Vit. II Joannicii, n
4. Àcta Sanct., jan., III, p. «4; Tiiéod. Sud.. Aiirray, p. ùùO- Chmno Çraph., a. 6303.
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les côtes ou absorbaient peu à peu, du Danube au Péloponèse.
§ 16. — Le judaïsme.
Croirait-on que le judaïsme déploya plus de zèle? Persécuté par l'édit impérial de 722, il se trouva tout à coup en faveur lorsque la cour eut déclaré la guerre aux icônes. Etre bien vus du pouvoir, ce n'était pas chose ordinaire pour les Juifs de Byzance. Ils tirèrent parti de la situation nouvelle et se livrèrent à une active propagande.
Dès le VIII* siècle leurs missionnaires convertirent le Khan des Khazars et ses nobles. De là, un peu plus tard, ils voulurent essayer d'entamer les Russes, du moins firent-ils des prosélytes chez les Bulgares noirs, chez les Hongrois et chez les Bulgares danubiens. Au sud, incapables d'opérer pour leur propre compte, ils mirent tout leur savoir-faire au service des musulmans. Empressés de servir d'intermédiaires quand il fallait vendre à l'encan les vases sacrés et autres objets précieux des églises, habiles à fournir des arguments lorsqu'il s'agissait de réduire un moine à l'apostasie ou d'exciter le grand mufti de Bagdad contre les chrétiens , ces irréductibles ennemis du Christ ne reculèrent devant aucune besogne infâme ^ On peut en croire les documents de l'époque, même la Vie légendaire de saint Théodore d'Édesse, car ses récits les plus merveilleux encadrent la très fidèle image de l'état social d'alors.
Dans l'empire, les Juifs s'agitèrent de tous les côtés à la fois. Ils coururent en particulier jusqu'aux monta-
i,Chronograph., a. 6249; Vit. Theodori Edess., n, 27,86.
gnes du Pinde et réussirent à recruter quelques adeptes parmi les bergers valaques de ces régions. De leur soumission apparente aux décrets qui leur enjoignaient d'embrasser la foi, une secte nouvelle était née qui remplaçait la circoncision par le baptême, mais qui s'en tenait uniquement pour tout le reste aux pratiques du judaïsme. On rencontrait beaucoup de ces faux chrétiens en Phrygie; il paraît même que Michel II, originaire d'Amorion, était du nombre ^
Entre les deux périodes iconoclastes, double laps de temps où la politique impériale ne voulut voir dans les Juifs que des amis à protéger, Byzance eut une passe d'orthodoxie moins favorable aux fils d'Israël. En 787, le Vil' concile dirigea un de ses canons contre ceux d'entre eux qui ne cherchaient dans la réception du baptême et la pratique hypocrite du christianisme qu'un moyen de s'assurer des avantages matériels ^. En 812, sur une plainte du patriarche Nicéphore qui accusait leur doctrine d'envahir l'empire entier comme une gangrène, le pouvoir prit des mesures sévères pour mettre un frein à l'audace de leur propagande et un terme à la publicité de leurs cérémonies^. Si l'action de la synagogue en redevint souterraine, si l'exercice du culte mosaïque s'enveloppa de mystère, cette contrainte ne dura qu'une dizaine d'années. Avec LéonV, avec Michel II surtout et Théophilo, les Juifs s'enhardirent de nouveau comme aux beaux jours dos premiers princes iconoclastes, quittes à se préparer pour l'avenir de nouvelles répressions.