‹ L'Église byzantine de 527 à 847Chapitre 194 sur 270 · TuKOPH. CoNT., IV · texte numérisé non relu

TuKOPH. CoNT., IV

3. Vit. Mi'thodii, n. 17; P. G., t. XCIX, col. 1853; t. C, col. •!2y3-l«>8.

Fallait-il causer tant de trouble et verser tant de sang pour aboutir à ce résultat !

§ 11. — L'affaire mœchienne.

La plus grave des querelles réveillées sous le patriarcat de Méthode fut l'affaire mœchienne, une affaire qui se rattache de près à celle des images, car tous les mœchiens, ou peu s'en faut, se trouvèrent un jour en compagnie des iconoclastes.

Le mœchianisme éclata sous Constantin VI. Marié à l'arménienne Marie, ce prince la relégua dans le cloître en janvier 795 pour s'unir publiquement à la cubiculaire Théodote. 11 déclara cette femme sa fiancée et la fit augusta au mois d'août; il l'épousa au mois de septembre avec les bénédictions rituelles de l'économe Joseph ^ . Ce mariage religieux fut célébré contre le gré de Taraise. Néanmoins, pour éviter un plus grand mal, le patriarche s'abstint d'excommunier l'empereur adultère et il ne punit point le prêtre coupable. Pareille conduite surprit au monastère olympien de Saccoudion que dirigeaient les deux saints Platon et Théodore, dont Théodote était la cousine 2. Aussi, non contents de fulminer contre le concubinage de Constantin VI et la forfaiture de Joseph, les deux saccoudionites en vinrent-ils à blâmer la faiblesse du patriarche et finalement à rejeter sa communion. Théodote eut beau leur offrir honneurs et trésors, Constantin VI eut beau aller aux bains chauds de Brousse solliciter une visite de leur part, ils restèrent inébranlables. L'échec de ces démarches, échec avoué

i. Chronograph.,ai. G'2%1, 6288.

2. Vit. Tarasii,p. 408, 3-2 sq.; Vil. I Iheod. Stud., n. 14, 16; Vit. Il Theod. Stud., n. lu, 23.

en octobre 796, eut pour conséquence des rigueurs : saint Platon fut enfermé à Constantinople, près du palais impérial; saint Théodore, d'abord incarcéré au fort de Cathares, fut ensuite exilé à Thessalonique, où il arriva le 25 mars 797 ^

Cette persécution dura autant que le règne de Constantin, c'est-à-dire jusqu'au 19 août 797. Mais, si la querelle prit fin avec le second avènement d'Irène et la sentence de déposition portée à ce moment par saint Taraise contre Joseph^, elle se rouvrit sous le règne de Nicéphore I" et le patriarcat de saint Nicéphore. La faute en fut au pardon très large dont bénéficia l'économe Joseph dans un synode tenu en 806 ou 807. Joseph venait de rendre un grand service politique à l'empereur : pouvait-il rester sous le coup des censures ecclésiastiques? Quant aux nouvelles péripéties de l'affaire, on peut les résumer d'un mot : prise de position de Théodore, alors hégoumènede Stoudion, contre le patriarche ; condamnation de l'hégoumène et de ses partisans dans une réunion synodale de janvier 809; mesures de rigueur contre les studites dès cette même date, en particulier incarcération de Théodore, de son oncle Platon et de son frère Joseph; réconciliation avec saint Nicéphore quelque deux ans plus tard ; fin de la persécution peu après l'avènement de Michel proclamé empereur le 2 octobre 811 ^.

L'union du patriarche et de l'hégoumène s'accentua sous Léon V en face de Ticonoclasme; mais la plupart de ceux qui avaient blâmé Tintransigeance de Théodore

1. Vit. Platonis, n. 2G-30; C h ronogmph., ». 6-289; Vit. I Theodori Stud., n. 15,16; Vit. II Theod. Sliid.y n. il, *2; Théod. Stud., col. 917% 97-2", etc.

2. Vit. Platonis, n. 31 ; Vit. I Theod. Stud., n. 17; Tiikod. Stud., col. 977", elc.

3. Chronograph.,a. 6301, (k304; Vit. Platonis, n.3:>-40; Vit. I Théod. Stud.,n. âa-aS; Vit. II Theod. i>(ud.,n. aiSt; Tiikod. Sti d., passim.

passèrent à l'hérésie, et l'économe Joseph lui-même se distingua, en 816 et 817, aux côtés de Jean Morokharzanios '. De là, chez les studites, cette opinion que saint Nicéphore avait prévariqué en usant de miséricorde vis-à-vis du prêtre mœchien. Aussi, quand l'iconophilie eut triomphé, ces moines tinrent-ils rigueur à la mémoire du patriarche et voulurent-ils s'opposer à la translation de ses restes. Méthode, mieux inspiré, leur imposa silence^ et, de même que, le 26 janvier 844, l'on avait déposé le corps de saint Théodore et quelques ossements de saint Joseph auprès du tombeau de leur oncle dans le couvent de Stoudion ^, de même, le 13 mars 847, déposa-t-on les reliques de saint Nicéphore dans l'église des Saints-Apôtres *.

§ 12. — La lutte contre l'Islam.

S'ils troublèrent l'Eglise au dedans, en y soulevant riconoclasme et le mœchianisme, les empereurs de l'époque voulurent du moins la défendre au dehors contre l'Islam.

Léon III avait ouvert son règne en subissant un long siège dans Constantinople (717-718), il le termina en écrasant les Arabes sur le champ de bataille d'Acroïnos (740). Sous Constantin V, la décadence des Ommiades et leurs luttes intestines facilitèrent de nouveaux succès byzantins : la marche en avant de 745 porta la guerre sur le territoire syrien, l'expédition maritime de 746 incendia la flotte sarrasine dans un port de Chypre, la campagne de 751 fit des conquêtes en Ar-

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