Translat. Nicephori patr
ménie. Les années suivantes virent plusieurs razzias en terre byzantine, mille et un combats de frontière, deux ou trois guerres considérables, mais, en dépit de quelques revers, les armes impériales résistèrent encore assez bien au choc des premiers Abbassides.
Le péril musulman s'accrut avec l'affermissement de cette dynastie. Léon IV eut beaucoup de peine à sauver Dorylée et Amorion. Sa veuve Irène fut dans l'obligation d'acheter une trêve en 783, après la chute de quatre ou cinq places fortes, et en 798, après le ravage de la Cappadoce et de la Galatie. Les Arabes vainquirent de même Nicéphore au cœur de la Phrygie en 804 et ils lui imposèrent un lourd traité en 806.
Le paiement du tribut consenti alors ne suffît pas longtemps à conjurer de nouveaux désastres. Une flotte musulmane fondit sur la Crète en 824 et une autre sur la Sicile en 827. De ces îles, où elles devaient se prolonger, les hostilités passèrent sur la terre ferme, et l'Asie Mineure en pâtit. Malgré la venue à Byzance d'un prince persan qui reçut le baptême avec le nom de Théophobos et dota l'empire de 30.000 auxiliaires, malgré même les victoires de Théophile durant les deux campagnes de Cilicie (831) et de Syrie (837), le flot musulman vint battre une fois de plus les murs des cités anatoliennes, en particulier ceux d'Amorion qui finit par succomber le 24 septembre 838.
Au cours de ces luttes, TKglise byzantine enregistra souvent des ruines maU'^rielles et souvent aussi des ruines morales. Car les Musulmans, à l'heure de l'invasion, aimaient à porter leurs coups sur les édifices du culte et, à l'heure de la défaite, ils se plaisaient à venger leurs malheurs dans le sang des prisonniers. Que d'églises d'abord saccagées, puis livrées aux flammes 1 que de chrétiens forcés pour échapper à la mort d'embrasser l'Islam 1 Plusieurs, il est vrai, préférèrent
le martyre à l'apostasie et Ton cite dans le nombre des militaires de haut grade : Eustathe, fils du patrice Marin, en 740 ^ ; Théophile, stratège des Kibyréotes, en 790 ^; quarante-deux officiers d'Amorion en 845 ^.
§ 13. — Les patriarcats xnelkites.
Le contre-coup des hostilités entre Arabes et Byzantins atteignit davantage encore les chrétiens melkites. Ces chrétiens eurent beau user d'une prudence extrême et regarder le moins possible hors des frontières du califat, le conquérant les soupçonna sans cesse de connivence avec leurs coreligionnaires du Bosphore et sa politique à leur égard se montra facilement persécutrice. D'ailleurs, cette politique fut celle des régimes faibles : dominés par les impressions ou les nécessités du moment, les derniers Ommiades et les premiers Abbassides mêlèrent capricieusement beaucoup de tolérance à beaucoup de tyrannie.
Tolérants, ils permirent à la haute hiérarchie melkite de se reconstituer. Vers 740, après quarante ans environ de veuvage, Antioche reçut un pasteur en la personne du moine Etienne. A Alexandrie, en 742 ou 744, le patriarche Cosmas s'assit sur un siège abandonné depuis près d'un siècle, et obtint quelques-unes des églises volées par les Coptes. A Jérusalem, depuis 706, le patriarche Jean occupait la chaire laissée vide par saint Sophrone^. Quand ces trois hiérarques moururent, des élections régulières leur donnèrent une longue suite de successeurs. Assurément, les nouveaux
i. Chronograph.,».6'2i'2,