclusion des magistratures, voilà ce dont il frappa ces hérétiques dans l'ancien royaume vandale. En Orient , il confisqua pour l'exemple les biens des fonctionnaires ariens et déclara ne plus vouloir un seul de leurs coreligionnaires dans les charges. Ces mesures ne restèrent pas sans résultats. La destruction du royaume goth dans la péninsule italique, venant après la répression de la révolte suscitée à Carthage en 536, acheva d'enlever toute force à l'arianisme, et ses adhérents, malgré
4. Cod., I, V, U; Lib.poiUif., t. I, p. 27»; Vit. Sabœ, n. 7:2; Mai.alas, col.63-2*; Chronograph., a. C016; Procopf, A^dif.y 1, 4; Origines, 1, 1!>.
leur nombre considérable encore, ne jouèrent plus aucun rôle sur les terres des basileis "• .
§ 10. — Semi-pélagianisme et théopaschitisme.
Le semi-pélagianisme, dont l'Église grecque n'avait d'ailleurs presque pas souffert, reçut le coup mortel dans la Sardaigne, l'Afrique et la Gaule en 523 et 529, grâce aux instances de l'archimandrite constantinopolitain Jean Maxentius et de ses moines scythes^.
Ces mêmes moines triomphèrent dans la question théopaschite soulevée au sein de l'orthodoxie par des amis d'Eutychès. A l'incidente « Celui qui a été crucifié pour nous », dont une arrière-pensée de Pierre le Foulon avait alourdi le trisagion et que la populace de Constantinople hurlait encore dans les rues en 532, ils avaient proposé de substituer « L'un de la Trinité a été crucifié ». Leur formule, d'abord écartée comme inopportune par les légats romains et le pape Hormisdas, parut plus tard de nature à faciliter le retour des sévériens et Justinien l'introduisit dans la soîennelle profession de foi qu'il promulgua de par l'empira le 15 mars 533^.
Lorsqu'il l'approuva aussi, le 25 mars 534, le pape Jean II eut à condamner les rivaux des religieux Scythes, entendez les acémètes, ces moines qui poussaient l'aversion pour la doctrine d'Eutychès jusqu'à professer l'hérésie contraire, jusqu'à fêter avec pompe la mémoire annuelle de saint Nestorius"*.
1. Pnocoi'E, Vand., I, 12; H, 14; Nov. XXXVH; Cediienus, t. CXXI, col. 700«.