‹ L'Église byzantine de 527 à 847Chapitre 20 sur 270 · Mansi, t. VIII, col · texte numérisé non relu

Mansi, t. VIII, col

:i. Cod.^ I, I, 1(> ; Chron.pasch., col. 889''.

4. Mansi, t. VHI, col. 797-7n<>,803 800, Sirj; LinÉRAT, 19 ; Zacharie, vn,7.

§ 11. — Nestorianisme et monophysisme.

Malgré l'écart d'ailleurs passager des acémètes, malgré même le nombre considérable d'adhérents qui lui restent en Syrie et à l'est de l'Euphrate, le nestorianisme ne compte plus parmi les grands dangers de FEglise byzantine. Les antichalcédoniens, il est vrai, accusent tous les partisans du IV® concile de marcher à la remorque de Nestorius. En fait, cependant, pour trouver une Eglise nestorienne constituée il faut passer en Perse.

Que n'en va-t-il de même pour lo monophysisme ! Bien que l'orthodoxie ait tous les appuis officiels depuis l'avènement de Justin 1°^ (518), le monophysisme règne sur la moitié de l'empire et c'est à peu près uniquement pour ou contre la doctrine des deux natures que les hommes de plume et d'action livrent bataille. Du côté hérétique, les patriarches Sévère d'Antioche (512-518), Timothée III (519-537) et Théodose (537-540) d'Alexandrie, Anthime de Constantinople (535-536), l'évêque Julien d'Iïalicarnasse, le prêtre Basile de Cilicie, le diacre Thémistius d'Alexandrie, les philosophes Jean Philopone et Etienne Gobar. Du côté orthodoxe, les patriarches Ephrem (539-545), Anastase I" (559-570 et 593-599) et Anastase II (599-609) d'Antioche, l'évêque Jean de Scythopolis, les moines Job, Nikias et Théodose, Jean le grammairien de Césarée, Ammonius d'Alexandrie, surtout l'énigmatique Léonce de Byzance.

Malgré l'importance capitale du monophysisme, malgré la place énorme qu'il occupe dans les pensées des empereurs et des patriarches byzantins, ce n'est pas ici le lieu de raconter tout au long les destinées

de cette hérésie durant le vi** siècle. Son histoire n'est plus, comme avant Justinien, celle d'une secte révoltée, bataillant au sein de l'Église orthodoxe; c'est déjà l'histoire d'une confession définitivement détachée de l'orthodoxie, constituée à ses côtés, vivant d'une vie propre et demandant à être étudiée en elle-même sous la double forme qu'elle revêt d'bglise jacobite et d'Eglise copte. Aux historiens donc de ces deux Eglises les détails de leurs luttes et de leur définitive organisation. Il doit suffire ici d'esquisser brièvement les grandes lignes de la rupture qui sépare à tout jamais de l'Eglise grecque les populations d'Egypte et de Syrie.

§ 12. — Monophysites au nord de l'empire.

Si l'Egypte et la Syrie sont les deux provinces le plus infectées de monophysisme, il s'en faut que la capitale byzantine échappe entièrement à la contagion. En novembre 532, les partisans d'Eutychès sont encore assez nombreux à Constantinople pour manifester lors d'un tremblement de terre ^ et s'écrier dans les rues : « Vivez, Justinien, soyez heureux; mais délivrez-nous de l'odieux décret porté à Chalcédoine! » Là, d'ailleurs, n'ont-ils point une protectrice jusque sur le trône dans la personne de la très influente impératrice Théodora^?

Celle-ci nourrit en son palais quelque 500 moines hérétiques chassés de leurs couvents. Elle n'agit point encore ostensiblement dans les conférences constantinopolitaines de 531, où catholiques et sévériens discutent de dogme. Mais en 535, quand meurt le patriarche Epiphane, elle fait transférer sur le siège de la capitale

i. Chron.,pasrh., col. SSO»».

a. Lib. pontif., l. I, p. 292, 296.

le monophysite Anthime de Trcbizonde* . Le pape saint Agapit arrive fort heureusement de Rome sur ces entrefaites : il démasque l'hérétique, le dépose^, et laisse en mourant le patriarche Menas pour diriger l'important concile de Constantinople qui dure du 2 mai au 4 juin 536 et qui, avec Anthime, condamne Sévère d'Antioche, Pierre d'Apamée et le moine Zoara:s. Deux mois plus tard, le 6 août, Justinien confirme la sentence du concile par une loi d'Etat, arrachant ainsi définitivement l'Église de la capitale au monophysisme '.

Sans doute, à la fin de son règne, le basileus ne montre plus la même décision : durant les conférences de 548 ou 550, de 558 et de 560, il accepte d'entrer en discussion avec les porte-parole de l'erreur; en 564 et 565, lui-même s'égare assez loin de la doctrine orthodoxe. Néanmoins, l'hérésie d'Eutychès n'a aucun avenir à Constantinople, car les successeurs de Justinien AU Palais Sacré et de Menas à Sainte-Sophie ne vont plus cesser de la combattre.

Comme sur le Bosphore, la doctrine de Chalcédoine reste en complet honneur dans l'Illyricum où les pontifes romains veillent d'un œil attentif. Vers 600, l'intervention du pape saint Grégoire et l'ouvrage en dix livres de l'archevêque EuSèbe de Thessalonique suffisent à y neutraliser les scandales monophysites du reclus André, du prêtre Grégoire et d'un certain Pierre*.

§ 13. — Divisions du monophysisme.

Dans le reste de l'Orient, où des aspirations politi-

i. Chron.eccl., t. I, p. 204; Mansi, 1. VUI, col. 817; Zacuaiue, IX, 1«; LirÉHAT, 20.

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